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Après huit ans de guerre, Assad s'estime sauvé, mais la Syrie reste en ruines

vendredi, 15 mars 2019 16:34 Written by

Huit ans après le début du conflit en Syrie, le président Bachar al-Assad estime avoir sauvé son pouvoir mais le régime, sous influences étrangères, fait face à un pays morcelé et ravagé humainement et économiquement par la guerre.

Plus de 360.000 morts, des destructions estimées à 400 milliards de dollars, plus de 13 millions de déplacés et de réfugiés: le défi à relever pour Damas est immense, alors qu'un tiers du territoire syrien échappe encore à son contrôle.

Conséquence des victoires du régime sur les rebelles et les jihadistes ces derniers mois, la situation économique calamiteuse a toutefois pris le dessus sur les craintes sécuritaires.

Chômage criant, coupures de courant, pénuries de gaz domestique, la grande majorité des Syriens vivent à ce jour sous le seuil de la pauvreté, selon l'ONU.

Les combats ont nettement baissé en intensité et le "califat" du groupe Etat islamique (EI) est sur le point de s'effondrer, mais le conflit est toutefois devenu "plus complexe", en raison de la présence de "puissants acteurs étrangers qui contrôlent de vastes zones (...) et risquent de ne pas quitter la Syrie de sitôt", souligne Nicolas Heras, chercheur du Center for New American Security.

- "Paysage de désespoir" -

Au premier rang, la Russie et l'Iran --alliés indéfectibles de Damas, qui leur doit une large part de sa survie-- conservent une importante présence militaire en Syrie.

Le paysage actuel est celui "de la division et du désespoir", explique Joshua Landis, spécialiste du conflit syrien.

Plus d'un tiers du pays "est occupé par des Etats étrangers qui ont bâti et financé des milices locales", indique-t-il.

Par ailleurs, plusieurs régions restent dans le viseur de Damas, dont celles contrôlées par les Kurdes, jusque-là soutenus par Washington, dans le nord et le nord-est du pays.

Contrôlée par Hayat Tahrir al-Cham (HTS), groupe dominé par l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda, la province d'Idleb (nord-ouest) est elle "protégée" par un accord russo-turc ayant empêché une offensive du régime Assad.

La Turquie maintient pour sa part des postes de contrôle et des patrouilles dans cette région ainsi qu'une présence dans plusieurs villes frontalières.

De son côté, Washington s'est résolu à garder 200 militaires sur le territoire syrien, après avoir d'abord annoncé le retrait de ses 2.000 soldats. Cette volte-face est perçue comme une volonté des Etats-Unis de garder un pied --et un pouvoir d'influence, même a minima-- dans le pays.

Dans ce champ de bataille géopolitique, les intérêts des protagonistes divergent fortement.

Ankara, hostile au projet d'autonomie kurde, "veut imposer une "Pax Ottomana" dans le nord et l'est de la Syrie", selon M. Heras.

"La Russie veut stabiliser Assad" pour élargir son influence au Moyen-Orient, au détriment de Washington notamment, tandis que l'Iran cherche à utiliser le territoire syrien dans son combat à distance contre Israël, lequel a multiplié ces derniers mois les raids aériens en Syrie.

- "Guerre économique" -

Autre obstacle de taille pour Damas, la "guerre économique", évoquée dimanche par le président syrien alors que le régime est incapable à ce jour de faire face au chantier de la relance.

La guerre a entrainé des destructions massives d'infrastructures et a réduit à néant plusieurs secteurs lucratifs, dont celui du pétrole.

Le régime de Bachar al-Assad "a besoin de l'eau et du blé" de l'est syrien alors que Washington "a pour politique de le priver de ses ressources" afin de voir "s'effondrer" l'économie, relève encore Nicolas Heras.

Selon Joshua Landis, "les États-Unis imposent à la Syrie l'un des régimes de sanctions les plus stricts ce qui aggravera la misère" sociale.

Chadi Abbas, 40 ans, fait partie de cette génération qui a profité du tassement des combats pour retourner à la vie civile après une conscription de près de huit ans. Mais "exercer trois métiers" s'impose pour subvenir aux besoins de sa famille et "compenser les pertes de toutes ces années", explique-t-il.

Face au défi de la reconstruction, les puissances étrangères ont elles pour ambition première de rentabiliser des années d'un soutien militaire des plus coûteux.

Moscou et Téhéran ont d'ores et déjà signé des accords bilatéraux avec les autorités syriennes et conclu des contrats à long terme dans divers secteurs, notamment l'énergie, le bâtiment, l'agriculture et le pétrole.

Dans cette perspective, le président russe Vladimir Poutine a appelé les Européens à contribuer financièrement au processus de reconstruction alors que son pays s'active auprès des organisations internationales et des riches monarchies du Golfe pour en assurer les fonds nécessaires.

Cet appel ne semble pas trouver d'écho dans les capitales occidentales ayant soutenu la rébellion contre Bachar al-Assad, tout du moins en l'absence d'un règlement politique équitable.

D'autres pays, qui appelaient également au départ de M. Assad, font en revanche preuve de pragmatisme face à la nouvelle donne politico-militaire. Les Emirats arabes unis et Bahreïn ont ainsi décidé fin 2018 de rouvrir leurs ambassades à Damas.

Mais l'aboutissement d'une solution politique parait d'autant plus complexe que l'opposition n'a jamais été aussi mutique, éclatée et subordonnée depuis 2011.

Celle-ci "est désormais totalement soumise aux acteurs étrangers", dit Nicolas Heras.

Reste que "la flamme de la révolution syrienne s'est tarie. Et ceci est, en soi, une victoire pour Assad", poursuit-il.

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Brexit: Theresa May décidée à passer en force

vendredi, 15 mars 2019 16:31 Written by

Malgré deux échecs cuisants à la Chambre des Communes, Theresa May s’obstine. Décidée à faire passer au forceps l’accord de divorce qu’elle a négocié avec l’Union européenne, la Première ministre britannique va proposer aux députés de voter une troisième fois ce texte.

 

Au risque de subir une nouvelle humiliation, la dirigeante conservatrice a déposé une motion gouvernementale qui sera débattue ce jeudi au Parlement. Celle-ci propose un court report du Brexit, théoriquement prévu le 29 mars, jusqu’au 30 juin, à la seule condition que les députés approuvent l’accord d’ici le mercredi 20 mars.

Juridiquement, ce court report, s’il était approuvé, ne devrait pas poser problème pour l’organisation des élections européennes prévues entre le 23 et le 26 mai puisque les nouveaux députés n’entreront pas en fonction avant le mois de juillet. Un calendrier qui permettrait au Royaume-Uni de ne pas prendre part au scrutin. En revanche, la motion précise que si l'accord est recalé à nouveau, alors le report devra aller au-delà du 30 juin et impliquera que le pays organise des élections pour le parlement européen.

Jouer sur la lassitude et l'inquiétude des parlementaires

"Une courte extension technique ne sera offerte que si nous avons un accord en place", a averti mercredi soir Theresa May devant des députés très divisés et incapables jusqu'à présent de dégager une majorité sur la voie à suivre avec le Brexit. La dirigeante conservatrice ne cache pas sa préférence pour un court report, afin de mettre enfin en oeuvre le résultat du référendum qui a vu les Britanniques choisir à 52% de quitter l'UE après 46 ans d'un mariage sans amour.

La Première ministre ne veut pas lâcher l’affaire et espère avoir les députés à l’usure. Bien que son autorité soit aujourd’hui sérieusement remise en cause, elle entend jouer sur la lassitude des parlementaires et l’inquiétude des eurosceptiques qui craignent que le Brexit ne finisse par jamais se produire s’ils ne la soutiennent pas. Mieux vaut un Brexit avec un accord imparfait que pas de Brexit du tout, estiment certains d’entre eux.

Le vote organise ce jeudi après-midi constitue donc le troisième épisode parlementaire d’un feuilleton interminable. Car près de trois ans après avoir voté en pour quitter l’Union européenne, le Royaume-Uni ne parvient toujours pas à se décider sur les conditions de départ.

Un "no deal" toujours possible 

De son côté, l’Union européenne a toujours expliqué qu’une demande de report devait être justifiée et acceptée à l’unanimité par les 27 états membres.

"Si un délai additionnel était demandé, il faudrait alors qu'on nous explique pour quoi faire (...) Ce ne peut être pour renégocier un accord que nous avons négocié durant de nombreux mois et dont nous avons dit qu'il n'était pas renégociable", a déclaré en écho mercredi le président français Emmanuel Macron. "La négociation, elle est terminée", a aussi réaffirmé le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit Michel Barnier. Ajoutant: "Le Royaume-Uni doit nous dire ce qu'il veut pour notre relation future".

Quant au "no deal", même si les députés ont rejeté cette option mercredi soir, elle reste la probabilité par défaut, faute d'un accord, a prévenu Theresa May.

Signe que le gouvernement britannique prend cette hypothèse au sérieux, il a publié mercredi une nouvelle série de mesures qui s'appliqueraient pour en atténuer les conséquences: il réduirait notamment ses droits de douane qui ne concerneraient plus que 13% des produits importés. En attendant de sortir du flou politique, l'économie britannique devrait poursuivre son ralentissement, avec des prévisions de croissance revues à la baisse mercredi.

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Venezuela: l'opposant Juan Guaido appelle le Parlement à voter l’état d’urgence

mardi, 12 mars 2019 14:00 Written by

L'opposant Juan Guaido entend, lundi 11 mars, tirer parti de la gigantesque panne de courant qui plonge le Venezuela dans le chaos depuis trois jours en appelant le Parlement à voter l'état d'urgence dans l'espoir de faciliter l'entrée d'aide humanitaire dans le pays. Une mesure avant tout sympbolique.

« Je vais demander lundi à l'Assemblée nationale de décréter l'état d'urgence pour permettre l'entrée de l'aide humanitaire » dans le pays, ce qui permettra de « solliciter l'aide internationale », a déclaré ce dimanche 10 mars Juan Guaido, président de l'Assemblée nationale, autoproclamé « président par intérim » du Venezuela et reconnu par une cinquantaine de pays.

Mais ce décret est purement symbolique, rappelle notre correspondant à Caracas, Benjamin Delille : toutes les décisions de l’Assemblée nationale sont jugées nulles depuis 2016 par le Tribunal suprême de justice, acquis au gouvernement.

 → A (RE)LIRE : [Reportage] Dans les rues de Caracas, au Venezuela, deux pays irréconciliables

Deux camps, deux discours

Dès jeudi soir, Nicolas Maduro assurait que cette coupure était le fait d’un sabotage dans la plus grande centrale hydroélectrique du pays. Une attaque « cybernétique », selon les mots du président qui accuse Washington. Elle se serait répétée ce week-end, d’où la durée exceptionnelle de cette coupure sans précédent.

Un argumentaire qui ne tient pas pour l’opposition. Le président de l’Assemblée nationale, appuyé par de nombreux experts, accuse le gouvernement de ne plus entretenir le réseau depuis des années. La panne serait la suite logique d’un manque total d’investissements dans les infrastructures électriques.

C'est ce que confirme Paula Vasquez, chercheuse au CNRS : « La panne nationale est due au manque de maintenance du système interconnecté de tout le territoire national. Le Venezuela ne dépend pas d’un seul barrage. Celui de Guri jusqu’en 1998, jusqu’à l’arrivée du pouvoir de Chavez, avait un surplus de production d’énergie électrique qu’on vendait au Brésil. Donc, c’est une panne de plus qui a fait littéralement exploser un système extrêmement complexe. »

La chercheuse pointe aussi un système de malversations : « Toute une série de sous-traitants n’ont pas [respecté] leur cahier des charges et n’ont pas accompli les travaux commandés. On parle là d’un détournement de milliards de dollars dans toute une série de contrats pour la maintenance du réseau électrique vénézuélien. Et cela va au-delà de la corruption, c’est-à-dire que c’est tout un système d’enrichissement à partir des fonds publics qui concerne un réseau extrêmement étendu. »

Pour faire face à cette situation dramatique, Nicolas Maduro a décrété, de son côté, une journée morte ce lundi 11 mars, tout restera fermé. « Dans un gouvernement "normal", l’état d’urgence aurait été décrété, pas pour réprimer la population qui sortirait éventuellement piller mais surtout pour déployer des moyens d’urgence pour venir au secours de la population, regrette Paula Vasquez. Le gouvernement de Maduro est dans le déni de la catastrophe. »

D'autant que les conséquences s'avèrent très graves, notamment dans les hôpitaux où plusieurs ONG locales tentent de tirer la sonnette d'alarme. Ce week-end, la Codevida, la Coalition des organisations pour le droit à la santé et à la vie, faisait état du décès de 15 patients atteints de maladies rénales, faute de dialyses. « Nous craignons la situation dans les prochains jours, explique le directeur de la Codevida, Francisco Valencia.L'électricité n'est toujours pas rétablie, elle l'a été mais sur une courte période. Si ça continue, on risque de voir les morts se multiplier. »


 ■ « On essaie d’acheter des aliments non périssables »

Avec notre correspondant à Caracas, Benjamin Delille

Depuis vendredi, la plupart des commerces et des supermarchés sont fermés à Caracas. A cause de l’hyperinflation, les billets ont presque disparu et la panne de courant rend les terminaux bancaires inutilisables. A l’entrée de Petare, le plus grand bidonville du Venezuela, des centaines de personnes comme Maria attendent devant des petits commerces dotés de générateurs : « Il n’y a presque plus aucun magasin avec de l’électricité et du réseau pour payer, mais ici oui. Il n’y a plus d’argent liquide, donc sans réseau les gens ne peuvent plus payer. »

Après deux heures d’attente, Francisco peut enfin faire ses courses. Comme son réfrigérateur ne fonctionne plus, il doit faire des choix : « On essaie d’acheter des aliments non périssables. Du riz, de la farine, des œufs, des choses qui n’ont pas besoin d’être réfrigérées et qui peuvent être conservées. »

Derrière le comptoir, Ingrid, la vendeuse, approuve de la tête. Depuis vendredi, elle a perdu tout ce qu’elle gardait au réfrigérateur. « Toute la viande que j’avais a pourri, déplore-t-elle. J’ai dû tout jeter à la poubelle. L’équivalent d’un mois de salaire, envolé. C’est comme si je n’avais rien fait, j’ai travaillé pour rien. »

Toutes ces personnes qui attendent sont issues de quartiers particulièrement populaires. Peu leur importe de savoir si la panne est le produit d’un sabotage ou d’un mauvais entretien, ils veulent simplement que cela s’arrête, que le Venezuela redevienne un pays normal.

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Déluge de feu sur le dernier bastion de Daesh en Syrie : l’assaut final a-t-il commencé ?

mardi, 05 mars 2019 09:10 Written by

Le bastion de Baghouz est assailli depuis dimanche par les forces arabo-kurdes. La perte de cette zone signifierait pour Daesh la fin territoriale du "califat". Mais jusqu’à quand ?

Des forces arabo-kurdes soutenues par la coalition internationale antijihadistes ont déversé dimanche un déluge de feu sur la dernière poche de Daesh en Syrie, cherchant à asséner le coup de grâce à son "califat" autoproclamé il y a près de cinq ans.

Après l’évacuation de milliers de civils ces derniers jours, les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont repris vendredi l’offensive contre les combattants de Daesh, retranchés dans une poche du village de Baghouz, dans la province de Deir Ezzor, aux confins orientaux de la Syrie. 

 Après avoir reconquis l’immense majorité du village, les combattants kurdes et arabes ont acculé les jihadistes dans ce réduit, où la coalition internationale emmenée par Washington a repris ses raids aériens. 
 Sur le toit d’un immeuble près du théâtre des opérations, un commandant des FDS explique que la majeure partie du campement a été débarrassée de Daesh. 
"On ne sait pas combien de membres de Daesh sont toujours dedans. Ils sont totalement assiégés. Ils ont enfoui beaucoup de mines dans les maisons et sur les routes"

Après une montée en puissance fulgurante en 2014, Daesh avait proclamé en juin de la même année un "califat" sur les vastes régions et les grandes villes conquises en Syrie et en Irak voisin, où l’organisation ultraradicale a mené de multiples exactions.
Mais face à plusieurs offensives ces deux dernières années, les jihadistes ont vu leur territoire se réduire comme peau de chagrin. 

Des Français parmi les derniers combattants

Dans le secteur de Baghouz, les opérations des FDS se poursuivent même de nuit. 

"Les éléments de Daesh qui sont encerclés refusent de se rendre, la majorité d’entre eux sont des étrangers, notamment des Français", confie un commandant des FDS, Rustom Hassaké. 

"Ils luttent férocement et ont recours à des voitures piégées et des kamikazes"

Plusieurs familles de jihadistes français assurent par ailleurs que des femmes et des enfantsse trouveraient encore dans le réduit de Daesh.

Au total depuis début décembre, 53.000 personnes, principalement des familles de jihadistes, ont fui le réduit, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Parmi eux, plus de 5.000 jihadistes ont été arrêtés. 

La grande majorité des évacués sont transférés vers le camp de déplacés d’Al-Hol, plus au nord, où elles s’entassent dans des conditions difficiles. 

 

Vers une organisation clandestine ?

Une perte de la poche de Baghouz signifierait la fin territoriale du "califat" de Daesh après sa défaite en Irak en 2017, mais ce groupe a toutefois déjà entamé sa mue en organisation clandestine. 

Ses combattants sont disséminés dans le désert syrien et parviennent toujours à mener des attentats meurtriers. L’armée américaine a averti que, sans un engagement soutenu contre Daesh, il ne faudrait à l’organisation que six à 12 mois pour entamer une "résurgence". 

La bataille contre Daesh représente aujourd’hui le principal front de la guerre en Syrie qui a fait plus de 360.000 morts depuis 2011, après que le régime, soutenu principalement par la Russie, a repris le contrôle de près des deux tiers du pays. 

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Unis dans la dénonciation des "Fake News", Donald Trump et…
La Russie a promis samedi de riposter à de nouvelles…
Devant des milliers de supporteurs, il s’est hissé sur un…

États-Unis: les démocrates lancent une vaste enquête sur Donald Trump

mardi, 05 mars 2019 09:07 Written by

Une puissante commission parlementaire, dirigée par les démocrates, exige des documents de plus de 80 personnalités dans l'entourage du 45e président des États-Unis - dont deux de ses fils et son gendre Jared Kushner.

Une commission du Congrès des États-Unis a lancé lundi une offensive tous azimuts contre Donald Trump, demandant à pas moins de 81 personnes et institutions de lui fournir des documents dans le cadre d'une enquête sur de possibles obstructions à la justice et abus de pouvoir. Des membres de la famille du président américain, dont son fils, Eric Trump, et son gendre, Jared Kushner, font partie des personnes sollicitées par la puissante commission judiciaire de la Chambre des représentants, contrôlée par les Démocrates.

» LIRE AUSSI - Donald Trump durcit son bras de fer avec la justice américaine

 

Les élus ont aussi réclamé des documents à des membres actuels ou passés de l'administration Trump, comme l'ancien ministre de la Justice, Jeff Sessions, ainsi qu'à des responsables de la Maison blanche, du FBI, de la Trump Organization et même de WikiLeaks. Parmi les personnalités sollicitées: Allen Weisselberg, directeur financier de la Trump Organization, l'avocat personnel du président Jay Sekulow, d'anciens responsables de la Maison Blanche comme Steve Bannon, Sean Spicer et Hope Hicks, ainsi que le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange. La société Cambridge Analytica est également citée.

Des munitions pour un possible impeachment

Dans les lettres, la commission les exhorte à livrer des documents d'ici le 18 mars. S'ils s'y refusent, des assignations à comparaître pourront être émises contre eux. Un avocat de la commission judiciaire a déclaré à la presse que dans l'immédiat, l'objectif de l'enquête était d'amasser des éléments de preuve pour permettre d'orienter les investigations et de déterminer quels témoins seraient cités à comparaître ultérieurement. Les élus vont notamment chercher à déterminer si Trump s'est rendu coupable d'obstruction à la justice en écartant de leurs fonctions des responsables du département de la Justice, comme l'ancien chef du FBI James Comey, ou d'abus de pouvoir en promettant la grâce présidentielle à d'anciens proches poursuivis en justice ou en se livrant à une subornation de témoins.

«Nous avons constaté les dégâts causés à nos institutions démocratiques pendant les deux années où le Congrès a refusé d'exercer son autorité de contrôle», a déclaré le puissant président de la commission, Jerrold Nadler. «Le Congrès doit contrôler les abus de pouvoir.» Dimanche, «Jerry» Nadler, élu de la Chambre des représentants, avait expliqué que le 45e président des États-Unis s'était clairement rendu coupable à ses yeux d'obstruction à la justice à l'encontre de l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur une possible collusion avec la Russie. Ces nouvelles investigations, et la multitude de documents exigés, pourraient fournir des munitions aux démocrates s'ils lançaient une éventuelle procédure de destitution, ou «impeachement», contre Donald Trump.

«La route est encore longue»

Les démocrates ont repris la majorité à la Chambre en janvier, avec la promesse de lancer de nombreuses enquêtes parlementaires contre le président, après deux ans de majorité républicaine. Mais les chefs démocrates du Congrès apparaissent encore réticents à jouer la carte de l'impeachment qui semble difficile à concrétiser tant que les républicains contrôlent le Sénat -puisque c'est devant la chambre haute que serait alors jugé le président-, et qui pourrait s'avérer totalement contre-productive d'un point de vue électoral, puisqu'elle risque in fine de galvaniser la base du président. «La route est encore longue vers l'impeachment, a déclaré Jerrold Nadler, qui s'exprimait lors d'un entretien sur la chaîne ABC dimanche.

Par la voix de sa porte-parole, la Maison Blanche a vivement réagi aux demandes de la commission, qualifiant l'enquête de «honteuse», basée «sur des allégations fausses et rebattues sur lesquelles le procureur spécial et des commissions dans les deux chambres du Congrès ont déjà enquêté». Selon Sarah Sanders, les Démocrates sont «terrifiés par l'effondrement de leur faux récit sur deux ans d'une “collusion avec la Russie”». «Les Démocrates harcèlent le président pour détourner l'attention de leur programme radical, qui est de faire des États-Unis un pays socialiste, de tuer des bébés après leur naissance, et de promouvoir un “Green New Deal” qui détruirait l'emploi et mettrait l'Amérique en faillite.» Aux journalistes qui lui demandaient s'il entendait coopérer avec la commission, Donald Trump, qui a au passage qualifié cette nouvelle enquête de «bidon», a cependant promis de coopérer: «Je coopère tout le temps avec tout le monde.»

 

Enquête sur les échanges avec Poutine

Le président américain était déjà la cible d'enquête de cinq commissions du Congrès, en plus de celle du procureur spécial Robert Mueller sur les ingérences de la Russie dans la campagne présidentielle de 2016 et l'éventuelle collusion entre Moscou et son équipe de campagne. Trois puissantes commissions de la Chambre des représentants américaine, contrôlée par les Démocrates, ont en outre demandé lundi à la Maison Blanche de communiquer les détails des rencontres et des échanges entre Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine. En janvier dernier, leWashington Post avait affirmé qu'il n'existait aucun rapport détaillé des échanges que Donald Trump a eus avec Vladimir Poutine à cinq endroits différents au cours des deux dernières années. Des informations que le Congrès a «le devoir constitutionnel» de vérifier, ont dit lundi les trois commissions.

Le journal avait aussi assuré qu'après une entrevue avec Vladimir Poutine en 2017 à Hambourg, en Allemagne, le président américain se serait emparé des notes de son interprète en lui demandant de ne pas partager avec les autres membres de son administration la teneur de la discussion. «Ces accusations soulèvent de sérieuses inquiétudes sur la possibilité que des matériels se rapportant à des communications spécifiques aient été manipulés ou soustraits aux archives présidentielles en contradiction directes avec les lois fédérales», écrivent-dans une lettre adressée au chef de cabinet de la Maison Blanche, Mick Mulvaney, les présidents des commissions parlementaires du Renseignement, des Affaires étrangères et du Contrôle du gouvernement .

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Crise au Venezuela: Guaido accueilli en héros à son retour

mardi, 05 mars 2019 08:48 Written by

Devant des milliers de supporteurs, il s’est hissé sur un échafaudage pour mieux saluer la foule, telle une rockstar. « Samedi on continue ! Tout le Venezuela se retrouvera dans la rue. Nous ne resterons pas tranquilles (…) tant que nous n’aurons pas retrouvé la liberté », a lancé Juan Guaido, de retour au Venezuela après avoir passé 10 jours passés dans des pays voisins pour tenter de renforcer sa légitimité politique face à Nicolas Maduro.

Juan Guaido, président autoproclamé reconnu par une cinquantaine de pays, avait quitté clandestinement le pays il y a une dizaine de jours pour se rendre en Colombie. Arrivé lundi à la mi-journée à l’aéroport de Caracas, il a été accueilli par ses partisans et un comité d’ambassadeurs européens et latino-américains venus garantir sa sécurité, a expliqué le représentant de la France Romain Nadal.

« Nous connaissons les risques que nous courons, ça ne nous a jamais retenus : nous sommes ici, plus forts que jamais ! » a défié M. Guaido avant de sortir de l’aérogare en costume sombre et chemise blanche, tout sourire, debout sur le toit d’une voiture, tandis que la foule scandait son nom, « Guaido ! Guaido », et « Si se puede ! », reprenant le fameux slogan des campagnes de Barack Obama « Oui c’est possible ».

« Réaction rapide »

Au moment même où son avion se posait à Caracas, le vice-président américain Mike Pence promettait à Washington une « réaction rapide » en cas de « menaces, violences ou intimidations » contre l’opposant de 35 ans.

Juan Guaido a galvanisé la foule qui l’attendait à Caracas en déclarant, bras levés au côté de son épouse : « Vous avez devant vous le président de la République du Venezuela ! » « Malgré les menaces des groupes armés (…) nous voici, plus forts que jamais ! » a-t-il répété en appelant à « rester mobilisés dans toutes les rues du Venezuela ». « Les fonctionnaires de l’immigration m’ont accueilli en disant, ''Bienvenue président'' », a-t-il affirmé. Mais « nous avons affaire à une dictature qui ne va pas céder volontairement le pouvoir, il faut continuer de faire pression ». Des rassemblements similaires se sont tenus dans les principales villes du pays, en congé pour cause de carnaval, sans aucun incident notable.

« Maintenir l’élan »

Pour l’analyste Luis Vicente Leon, joint par l’AFP, le retour de Guaido était « indispensable pour maintenir l’élan et son leadership sur l’opposition ». En outre, le fait que « le gouvernement l’ait laissé faire sans intervenir (…) peut laisser présager le début d’une négociation locale et nternationale ».

Juan Guaidó a renouvelé son appel aux forces armées, principal soutien du gouvernement, à le rejoindre. A ce jour environ, 700 militaires ont fait défection vers la Colombie et le Brésil, sans faire basculer l’armée de 350.000 hommes.

« Nous allons insister pour que l’aide humanitaire arrive dans ce pays », a également promis le chef de l’opposition. C’est précisément pour forcer le passage de ces convois de vivres et de médicaments bloqués à la frontière colombienne, et dont manque cruellement le pays confronté aux pénuries et à une hyperinflation à huit chiffres, qu’il avait bravé son interdiction de quitter le pays. Théoriquement, M. Guaido, en tant que président de l’Assemblée nationale, bénéficie de l’immunité parlementaire, mais il fait l’objet d’une enquête pour « usurpation ». Le président Maduro a répété ces derniers jours qu’en tant que chef du Parlement, son rival devait « respecter la loi » et que s’il rentrait au pays, il devrait « rendre des comptes à la justice ».

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Au Venezuela, Juan Guaido prépare le terrain et les esprits à un éventuel recours à la force

lundi, 25 février 2019 13:08 Written by

Et maintenant ? La question hantait, samedi soir, les conversations des volontaires vénézuéliens, épuisés après une journée passée sur les ponts de la ville colombienne de Cucuta. « Nous ferons ce que Juan Guaido nous dira de faire », répondaient-ils à l’unisson. Le prestige du jeune député vénézuélien, autoproclamé président par intérim le 23 janvier, est intact. Son leadership aussi.

Mais les centaines de Vénézuéliens qui se sont mobilisés le 23 février ont du mal à cacher leur déception : ils étaient venus, rose blanche à la main, pour faire plier Nicolas Maduro et ils ont échoué. A la frontière bré­silienne comme à Cucuta, les camions de nourriture et de médi­caments ont été bloqués par les forces de sécurité vénézuéliennes. Les anti-Maduro attendent qu’une ligne d’action soit donnée. « Ce n’est pas à Cucuta que cela va se décider mais au sein du groupe de Lima. Ou à Washington », admet un proche de Guaido.

Des vivres sont déchargés d’un camion incendié, après des heurts avec les forces de sécurité vénézuéliennes, à la frontière colombienne, le 23 février.
Des vivres sont déchargés d’un camion incendié, après des heurts avec les forces de sécurité vénézuéliennes, à la frontière colombienne, le 23 février. MARCO BELLO / REUTERS

Juan Guaido est arrivé dimanche à Bogota où se tiendra, lundi, une réunion de cette instance multi­latérale, créée au lendemain de la réélection – jugée frauduleuse – de Nicolas Maduro en mai 2018. Le ­vice-président des Etats-Unis, Mike Pence, fera également le voyage. Le groupe de Lima, soutenu par les Etats-Unis, réunit quatorze pays du continent, dont le Brésil et le Canada. C’est la première fois que M. Guaido, qui a quitté clandestinement le Venezuela vendredi, y participera.

M. Guaido ademandé à la communauté internationale de considérer « toutes les options. »

Les petites phrases se multiplient qui font craindre que « les nouvelles mesures diplomatiques » annoncées par les membres du groupe de Lima n’incluent un recours à la force contre le régime de M. Maduro. Dès samedi soir, sur Twitter, M. Guaido avait demandé à la communauté internationale de considérer « toutes les options ». C’est la formule dont use Donald Trump à chaque fois qu’il est interrogé sur l’éventualité d’une intervention militaire au Venezuela : « Toutes les options sont sur la table », répond le président américain.

Devant les cameras de la chaîne CNN, son secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, s’est dit « certain que, grâce aux Vénézuéliens, les jours de Maduro [étaient] comptés ». Il a qualifié le président vénézuélien de « pire des tyrans ». Le sénateur républicain Marco Rubio (considéré par le New York Times comme l’« architecte » des manœuvres en cours pour renverser M. Maduro) a, pour sa part, tweeté la photo de plusieurs dictateurs déchus, dont celle du visage en sang du Libyen Mouammar Kadhafi.

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Venezuela: l'aide humanitaire commence enfin à arriver

lundi, 25 février 2019 12:59 Written by

Alors que des premiers camions arrivent, Nicolas Maduro a annoncé la rupture des relations diplomatiques avec la Colombie.

L'épreuve de force a commencé au Venezuela ce samedi, jour durant lequel devait commencer à arriver l'aide humanitaire de l'étranger, refusée d'avance par le président Maduro. En début d'après-midi, quatre camions, sur lesquels sont juchés des dizaines de volontaires, tentaient samedi de forcer le passage depuis la Colombie, selon des images diffusées en direct par la télévision vénézuélienne. Dans la foulée, Nicolas Maduro a annoncé la rupture des relations diplomatiques avec la Colombie. 

Au même moment, onze militaires et deux policiers vénézuéliens désertaient en franchissant la frontière vers la Colombie à Cucuta, là même où tentaient de passer ces camions. 

Un peu plus tôt, l'opposant Juan Guaido annonçait en effet l'entrée - réussie cette fois - des tout premiers camions d'aide par la frontière brésilienne. "Attention Venezuela: nous annonçons officiellement QU'EST ENTRÉ le premier chargement d'aide humanitaire depuis notre frontière avec le Brésil. C'est un grand succès, Venezuela !" a-t-il indiqué sur Twitter. 

Le président contesté du Venezuela, Nicolás Maduro, y voit une tentative déguisée d'intervention militaire américaine et a fermé vendredi trois principaux ponts frontaliers. Un quatrième, celui de Tienditas, est bloqué avec des conteneurs par l'armée depuis début février. 

"Du bon côté de l'histoire"

Défiant le leader chaviste, Guaido avait bravé vendredi un ordre judiciaire lui interdisant de quitter le territoire national, affirmant que l'armée, pilier du régime chaviste, avait "participé" à cette opération. L'opposant avait fixé ce samedi comme date butoir pour l'entrée au Venezuela des vivres et des médicaments, essentiellement fournis par les Etats-Unis.  

"L'appel aux forces armées est très clair: bienvenus du bon côté de l'histoire, bienvenus les militaires qui aujourd'hui se mettent du côté de la Constitution", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse, en référence notamment à cinq soldats de la Garde nationale bolivarienne qui ont déserté samedi et franchi la frontière colombienne, selon le service migratoire colombien.  

Des incidents en plusieurs points

Plusieurs heurts ont éclaté pourtant, sans faire de victimes, quand les militaires vénézuéliens ont voulu disperser des centaines de manifestants exigeant aux frontières le libre passage des convois humanitaires: faisant usage de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc, les soldats ont dispersé la foule dans la ville de San Antonio del Tachira, pour empêcher plusieurs centaines de personnes de se diriger vers le Pont Simon Bolivar, principal passage piéton entre la Colombie et le Venezuela. 

D'autres incidents avaient également éclaté le matin contre une foule vêtue de blanc en grande majorité, massée sur le pont Francisco-de-Paula-Santander u peu plus au nord, qui matérialise la frontière entre Cucuta, côté colombien et la localité d'Ureña, côté vénézuélien. 

"Entrez du bon côté de l'histoire", clamait une des pancartes brandie par les manifestants. "Je suis venu apporter mon grain de sable à la lutte. C'est un moment historique, les militaires vont céder, j'ai confiance" a affirmé sur place à l'AFP Neyerson Cisneros, un psychologue de 29 ans. Au moins deux manifestants ont été arrêtés, selon les équipes de l'AFP. 

Guaido risque d'être arrêté

Les deux leaders vénézuéliens concurrents ont simultanément appelé leurs partisans à descendre dans les rues de Caracas samedi, Guaido pour exiger le libre passage de l'aide, Maduro pour dénoncer ce qu'il considère comme une "tentative d'intervention militaire". 

Vêtus de rouge et brandissant des drapeaux aux couleurs nationales - bleu, rouge, jaune - des centaines de partisans de M. Maduro défilent en affirmant que "90% de la population refuse une intervention des Etats-Unis". "Maduro, le peuple est avec toi" crie la foule. "Yankee Go Home" exige le tee-shirt d'un jeune homme. 

Outre la fermeture des grands ponts avec la Colombie et celle de la frontière terrestre avec le Brésil, M. Maduro a également suspendu les liaisons avec l'île néerlandaise de Curaçao, autre point de stockage de l'aide, tandis qu'il avait ordonné jeudi la fermeture de la frontière avec le Brésil. 

Juan Guaido, arrivé par surprise en Colombie, n'a pas précisé quand ni comment il comptait regagner le Venezuela, où il risque d'être arrêté pour avoir violé l'interdiction de sortie décrétée par la justice fidèle au régime. 

Le rôle des militaires apparaît plus que jamais déterminant. Le président colombien Ivan Duque, qui condamne "la dictature" de Maduro, et son homologue chilien Sebastian Piñera ont appelé les militaires à rejoindre le "juste côté de l'Histoire" en permettant l'entrée de l'aide. 

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