Cote d’ivoire/ développement local, Blolequin, les multiples défis d’une ville frontière

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Blolequin 25 jui (DiaspoTV)- Le département de Blolequin situé dans la région du Cavally est limité à l'Est par le département de Guiglo, à l'Ouest par le département de Toulepleu et Zouan-Hounien, au Sud par le fleuve Cavally, limite naturelle avec la République du Libéria. Le département de Blolequin couvre une superficie de 2 065 km2.

De par sa position géographique qui en fait un carrefour commercial important et regorgeant de potentialités, Blolequin étouffe à cause d’une réduction drastique de sa réserve foncière et un manque considérable d’infrastructure  qui freine son développement. Malgré ces contraintes, l’équipe municipale se bat pour faire décoller cette localité et en faire, après Guiglo, la plus grande ville de cette partie de la région du Cavally.

 

Ville frontalière avec le Liberia, Blolequin a connu un boom démographique très important, accompagné d’une activité commerciale qui en a fait aujourd’hui un véritable pôle économique. Mais cette position de ville frontière n’est pas sans contraintes pour Blolequin qui ne compte pas moins de 200.000 habitants et dont les ambitions sont grandes. L’électrification constitue un casse-tête, selon le maire Djouha Kehi Edouard. Pour des pans entiers de cette ville, l’électricité constitue un luxe. C’est le cas de Pohan, un village rattaché à Blolequin dont les habitants n’ont pas encore vu la lumière de la compagnie Ivoirienne d’électricité, mais aussi quartier mairie, quartier colonel, quartier station, des quartiers complètement oublié, de l’avis des populations. Depuis 2014, selon le maire, l’équipe municipale se bat pour corriger cette injustice. « Nous avons installé soixante-dix lampadaires et fait de l’extension du réseau d’éclairage public. L’électrification constitue une priorité pour la période 2017-2020. Nous allons travailler et recherché des ressources pour augmenter l’électricité dans ces zones qui vivent dans l’obscurité », a promis Djouha Kehi Edouard. Blolequin a également soif, si l’on en croit le maire de cette localité qui a trouvé anormal que les populations vivent dans une insécurité sans précédent. Il a fait un plaidoyer pour que Blolequin soit dotée de commissariat et d’une brigade mobile  à l’image des autres villes du pays.

Selon Djouha Kehi Edouard, l’équipe municipale se débat avec les moyens de bord pour améliorer les conditions d’existence des populations. « Avant notre arrivée, les recouvrements étaient plafonnés à 20 millions de FCFA par an. Aujourd’hui, nous sommes à 60 millions de FCFA de ressources propres qui nous permettent de payer les salaires. C’est une belle performance due à la position géographique de notre ville » qui a payer un lourd tribut des crises précédentes, a-t-il noté. De même, a-t-il relevé, un nouveau marché est en voie de  construction. « Nous avons aussi réalisé un dépotoir  pour régler le problème d’insalubrité du marché qui constituait un problème majeur », a-t-il fait savoir, en précisant que plusieurs efforts ont été également faits dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’assainissement, entre autres.

La commune, de par sa position stratégique, dispose d’atouts indéniables pour connaître un important essor économique. Malheureusement, a noté le maire, la non-disponibilité de terres empêche les initiatives privées de se développer. Les promoteurs  ne se ruent sur Blolequin pour y investir du fait de l’insécurité grandissante dans la ville, Aujourd’hui, a noté M. Djouha Kehi, Blolequin étouffe faute d’infrastructures routiers et d’insécurité. La ville n’a pas de grande  gare routière à l’image des grandes villes  ce qui justifie la cherté du transport.

À son avis, le découpage administratif a été à l’avantage de Blolequin mais  qui est étouffée par le manque d’infrastructure  « Si nous avions beaucoup plus d’infrastructure, notre commune serait l’une des plus développées au en Côte d’Ivoire », a laissé entendre Djouha Kehi qui a, en outre, déploré la non-effectivité de l’intercommunalité dans cette zone. « Avec l’intercommunalité, nous aurions pu tirer notre épingle du jeu, mais elle n’est pas encore une réalité ici, car chaque maire travaille dans son coin », a-t-il regretté.

Blolequin veut aujourd’hui sortir de sa torpeur et devenir, après Daloa, la prochaine grande ville de l’axe. Et pour réussir cet essor très attendu d’une ville frontière, Blolequin mise beaucoup sur le capital humain. « Blolequin compte beaucoup sur sa jeunesse. Nous voulons des jeunes engagés et responsables. C’est pour cette raison que nous misons tous nos efforts sur nos jeunes pour que demain, ils puissent aller en compétition au niveau national », a fait savoir le maire. Pour Djouha Kehi, une ville frontière comme Blolequin devrait être gérée par des têtes plus jeunes. Et la municipalité, a-t-il assuré, est en train de poser des jalons pour que la jeunesse puisse, plus tard, faire décoller la commune. « Le lycée municipal de Blolequin n’a ouvert ses portes qu’en 1998  seulement, contrairement à Guiglo ou à Toulepleu. C’est ce qui fait que nos premiers cadres sont très jeunes. Ce que nous voulons, c’est avoir demain beaucoup de cadres qui travailleront pour notre ville afin de rattraper le retard accusé dans plusieurs domaines ».

 

source AIP

Silvere Gael Bossiei

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