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Côte d’Ivoire - Eiffage: Construction du barrage de Singrobo-Ahouaty pour 110 millions d’euros

mercredi, 10 octobre 2018 15:45 Written by

Le groupe français s'est vu confier la construction du barrage de Singrobo-Ahouaty, pour un montant de 110 millions d'euros. Un deuxième projet d'ampleur pour le géant du BTP en Côte d'Ivoire, après la réfection du pont Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan.

C’est un nouveau contrat de taille qu’Eiffage vient de décrocher en Côte d’Ivoire. Le groupe français de BTP a remporté l’appel d’offre d’Ivoire Hydro Energy pour la construction du barrage de Singrobo-Ahouaty, situé sur le fleuve Bandama, entre Abidjan et Yamoussoukro. Le montant total du contrat de conception-construction clé en main de ce projet s’élève à 110 millions d’euros. Eiffage aura trois ans pour réaliser l’infrastructure à compter du premier semestre 2019.

 

Un projet développé par le privé

Le projet avait bénéficié d’un prêt de 50 millions d’euros du guichet privé de la Banque africaine de développement (BAD) en novembre 2017. Ce barrage d’une capacité de 44 mégawatts est développé par la société Ivoire Hydro Energy, dirigée par Ekolan Alain Etty, ancien directeur général adjoint (1999-2005) de la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE). Son coût total atteint 140 millions d’euros, auxquels viennent s’ajouter 19,5 millions d’euros au titre de l’impact environnemental et social.

Figurent par les partenaires du projet, au coté de la BAD, la Banque ouest africaine de développement (BOAD), le Fonds OPEP pour le développement international (OFID), et la Société allemande d’investissement et de développement (DEG). Africa Finance Corporation (AFC) et la Banque de développement des Pays-Bas (FMO) sont également associés à la construction du barrage.

Eiffage s’était vu confier en novembre 2017 la réhabilitation du pont Félix Houphouët-Boigny, pour un montant de 32,7 millions d’euros, dans le cadre d’un projet de 52,5 millions d’euros financé par l’Agence française de développement.

 

L'Afrique, au coeur de l'internationalisation d'Eiffage

« L’Afrique est redevenue pour nous depuis 2011 un des principaux axes identifiés pour augmenter notre internationalisation. Depuis quatre-vingt-dix ans, nous n’étions présents qu’au Sénégal et ne menions dans le reste du continent que quelques opérations épisodiques. Aujourd’hui, Eiffage Infrastructures s’est redéployé dans une dizaine de pays africains », expliquait à Jeune Afrique Edgar Coulomb d’Eiffage en 2017.

Selon Les Échos, en 2016, sur les 20 % du chiffre d’affaires d’Eiffage (14 milliards d’euros) réalisés hors de France, la part de l’Afrique restait limitée, à 160 millions d’euros. Très présent au Sénégal, les recettes de sa filiale dans le pays s’élevaient à 72 millions d’euros en 2017.

 

Source : Jeune Afrique

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Commerce : augmentation des échanges entre le Nigeria et l'Inde

mardi, 21 août 2018 08:06 Written by

Après un recul constaté entre 2015 et 2016 en raison de la crise des prix du pétrole, les échanges commerciaux entre l'Inde et le Nigeria sont désormais sur un trend haussier. D'après le Haut-commissaire de l'Inde au Nigéria, Nagabhushana Reddy, le volume des échanges a atteint 12 milliards de dollars entre avril 2017 et mars 2018. «En ce qui concerne les relations bilatérales, notre exercice financier va d'avril de l'année dernière à mars de cette année. Nous avons été en mesure d'enregistrer 12 milliards de dollars de commerce bilatéral, ce qui marque une augmentation de 26% par rapport à l'année précédente », a déclaré le diplomate indien.

S'exprimant lors d'une cérémonie de hissage du drapeau pour marquer le 72e anniversaire de l'indépendance de l'Inde à Abuja, Nagabhushana Reddy a ajouté que le Nigeria demeurait l'un des principaux exportateurs de pétrole brut de son pays, l'Inde.

135 entreprises et 10 milliards d'investissements

Toujours dans son intervention, le chef de la représentation indienne au Nigeria exprimé la volonté de son pays de développer la coopération avec le Nigeria, son premier partenaire commercial en Afrique.

Selon lui, les dirigeants des deux pays explorent d'autres domaines de relations bilatérales. «Nous envisageons d'amener plus d'entreprises indiennes ici et d'envisager non seulement un arrangement acheteur-vendeur, mais aussi de faire plus d'investissements», a déclaré Nagabhushana Reddy. «Aujourd'hui, quelque 135 entreprises indiennes ont investi environ 10 milliards de dollars au Nigeria ... Les investissements indiens se concentrent dans l'industrie pharmaceutique, de la fabrication électrique, des chaînes d'assemblage d'automobiles, en particulier dans le domaine agricole», a poursuivi le diplomate indien.

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Côte d'Ivoire / Infrastructures Economiques: Lancement à Abidjan d'un important pont construit par la Chine

mardi, 31 juillet 2018 13:36 Written by
Le Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly a procédé lundi au lancement des travaux du quatrième pont de la ville d'Abidjan.
 
   L'important pont qui coûtera 103,9 milliards de FCFA (environ 192,7 millions de dollars) sera réalisée par l'entreprise China State Construction Engineering Corporate (CSCEC).L'ouvrage s'étend sur une longueur totale de 7,5 kilomètres avec une voie express reliant la Yopougon (Ouest) à Adjamé (nord) et au Plateau en passant par Attécoubé.
 
   Le projet comprend également un viaduc, trois échangeurs sur les voies principales franchies par le projet à Yopougon et une plate-forme de péage sur une longueur de 0,8 kilomètre à Attecoubé.
 
   Selon le ministre de l'Équipement et de l'Entretien routier, Amedée Kouakou, les travaux sont prévus pour s'achever "fin août 2020" et le projet devrait permettre de réduire les embouteillages en offrant de nouvelles alternatives aux usagers de l'autoroute du Nord, la seule voie express reliant Yopougon au Plateau.
 
   Le ministre a indiqué que ce pont sera fréquenté par 70.000 voitures par jour. Il permettra à la fois, la réduction du coût du transport et des accident de circulation. 
 
   Au plan social, ce sont plus de 100.000 emplois directs et indirects qui seront créés.
 
   L'ambassadeur de Chine en Côte d'Ivoire Tang Weibin s'est réjoui du renforcement des relations sino-ivoiriennes à travers d'importants projets de développement.
 
   Pour le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, le projet intervient dans la stratégie globale de développement de la Côte d'Ivoire visant à assurer l'émergence du pays avec la construction d'infrastructures routières de qualité sur l'étendue du territoire national.Il a également fait état du soulagement que le quatrième pont apporte à la ville d'Abidjan. 
 
   Plusieurs habitants des zones concernées, notamment des fonctionnaires interrogés par Xinhua ont indiqué que la construction de ce pont leur apportera une bouffée d'oxygène au niveau de leurs déplacements pour se rendre sur leurs lieux de travail.

M. Aboubakar KANATE

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Last modified on mardi, 31 juillet 2018 13:46

CHINE / Les agriculteurs américains paient l'intimidation commerciale de l'administration américaine

vendredi, 27 juillet 2018 10:48 Written by

Les agriculteurs américains sont en train de payer l'intimidation commerciale à laquelle se livre le gouvernement des Etats-Unis, a indiqué jeudi le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang. 
   M. Geng s'est ainsi exprimé lors d'une conférence de presse en commentant l'accusation du président américain Donald Trump selon laquelle la Chine ciblait les agriculteurs américains et les utilisait comme levier pour obtenir des concessions sur le commerce. 
   M. Geng a défendu la politique commerciale de la Chine. "La Chine était le principal acheteur de produits agricoles américains. Depuis des années, la coopération agricole sino-américaine s'est élargie et approfondie, ce qui a apporté des bénéfices tangibles à toutes les deux parties", a-t-il expliqué. 
   "Personne ne doit pas oublier qu'en juin 2017, la Chine et les Etats-Unis ont conclu un accord sur la question des exportations américaines de boeuf vers la Chine, et en mai cette année, les équipes chinoise et américaine ont mené des consultations constructives sur les questions économiques et commerciales à Washington. Les deux parties ont convenu d'augmenter les exportations de produits agricoles américains vers la Chine. 
   "Ces accords devaient être appliqués sans accroc, mais malheureusement, la situation n'a pas évolué comme prévu", a ajouté M. Geng. 
   "La situation actuelle est entièrement causée par la partie américaine qui poursuit l'unilatéralisme et le protectionnisme commercial et insiste sur la provocation de guerres commerciales contre la Chine", a noté le porte-parole. 
   "La Chine espère que la partie américaine saura écouter les voix rationnelles de tous milieux dans le pays ainsi que les voix générales de la communauté internationale, reconnaître la situation, et peser le pour et le contre, sans se fourvoyer sur une mauvaise voie". 
   La Chine espère que les efforts et les initiatives des Etats-Unis et de l'Union européenne pourront jouer un rôle constructif dans la promotion de la croissance économique mondiale. 
   A propos de l'accord commercial atteint mercredi par les Etats-Unis et l'UE, M. Geng a indiqué que les Etats-Unis et l'UE étaient des économies et des partenaires commerciaux majeurs au niveau mondial. 
   "Si les deux parties peuvent résoudre les différends commerciaux à travers le dialogue et les consultations, promouvoir la libéralisation et la facilitation du commerce et des investissements et s'opposer à l'unilatéralisme et au protectionnisme, alors ces efforts non seulement satisferont les intérêts des deux parties, mais apporteront des bénéfices au monde entier", a expliqué M. Geng. 
   "Bien sûr, nous espérons également que les efforts et les mesures relatifs des Etats-Unis et de l'UE correspondent aux règlements du commerce multilatéral, par exemple au principe de non-discrimination, etc." 
   "Le 10e sommet des BRICS se déroule en Afrique du Sud, et la réunion a exprimé une forte opposition à l'unilatéralisme et au protectionnisme au nom des pays en développement et des économies émergentes". 
   "Nous espérons que les efforts et les initiatives des Etats-Unis et de l'UE seront cohérents avec les demandes des pays en développement et deviendront une partie intégrale des efforts de la communauté internationale visant à maintenir le multilatéralisme", a-t-il souligné

BEIJING, 26 juillet (Xinhua)

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Scoop

Jean-Louis Billon, patron de grands groupes agro-industriels, perçu dans l’imagerie…
Jusqu'à récemment, le seul horizon de Molly était la fin…
Les agriculteurs américains sont en train de payer l'intimidation commerciale…

CEMAC : des perspectives macroéconomiques rassurantes pour 2018 (SYNTHÈSE)

vendredi, 27 juillet 2018 10:17 Written by

Réuni mercredi dans la capitale tchadienne, le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque des Etats de l'Afrique centrale (BEAC) s'est penché sur les perspectives macroéconomiques mondiales et sous-régionales et a pris des décisions pour maintenir la stabilité du système bancaire sous-régional. 
   Au plan international, l'activité économique mondiale devrait s'accélérer en 2018, en raison d'un renforcement de l'investissement, ainsi que du regain des prix des produits de base, qui devrait conduire à une amélioration progressive dans les pays exportateurs de ces produits, indique le communiqué final de la réunion de N'Djaména qui s'est achevée mercredi soir. 
   Au niveau sous-régional, le CPM a passé en revue la situation économique et monétaire récente de la CEMAC, ainsi que les perspectives à court terme. En 2018, avec la remontée des cours et de la production du pétrole brut, l'accélération de la mise en œuvre des réformes économiques, monétaires et financières prévues dans le programme des réformes de la CEMAC et les programmes conclus par ses six pays membres avec le Fonds monétaire international (FMI), les activités économiques devraient se raffermir après une année 2017 caractérisée par une croissance nulle. 
   Ainsi, il est prévu pour 2018 en Afrique centrale, un taux de croissance du PIB réel de 2,5 % (contre 0,0 % en 2017), un taux d'inflation sous le seuil communautaire à 1,6 % (contre 0,9 % un an plus tôt), une réduction du déficit budgétaire hors dons à 0,3 % du PIB (contre 4,0 % en 2017), tandis que le déficit extérieur courant (hors dons) remonterait à 4,8 % du PIB (contre 4,3 % en 2017), et un redressement du taux de couverture extérieure de la monnaie à 60,7 % (contre 57,5 % en 2017). 
   Tenant compte des perspectives macroéconomiques de la sous-région, et après examen des différents facteurs influençant la stabilité monétaire et financière dans la CEMAC, le Comité de politique monétaire a décidé de maintenir inchangé le taux d'intérêt des appels d'offres à 2,95 %, le taux de pénalité aux banques à 7,0 %, le taux de rémunération des réserves obligatoires à 0,05 %. Par ailleurs, il a décidé de la suppression des taux des avances aux Trésors nationaux, en cohérence avec les nouvelles dispositions statutaires. 
   Le Comité a également décidé, en vue du pilotage du taux d'intérêt interbancaire moyen pondéré des opérations à sept jours, de mettre en place un corridor autour du taux d'intérêt des appels d'offres (TIAO): une facilité marginale de prêt à un taux de 4,70 %, en remplacement du taux des prises en pension, une facilité de dépôts à un taux de 0,0 %, en remplacement du taux d'intérêt sur placement à 7 jours. 
   Lors de sa session ordinaire du 22 mars 2017 à Yaoundé (Cameroun), le CPM avait opté pour l'adoption de treize mesures de redressement de la position extérieure des pays de la zone. Au cours de la session de N'Djaména, il a pris acte de l'état de mise en œuvre de ces mesures. "A ce jour, il est à noter qu'un grand nombre des actions prévues ont été réalisées. Ces actions ont trait à la mise en œuvre de mesures de resserrement de la politique monétaire, à la dynamisation du marché interbancaire, à la rationalisation des transferts sortants et de la gestion de la position extérieure, à l'adoption d'un cadre d'assistance de liquidité d'urgence, et à l'accélération des projets relatifs à l'amélioration de la qualité de l'information financière et de la perception du risque", a déclaré Abbas Mahamat Tolli, gouverneur de la BEAC, président statutaire du CPM. 
   M. Tolli a balayé, une nouvelle fois, les rumeurs d'une dévaluation en zone CEMAC. "Je ne sais pas pourquoi les gens continuent toujours à penser qu'il y a un risque avec le francs CFA. Il n'y a absolument pas de risque, aucun indicateur qui pourrait laisser croire que c'est le cas", a-t-il martelé. 
   "Tous les efforts que réalisent aujourd'hui les pays de la CEMAC dans le cadre des mesures prises en décembre 2016 à Yaoundé, visent à éviter tout ajustement monétaire dans la conjoncture actuelle. Et c'est à cela que s'attèlent les institutions communautaires, qu'il s'agisse de la Commission de la CEMAC, de la Banque centrale, de la Commission bancaire pour tous les aspects à la stabilité du système bancaire sous-régional", a-t-il précisé.

N'DJAMENA, 26 juillet (Xinhua)

 

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Chine-Sénégal : de nouveaux accords

lundi, 23 juillet 2018 05:41 Written by

Ces nouveaux textes ont été signés pour renforcer les liens économiques entre les deux pays. La signature des accords a eu lieu à l'occasion de la visite d'Etat qu'effectue le président chinois Xi Jinping, ce weekend, à Dakar.

Lors d'un point de presse, samedi soir, le président sénégalais, Macky Sall, a déclaré avoir eu avec son homologue chinois des entretiens sur la coopération bilatérale, les relations sino-africaines et "l'actualité internationale".

Ces échanges ont abouti à la signature de 10 accords, dans les domaines de la justice, de la coopération économique et technique, des infrastructures, de la valorisation du capital humain et de l'aviation civile.

Le président sénégalais considère la Chine comme étant l'"une des grandes économies de l'ère moderne et un peuple dont le parcours est un message d'espoir".

Pour sa part, Xi Jinping a loué le dynamisme de l'Afrique et a prédit "un bel avenir" de la coopération sino-africaine.

Ce dimanche, le président chinois va poursuivre sa visite en inaugurant une arène de lutte construite par des entreprises chinoises, le Musée des civilisations noires et des stades de football financés par son pays.

La Chine est le deuxième partenaire commercial du Sénégal, derrière la France, avec un volume d'échanges de deux milliards de dollars en 2016, un montant incluant des projets d'infrastructures, selon des chiffres officiels sénégalais.

Macky Sall dit par ailleurs compter également sur le soutien de la Chine, pour une bonne représentation de l'Afrique au conseil de sécurité des Nations unies. "Nos deux pays continueront à travailler ensemble, dans le cadre de la réforme du conseil de sécurité, pour une représentation équitable de l'Afrique au sein de cet organe, conformément à la position commune africaine", a-t-il dit en présence de son hôte.

La visite d'Etat de Xi Jinping à Dakar est la première étape d'une tournée africaine qui doit le mener ensuite au Rwanda et en Afrique du Sud.

 

Source: BBC

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Banques et Assurances: Tidjane Thiam élu banquier de l’année par Euromoney

lundi, 16 juillet 2018 17:10 Written by

Directeur général de Crédit suisse de son état, le franco-ivoirien Tidjane Thiam s’est vu décerné le titre de «banquier de l’année», ce mercredi 11 juillet à Londres, lors de la cérémonie des Euromoney Awards for Excellence 2018.

Ce prix récompense la restructuration avec succès de la deuxième plus grande banque suisse, ainsi que le retour la rentabilité au cours des trois dernières années, menés par Tidiane Thiam.

En plus, le Crédit Suisse a également été élue meilleure banque d’investissement dans les marchés émergents.

En poste à la tête du Crédit Suisse depuis 2015, le patron de Crédit suisse a démarré sa carrière à Paris, après un diplôme de l’école polytechnique, de l’Ecole des Mines et un MBA de l’Insead. Après on passage à McKinsey comme consultant en management (1986 -1994), T. Thiam retourne en Côte d’Ivoire où il est nommé directeur général du Bureau national d’études techniques et de développement et ensuite ministre du Plan et du développement.

En prenant la tête de Prudential en 2009, il était devenu le premier patron noir d’une entreprise du FTSE 100, l’indice des valeurs phares britanniques.

Amadjiguéne Ndoye
journaliste économique

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« L’Afrique ne doit pas s’industrialiser sur le modèle des dragons asiatiques »

vendredi, 06 juillet 2018 06:45 Written by

Selon notre chroniqueur, le continent doit investir massivement dans un système éducatif accessible de qualité pour s’adapter aux enjeux du marché du travail.

Chronique. L’industrialisation du continent est la priorité des institutions de développement et des gouvernements africains. Le thème des Assemblées générales de la Banque africaine de développement (BAD), qui se sont tenues du 21 au 25 juin 2018 à Busan (Corée du Sud), était ainsi « Accélérer l’industrialisation de l’Afrique ». Adesina Akinwumi, le président de la BAD, qui prend souvent l’exemple du pays hôte, y a martelé l’impératif d’industrialisation du continent. Le mot d’ordre était clair : le continent doit s’inspirer des succès asiatiques.

L’idée est séduisante. Le développement des « dragons » d’Extrême-Orient est en effet spectaculaire. Pour rester sur l’exemple sud-coréen, d’après la Banque mondiale, en 1962 ce pays sorti sept ans plus tôt d’une guerre effroyable, affichait un RNB par habitant d’à peine 120 dollars (contre 160 pour le Liberia). En 2016, celui-ci était de 27 690 dollars et le taux de chômage avoisinait les 4,5 %. L’extrême pauvreté a été totalement éradiquée. Ce miracle économique a été rendu possible, en partie, par une politique industrielle vigoureuse. Entre 1962 et 1994, toujours selon la Banque mondiale, les exportations du pays ont connu une croissance d’environ 20 % par an, tandis que l’épargne et l’investissement dépassaient la barre des 30 % du PIB.

Stratégie vouée à l’échec

Pour autant, il est peu probable que les pays africains puissent emprunter la voie sud-coréenne. L’industrialisation de cette dernière a reposé sur la mobilisation d’une main-d’œuvre abondante et peu chère. Mais le monde qui vient devrait bouleverser ce paradigme. Dans un rapport récent consacré aux transformations du travail induites par l’intelligence artificielle et les progrès de l’automatisation, le cabinet de conseil McKinsey a analysé plus de 2 000 fonctions couvrant environ 800 métiers. Sans surprise, les activités les plus susceptibles d’être automatisées sont les « activités physiques dans des environnements hautement hiérarchisés et prévisibles, mais aussi la collecte et le traitement de l’information ».

Si « presque tous les métiers seront impactés par l’automatisation », ces « activités physiques » font partie des métiers qui « pourraient être totalement automatisés sur la base des technologies existantes ». Dans ce nouveau monde, les compétences physiques et manuelles devraient être dévaluées. En revanche, toujours selon McKinsey, les « compétences sociales, émotionnelles, les aptitudes cognitives comme la créativité, la réflexion critique, le traitement d’informations complexes », seront fortement valorisées.

En clair, si les prévisions de McKinsey se vérifient, la stratégie d’industrialisation de l’Afrique par l’exploitation de sa jeune et abondante main-d’œuvre échouera. D’ores et déjà des machines fabriquent vêtements et chaussures ; des robots plantent, arrosent, et récoltent des produits agricoles. Demain que restera-t-il à faire pour les ouvriers africains ?

Défis considérables dans l’éducation

Dans cette ère de bouleversements constants, l’Afrique devrait investir massivement dans l’éducation. L’objectif doit être de construire un système éducatif de grande qualité accessible au plus grand nombre ; de concevoir une éducation qui procure des savoirs fondamentaux de haut niveau, mais qui soit aussi capable de répondre aux besoins d’un marché du travail en constante mutation. Par exemple, combien d’Africains formés localement Google embauchera-t-il dans le centre de recherches en Intelligence Artificielle dont l’entreprise américaine vient d’annoncer l’ouverture au Ghana ?

Sur ce plan comme sur d’autres, les défis sont considérables : un rapport de l’Institut des statistiques de l’Unesco publié en 2018 rappelle qu’en 2017, en Afrique subsaharienne, un cinquième des enfants de 6 à 11 ans n’allaient pas à l’école, contre un tiers des enfants de la tranche 12-14 ans, et 60 % des jeunes âgés de 15 à 17 ans. Dans un rapport publié cette année par la Banque Mondiale et intitulé « Apprendre à réaliser la promesse de l’éducation », on apprend qu’en Afrique subsaharienne moins de 7 % des étudiants en fin de primaire lisent couramment (le niveau en mathématiques est à peine meilleur).

Les partisans africains du modèle asiatique ne devraient pas s’offusquer d’une telle option. Un coup d’œil aux classements PISA, qui évalue le niveau des élèves de 15 ans dans les pays de l’OCDE, révèle que la stratégie du développement par l’éducation n’est en rien originale et n’est pas incompatible avec une stratégie d’industrialisation. En 2016, Singapour était classé premier dans le domaine de la science, devant le Japon (deuxième), Taïwan (quatrième), la Chine (dixième), et la Corée du Sud (onzième). Sachons tirer les bonnes leçons de nos « modèles ».

Source: Le Monde

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