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Frappes en Syrie: les dégâts laissés par les missiles occidentaux en images

"Une bonne partie" de l'arsenal chimique syrien "a été détruit" par les frappes occidentales menées en Syrie samedi 14 avril, d'après Jean-Yves Le Drian. Le ministre des Affaires étrangères a assuré que les tirs ciblés des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni ont permis "d'atteindre les objectifs fixés" et de fragiliser la capacité du régime syrien à développer des armes chimiques, une semaine après une attaque chimique présumée qui a fait plus de 40 morts dans la Ghouta orientale.

 

Trois sites étaient spécifiquement visés par les frappes: un "centre de recherche, de développement, de production et de test de la technologie chimique et biologique" au nord de Damas, un "entrepôt d'armes chimiques" dans la province de Homs et un "entrepôt dédié aux équipements d'armes chimiques et un important poste de commandement", à proximité. Mais tous les tirs français se sont concentrés sur les deux sites de la région de Homs.

 

Plusieurs agences de presse ont diffusé des images des dégâts sur le site du centre de recherche de Damas. Elles ont été prises lors d'une visite organisée pour les médias par le ministère de l'Information syrien. D'après l'agence de presse officielle syrienne Sana, la destruction du centre de recherches a "entraîné la destruction d'un centre de formation et de laboratoires scientifiques".

 

 

OMAR SANADIKI / REUTERS
Un soldat syrien filme les décombres du centre de recherches scientifiques de Damas, le 14 avril.

 

 

OMAR SANADIKI / REUTERS
Un pompier syrien dans les décombres du Centre de recherches scientifiques de Damas, le 14 avril.

 

OMAR SANADIKI / REUTERS
Les décombres du Centre de recherches scientifiques de Damas, le 14 avril.

 

 

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Des soldats syriens inspectent les décombres d'un bâtiment décrit comme une partie du centre de recherches scientifiques au nord de Damas, le 14 avril.

 

 

AFP
Les dégâts sur un bâtiment faisant partie du Centre de recherches scientifiques de Damas, le 14 avril.

 

 

AFP
Un bus détruit près des décombres du Centre de recherches visé par les frappes à Damas, le 14 avril.

 

Des images avant/après des sites visés à Homs

Le lieutenant général Kenneth F. McKenzie Jr, directeur du Comité des chefs d'état-major interarmées américain, a par ailleurs dévoilé samedi au Pentagone, siège du département de la défense aux États-Unis, les photos avant/après des sites visés par les frappes des Occidentaux.

 

AFP
Le directeur du Comité des chefs d'état-major interarmées américain, Kenneth F. McKenzie Jr., diffuse des images avant/après des lieux ciblés par les frappes des Occidentaux.

 

 

AFP
Le lieutenant général McKenzie Jr. montre les images avant/après du dépôt d'armes chimiques de Him Shinshar, près de Homs.

 

 

AFP
Le lieutenant général McKenzie Jr. montre les images avant/après du centre de stockage et de commandement de Him Shinshar, près de Homs.

 

Samedi, le chef d'état-major américain, le général Joe Dunford, a expliqué que les États-Unis avaient "estimé" que l'entrepôt d'armes chimiques près de Homs, en photo ci-dessus, était l'endroit où se trouvait "principalement le gaz sarin syrien et des équipements précurseurs de production".

Les sites d'information américains de CNN et du Washington Post donnent également un aperçu, grâce à des images satellites, des dégâts causés par les frappes.

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Selon l'OSDH, toutes les cibles sont des antennes du Centre d'études et de recherches scientifiques de Syrie (CERS), une entité rattachée au ministère de la Défense et soupçonnée par les Occidentaux d'être le principal laboratoire en charge des programmes chimiques.

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Le prince héritier d’Arabie saoudite considère qu’Israël a le "droit" à un territoire

Le réchauffement des relations entre l’Arabie saoudite et Israël est acté. Le prince héritier Mohammed ben Salmane a estimé, lundi 2 avril, auprès du mensuel américain "The Atlantic" que les Israéliens, tout comme les Palestiniens, ont le droit de vivre "en paix sur leur propre territoire". "Nous devons avoir un accord […] pour assurer la stabilité pour tous", a-t-il ajouté, dans l’interview réalisée avant les récentes tensions dans la bande de Gaza

"Notre pays n’a pas de problèmes avec les juifs"

Les déclarations de celui qui est surnommé "MBS" marquent un tournant dans la politique étrangère de son pays envers Israël. Actuellement en visite officielle aux Etats-Unis, le jeune prince de 32 ans explique par ailleurs que les seules "inquiétudes religieuses" des Saoudiens concernent le sort de l'esplanade des mosquées à Jérusalem-Est, annexée par Israël, qui est le troisième lieu saint de l'islam, et "les droits des Palestiniens".

"Notre pays n'a pas de problèmes avec les Juifs", insiste le jeune prince, âgé de 32 ans.

L’Arabie saoudite, qui abrite plusieurs lieux saints de l’Islam, ne reconnait cependant pas l’Etat hébreu. Le pays demande depuis des années le retrait israélien des territoires occupés depuis la guerre des Six-Jours, en 1967. Zones que les Palestiniens revendiquent pour leur propre Etat.

Les tensions entre Riyad et Téhéran semblent rapprocher MBS et Benjamin Netanyahou. Ce dernier a récemment présenté son pays comme "l’indispensable allié" des pays arabes opposé à l’Iran chiite.

Des relations diplomatiques ambivalentes

"Nous partageons beaucoup d’intérêts avec Israël. S’il y a la paix, il y aurait également beaucoup d’intérêts entre [l’Etat hébreu] et les pays du Conseil de Coopération du Golfe, comme l’Egypte et la Jordanie", a confirmé le nouvel homme fort de Riyad.

En mars, l’Arabie saoudite a ouvert son espace aérien pour la première fois à un vol commercial vers Israël, après deux années de négociations. Mais Riyad a par ailleurs condamné la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

"[Le royaume] a déjà mis en garde contre les graves conséquences que peut avoir cette décision injustifiée et irresponsable", avait alors souligné le communiqué du Palais royal de Ryad.

D’après Reuters, le pays serait embarqué aux côtés des Etats-Unis dans un plan de paix israélo-palestinien, encore dans ses premières phases de développement.  

(Avec AFP et Reuters)

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Tensions entre Gaza et Israël : Erdogan accuse Netanyahu d'être un «terroriste»

La tension monte. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé ce dimancheBenjamin Netanyahu d'être «un terroriste» après que le Premier ministre israélien a rejeté les «leçons de morale» de la Turquie à propos des affrontements meurtriers qui ont eu lieu vendredi entre Gaza et Israël.

>> A lire aussi : Conflit israélo-palestinien: La tension monte à Gaza après les affrontements qui ont fait au moins 16 morts et 1.400 blessés

«Hé Netanyahu ! Tu es un occupant ! Et c'est en tant qu'occupant que tu es sur ces terres. En même temps, tu es un terroriste», a déclaré Recep Tayyip Erdogan, dans un discours télévisé devant ses partisans à Adana (sud de la Turquie). «Ce que tu fais aux Palestiniens opprimés sera inscrit dans l'histoire et nous ne l'oublierons jamais», a-t-il poursuivi, ajoutant que «le peuple israélien est mal à l'aise avec ce que tu fais».

Vendredi, des dizaines de milliers de Palestiniens ont afflué vers la barrière entre Gaza et Israël au premier jour de «la marche du retour». Cette protestation, censée durer six semaines, vise à réclamer le droit au retour des Palestiniens qui, par centaines de milliers, ont été chassés de leurs terres ou ont fui pendant la guerre ayant suivi la création d'Israël en 1948.

>> A lire aussi : Gaza: «Bravo à nos soldats», Benyamin Netanyahou ne prône pas franchement l'apaisement

Ce jour-là, au moins 16 Palestiniens qui s'étaient approchés de la clôture ont été tués par des tirs israéliens et plus de 1.400 blessés, selon le ministère de la Santé dans la bande de Gaza. Le président Erdogan a accusé samedi Israël d'avoir commis une «attaque inhumaine».

Mais Benjamin Netanyahu a réagi dimanche en affirmant sur son compte Twitter que «l'armée la plus éthique du monde n'a pas de leçons de morale à recevoir de la part de celui qui bombarde des civils sans discernement depuis des années».

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Actualités Xi Jinping a bien reçu Kim Jong Un à Pékin

Une officialisation qui tombe après deux jours de spéculations. Il s'agit de la première visite à l'étranger du dirigeant nord-coréen.

ASIE - Kim Jong Un s'est prononcé pour "la dénucléarisation" de la péninsule coréenne et a confirmé la perspective d'un sommet avec le président américain Donald Trump, lors d'une visite historique du dirigeant nord-coréen à son allié chinois.

 

Après un jour et demi d'incertitude, l'agence de presse officielle Chine nouvelle a confirmé tôt ce mercredi 28 mars la visite à Pékin de Kim Jong Un, sa première à l'étranger, qui s'est entretenu avec le président chinois Xi Jinping. Cette visite s'est déroulée de dimanche à mercredi.

 

"Il n'y a aucun doute que ma première visite à l'étranger (devait être) pour la capitale chinoise", a déclaré Kim Jong Un, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA. "C'est mon devoir solennel", a-t-il ajouté.

 

A cette occasion, Kim Jong Un a confirmé être prêt à rencontrer le président américain Donald Trump, après des mois de menaces de guerre entre les deux pays autour du programme nucléaire nord-coréen.

 

Ce sommet a été annoncé de sources sud-coréenne et américaine mais pas encore confirmée de source nord-coréenne. Selon Séoul, elle pourrait se dérouler fin mai, mais ni le lieu ni la date exacte de la rencontre n'ont encore été annoncés.

La Corée du Nord "est prête à avoir un dialogue avec les Etats-Unis et à tenir un sommet entre les deux pays", a rapporté Chine nouvelle en citant Kim Jong Un.

L'homme fort de Pyongyang, qui a procédé ces dernières années à une série d'essais nucléaires et de tirs de missiles susceptibles d'atteindre les Etats-Unis, s'est par ailleurs prononcé pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

"Notre position constante est d'être engagés en faveur de la dénucléarisation de la péninsule coréenne, conformément à la volonté de l'ancien président Kim Il Sung et de l'ancien secrétaire général Kim Jong Il", les prédécesseurs et grand-père et père respectifs de Kim Jong Un, a rapporté l'agence chinoise.

Kim en costume Mao

La télévision publique chinoise CCTV a diffusé des images (à voir dans les deux vidéos ci-dessous) de Kim Jong Un et Xi Jinping se serrant la main devant les drapeaux des deux pays, en compagnie de leurs épouses. Kim Jong Un a été reçu pour des entretiens au Palais du peuple, l'immense bâtiment qui borde la place Tiananmen, puis pour un banquet, lors de cette visite "non officielle", selon Chine nouvelle.

 

 

 

AFP

 

Xi Jinping et son hôte, vêtu d'un costume Mao anthracite, ont entendu les hymnes des deux pays avant de passer les troupes en revue, selon ces images.

Cette visite avait été dévoilée dès lundi soir par des médias japonais, affirmant qu'un haut dirigeant nord-coréen était arrivé en train à Pékin (photo ci-dessous), mais sans pouvoir affirmer qu'il s'agissait bien de Kim Jong Un.

 

AFP/GETTY IMAGES

 

Les médias chinois s'étaient gardés de confirmer la visite, attendant vraisemblablement que Kim Jong Un ait regagné son pays.

"J'ai eu des discussions fructueuses avec (le président) Xi Jinping sur le développement des relations entre les deux partis et entre les deux pays, nos situations intérieures respectives, le maintien de la paix et la stabilité dans la péninsule coréenne, et d'autres questions", a déclaré Kim Jong Un lors du banquet, a rapporté l'agence chinoise.

Xi Jinping a salué l'amitié entre les deux pays, forgée lors de la guerre de Corée (1950-53). "Il s'agit d'un choix stratégique et du seul bon choix fait par les deux pays sur la base de l'histoire et de la réalité", a-t-il déclaré.

Xi Jinping a accepté une invitation à se rendre en Corée du Nord, a indiqué l'agence nord-coréenne.

La visite à Pékin de Kim Jong Un constitue un retour au premier plan pour la diplomatie chinoise, qui avait pu paraître marginalisée par l'annonce d'un sommet Kim-Trump.

Le leader nord-coréen n'avait encore jamais rencontré le président chinois depuis qu'il a succédé à son père Kim Jong Il il y a six ans.

Les relations bilatérales s'étaient tendues ces dernières années en raison du soutien croissant de Pékin aux sanctions économiques de l'ONU - destinées à enrayer les programmes balistique et nucléaire de Pyongyang.

Avant de rencontrer Donald Trump, Kim Jong Un doit s'entretenir avec le président sud-coréen Moon Jae-in fin avril dans la zone démilitarisée qui sépare les deux pays.

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Trump félicite Poutine pour sa réélection, une rencontre évoquée

Vladimir Poutine, renforcé face aux Occidentaux par sa réélection, a reçu mardi les félicitations de Donald Trump, qui a préféré éviter les sujets délicats dont l'empoisonnement d'un ex-espion, au profit de la possibilité d'une rencontre prochaine.

Après des appels ou messages d'Emmanuel Macron et Angela Merkel nuancés de critiques, le président des États-Unis n'a parlé avec son homologue russe ni de l'ingérence de Moscou dans le processus électoral américain, ni, a précisé le Kremlin à l'agence Interfax, de l'empoisonnement le 4 mars sur le sol britannique de l'ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, que Londres estime perpétré par "la Russie de Poutine".

La Maison Blanche a confirmé ce compte-rendu: "Ils se sont concentrés sur les sujets d'intérêts communs", a dit la porte-parole Sarah Sanders. La question des irrégularités dans le scrutin russe, dénoncées par l'opposition et des ONG, n'était pas non plus au menu.

A la place, les deux présidents ont évoqué l'organisation d'une rencontre pour tenter de désamorcer des tensions sans précédent depuis la Guerre froide.

En pleine affaire de l'empoisonnement de Sergueï Skripal qui a ravivé le climat de confrontation Est-Ouest de ces dernières années, les Occidentaux avaient semblé traîner les pieds à congratuler le président russe, réélu dimanche avec 76,7% pour un quatrième mandat.

"Je l'ai félicité pour sa victoire électorale", a raconté M. Trump depuis le Bureau ovale. "Nous allons probablement nous rencontrer dans pas trop longtemps", a-t-il ajouté, évoquant, parmi les sujets de discussions possibles, la course aux armements, l'Ukraine, la Syrie ou encore la Corée du Nord.

Les sujets ne manquent pas entre les deux pays, dont les relations déjà exécrables sont empoisonnées ces derniers mois par les accusations d'ingérence russe dans l'élection américaine de 2016, aboutissant à l'inculpation de Russes par la justice américaine suivie, la semaine dernière, de sanctions contre Moscou.

La dernière rencontre entre les deux dirigeants a eu lieu en novembre, au Vietnam. Donald Trump avait longuement mis en avant les dénégations de son homologue sur ce sujet, laissant entendre qu'il le pensait sincère.

- Trump critiqué à Washington -

Mais désormais plébiscité dans les urnes, Vladimir Poutine s'impose plus que jamais comme étant l'homme fort d'une Russie dont il incarne, pour une grande partie de la population, le retour sur la scène internationale. Il est assuré de rester au pouvoir jusqu'en 2024.

Signe du climat tendu actuel avec l'Ouest, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker s'est retrouvé mardi sous le feu de critiques britanniques pour son message de félicitations dans lequel il n'a pas évoqué l'affaire Skripal.

A Washington aussi, le sang de plusieurs élus de l'opposition démocrate et du parti majoritaire n'a fait qu'un tour à l'annonce des félicitations du milliardaire.

"Un président américain ne peut diriger le monde libre et féliciter les dictateurs qui remportent des élections bidons", a tonné le sénateur John McCain, dans un communiqué au vitriol.

Vladimir Poutine a en revanche été félicité sans réserve par ses alliés comme la Chine, l'Inde, le Venezuela ou la Syrie. Mardi, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un s'est joint à ces messages, lui souhaitant de réussir dans son "travail en vue de bâtir une Russie puissante".

Selon le Kremlin, la discussion avec Donald Trump a été "constructive" et s'est concentrée sur "la résolution des problèmes qui se sont accumulés". Parmi les points évoqués: "l'importance d'une coordination des efforts en faveur d'une limitation de la course aux armements a été soulignée", selon le communiqué russe.

Lors de son principal discours de campagne début mars, Vladimir Poutine avait longuement vanté les nouvelles capacités de l'armée russe, présentant notamment ses nouveaux missiles nucléaires "invincibles" développés face aux projets de boucliers antimissiles américains en Europe de l'Est et Asie.

Recevant ses adversaires lors de la présidentielle lundi, M. Poutine avait déjà assuré ne vouloir permettre "aucune course aux armements", précisant que la Russie baisserait ses dépenses militaires en 2018 et 2019, sans que cela n'affecte ses "capacités défensives".

Il s'était dit prêt au "dialogue" avec tous les pays, ajoutant. "Bien sûr, tout ne dépend pas de nous. C'est comme dans l'amour, il faut que les deux parties y aient un intérêt, sinon il n'y aura pas d'amour".

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Scoop

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Défaits à Afrine, les Kurdes syriens amers face l'inaction occidentale

Fer de lance de la lutte contre le groupe Etat islamique en Syrie, les Kurdes syriens enragent d'avoir été "abandonnés" par leurs alliés occidentaux face aux Turcs à Afrine et dénoncent un "nettoyage ethnique" auquel le monde assiste "en spectateur".

"Le silence de la communauté internationale participe au plan macabre planifié par (le président turc Recep Tayyip) Erdogan. Silence vaut acceptation", déplore mardi un collectif de Kurdes originaires d?Afrine et vivant en Europe, dans le quotidien français "Le Monde".

"N?abandonnez pas vos alliés!", supplient-ils, alors que la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) a été chassée de son bastion d'Afrine dimanche par des militaires turcs et leurs supplétifs syriens.

Qualifiés de "terroristes" par Ankara en raison de leurs liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène une guérilla sur le sol turc, les YPG sont parallèlement les alliés précieux en Syrie de la coalition internationale anti-EI emmenée par Washington.

Or, malgré cet engagement de la première heure, "les mêmes combattants qui luttaient courageusement contre Daech (acronyme arabe du groupe EI, ndlr) sont aujourd'hui laissés à la merci de l'armée turque", accuse Khaled Issa, représentant officiel en France du Kurdistan syrien (Rojava), qui dénonce "un nettoyage ethnique" dont "les grandes puissances restent spectatrices".

La perte d'Afrine constitue un cuisant revers pour les Kurdes syriens, opprimés pendant des décennies sous le régime du clan Assad, mais qui ont acquis une autonomie de facto dans de vastes territoires à la faveur du conflit qui ravage la Syrie depuis 2011.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), quelque 250.000 civils ont fui les violences à Afrine et des dizaines d'autres ont été tués, ainsi qu'environ 1.500 combattants kurdes.

Mais "en raison de l?appartenance à l?Otan de l?agresseur (ndr, la Turquie), cette violation multiple du droit international ne sera jamais sanctionnée", s'indigne la Communauté kurde d?Allemagne, où vivent environ un million de Kurdes.

"Afrine est l'expression la plus brutale de ce qu'on appelle la Realpolitik", explique à l'AFP Didier Billion, directeur adjoint de l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).

"Les Occidentaux, en particulier les Américains, étaient bien contents d'avoir les troupes kurdes syriennes au sol pour lutter contre l'EI. Mais Ankara, membre de l'Otan, sera toujours plus important qu'Afrine", commente ce spécialiste français de la Turquie.

- 'embarras' -

"Afrine met les Occidentaux dans l'embarras", renchérit Dorothée Schmid, responsable du programme Turquie et Moyen Orient de l'Institut français des relations internationales (IFRI).

"S'engager aux côtés des Kurdes supposerait de soutenir la perspective politique kurde en Syrie, le Rojava en particulier, or les Occidentaux n'ont jamais tranché sur cette question. Ensuite, cela signifierait se réengager dans le conflit syrien alors que tout le monde veut s'en extraire. Le sentiment général, c'est qu'il n'y a que des coups à prendre", souligne à l'AFP la chercheuse.

Washington a mis en garde lundi Ankara, exprimant sa "grande préoccupation" après la prise d'Afrine.

Le président français Emmanuel Macron a également exprimé "sa grande préoccupation" et appelé Moscou, maître du jeu en Syrie, "à faire ses meilleurs efforts pour que cessent les combats et les pertes civiles".

Mais ces réactions ne sont pas à la mesure du drame qui se joue à la frontière turco-syrienne, prévient-on dans le camp kurde, qui accuse Ankara de s'être allié avec des jihadistes pour reprendre Afrine.

"Les gouvernements européens doivent comprendre qu?il ne s?agit pas uniquement de la sécurité de notre peuple, car la chute d?Afrine signifie la création d?un nouveau foyer jihadiste menaçant la sécurité de Paris, de Berlin, de Londres", prévient le collectif de Kurdes originaires d?Afrin.

Le président Erdogan a de surcroît prévenu qu'il comptait étendre son offensive à d'autres zones du nord de la Syrie, dont la ville de Minbej, à une centaine de kilomètres à l'est d'Afrine.

Une telle initiative serait potentiellement explosive, car des centaines de militaires américains, qui soutiennent les YPG contre les jihadistes de l'EI, y sont déployés.

Toutefois, s'interroge un fin connaisseur du dossier, "Erdogan a-t-il les moyens militaires des ambitions qu'il affiche en Syrie? J'en doute".

"En dépit des déclarations très guerrières d'Erdogan, la Turquie ne pourra aller beaucoup plus loin", renchérit Didier Billion, selon qui la question kurde le long de la frontière turco-syrienne "nécessite de prendre le chemin des négociations".

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Financement libyen de la campagne présidentielle : Nicolas Sarkozy mis en examen

L’ancien président, qui nie toujours les faits, a été placé sous contrôle judiciaire.

C’est un coup de tonnerre politique. Nicolas Sarkozy, encore très influent à droite, a été mis examen mercredi et placé sous contrôle judiciaire dans le dossier des soupçons de financement libyen de sa campagne électorale victorieuse de 2007, annonce Le Monde. Une information confirmée par l’AFP.

Accusations de financement libyen de la campagne de 2007

L’ancien chef de l’Etat, qui avait été placé en garde à vue mardi matin à Nanterre, est poursuivi pour corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de fonds publics libyens, toujours selon le journal. Nicolas Sarkozy nie toujours les faits qui lui sont reprochés.

L’ancien chef de l’Etat est rentré chez lui mercredi soir. Sa garde à vue, qui avait débuté mardi matin dans les locaux de l’office anticorruption (Oclciff) à Nanterre près de Paris, s’est achevée en fin d’après-midi.

La Libye a-t-elle financé sa campagne présidentielle de 2007 ?

Au coeur des interrogations des enquêteurs, des soupçons de financement par la Libye de Mouammar Kadhafi de sa campagne présidentielle de 2007. Dans ce dossier, Brice Hortefeux, l’un de ses plus fidèles lieutenants de Nicolas Sarkozy, a également été interrogé mardi, mais en audition libre.

Une information judiciaire avait été ouverte en avril 2013 pour corruption active et passive, trafic d’influence, faux et usage de faux, abus de biens sociaux et blanchiment, complicité et recel, notamment après les révélations de l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine, auprès de  Mediapart.

Il a notamment affirmé avoir remis en 2006-2007 un total de 5 millions d’euros d’argent libyen à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, et à son directeur de cabinet, Claude Guéant. Selon le site d’informations, Brice Hortefeux aurait aussi joué les intermédiaires.

Nicolas Sarkozy face à ses dossiers judiciaires :

 
Nicolas Sarkozy en visite en Libye, ici avec Mouammar Kadhafi, en juillet 2007 - AFP

Après deux jours de garde à vue, Nicolas Sarkozy est mis en examen le 21 mars 2018. L'ex-chef de l'Etat, qui nie les faits qui lui sont reprochés, est poursuivi pour "corruption passive", "financement illégal de campagne électorale" et "recel de fonds publics libyens". Il a été placé sous contrôle judiciaire.

Les enquêteurs veulent établir la vérité après des accusations formulées par l'intermédiaire Ziad Takieddine et d'ex-dignitaires libyens sur un financement de la campagne présidentielle de 2007 par des fonds en provenance de Libye.

Claude Guéant a déjà été mis en examen dans ce ce dossier, notamment en raison d'un virement suspect de 500.000 euros que l'ex-secrétaire général de l'Élysée a justifié par la vente de deux tableaux.

En novembre 2016, Ziad Takieddine avait affirmé avoir lui-même remis 5 millions d'euros d'argent libyen au camp Sarkozy quelques mois avant son accession victorieuse à l'Elysée.

Affaire Bygmalion

 
Getty Images
 

Dans ce dossier sur les comptes de campagne de l'élection présidentielle de 2012,
Nicolas Sarkozy doit faire face à des accusations de financement illégal de campagne électorale. En cause, le dépassement du plafond autorisé des dépenses.

Le dossier a été renvoyé en procès en février 2017. L'ancien président a fait appel de ce renvoi, de même que la plupart des treize protagonistes poursuivis pour un système de fausses factures destiné à cacher ce dépassement du plafond des dépenses. A noter que Nicolas Sarkozy n'a pas été mis en cause pour les fausses factures.

Affaire des "écoutes"

Au détour d’écoutes téléphoniques faites en 2013, les enquêteurs captent une conversation entre Nicolas Sarkozy et son avocat, Me Thierry Herzog. Il est question de l’affaire Bettencourt.

L'année d'après, Nicolas Sarkozy est soupçonné d'avoir tenté d'obtenir, via son avocat, d'un haut magistrat, Gilbert Azibert, des informations secrètes dans une procédure sur la saisie de ses agendas dans l'affaire Bettencourt.

Les écoutes téléphoniques sont jugées légales par la Cour de cassation en mars 2016. Le Parquet national financier requière alors (en octobre 2017) le renvoi devant le tribunal correctionnel de Nicolas Sarkozy pour "corruption" et "trafic d'influence".

Affaire Karachi

 
 

Le nom de Nicolas Sarkozy, ministre du Budget à l'époque, apparaît dans cette enquête sur des soupçons de rétrocommissions en faveur du camp Balladur en marge de ventes d'armes dans les années 90.

Il a été entendu en juin 2017 comme simple témoin dans le volet ministériel de l'affaire instruit à la Cour de justice de la République (CJR).

L'ex-Premier ministre Edouard Balladur est mis en examen pour "complicité et recel d'abus de biens sociaux" et son ministre de la Défense François Léotard pour "complicité d'abus de biens sociaux".

Affaire des sondages de l'Elysée

Autre épée de Damoclès qui pèse sur Nicolas Sarkozy : le dossier des sondages de l'Elysée. Il y est soupçonné de favoritisme durant sa présidence.

Son ancien conseiller, Patrick Buisson, est soupçonné d'avoir profité de sa position pour réaliser d'importants bénéfices sur des sondages qu'il commandait au nom de sa société et qu'il revendait à l'Élysée. Il a été mis en examen, tout comme l'ex-directrice de cabinet Emmanuelle Mignon et l'ex-secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant.

Nicolas Sarkozy étant couvert par l'immunité présidentielle, le juge l'avait convoqué comme témoin, mais il avait refusé de s'y rendre. Le PNF doit désormais prendre ses réquisitions dans ce dossier avant la décision finale des juges. 

Non-lieu dans plusieurs dossiers

Nicolas Sarkozy a bénéficié d'un non-lieu dans plusieurs autres dossiers: ses voyages en jet privé facturés à la société Lov Group de son ami Stéphane Courbit ; l'enquête sur ses pénalités réglées par l'UMP pour le dépassement de son plafond de dépenses de campagne en 2012 ou encore l'affaire Bettencourt. Il avait un temps été brièvement mis en examen pour "abus de faiblesse" de l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt. 

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Financement libyen de la campagne de 2007 : Nicolas Sarkozy en garde à vue

L’ancien président de la République a été entendu mardi dans les locaux de la police judiciaire à Nanterre sur les soupçons de financement illicite qui pèsent sur sa campagne victorieuse de 2007.

Entre une conférence à Dubaï sur l’éducation, quelques entrevues à son bureau parisien de la rue de Miromesnil et une intervention à Londres prochainement, Nicolas Sarkozy a dû honorer un rendez-vous d’un autre genre mardi 20 mars au matin.

Selon nos informations, l’ancien président de la République a été placé en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire à Nanterre, où il était convoqué dans le cadre de l’enquête sur le possible financement par la Libye de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007.

Entendu lui aussi depuis mardi matin, mais sous le statut de suspect libre, le député européen des Républicains Brice Hortefeux, qui fut ministre de l’intérieur pendant le quinquennat Sarkozy (2007-2012), a pour sa part quitté les locaux de la police à l’arrière d’une berline noire aux vitres teintées, peu avant 23 h 30, a constaté un journaliste de l’Agence France-presse (AFP).

Lire aussi :   Comprendre l’affaire de Sarkozy et la Libye en 2007

C’est la première fois que M. Sarkozy est entendu dans ce dossier depuis qu’une information judiciaire a été ouverte en avril 2013, et confiée à plusieurs juges d’instruction du pôle financier de Paris, dont Serge Tournaire. Ce dernier a déjà renvoyé l’ancien président devant le tribunal dans l’affaire Bygmalion. La garde à vue peut durer quarante-huit heures. M. Sarkozy pourrait être présenté aux magistrats à l’issue de celle-ci afin d’être mis en examen.

Depuis la publication, en mai 2012, par le site Mediapart d’un document libyen faisant état d’un financement par la Libye du colonel Kadhafi de la campagne de 2007 de M. Sarkozy, les investigations des magistrats ont considérablement avancé.

Argent liquide

En novembre 2016, en pleine primaire du parti Les Républicains, l’intermédiaire Ziad Takieddine avait affirmé avoir transporté 5 millions d’euros en liquide de Tripoli à Paris entre fin 2006 et début 2007 avant de les remettre à Claude Guéant puis à Nicolas Sarkozy, ce dernier étant alors ministre de l’intérieur.

Mis en examen depuis pour « complicité de corruption d’agent public étranger » et pour « complicité de détournements de fonds publics en Libye », les propos de M. Takieddine venaient confirmer ceux tenus, le 20 septembre 2012, par Abdallah Senoussi, l’ancien directeur du renseignement militaire du régime Kadhafi devant le procureur général du Conseil national de transition libyen.

Lire aussi :   Enquête sur le financement libyen : les soupçons qui pèsent sur les réseaux Sarkozy

Mais ce n’est pas tout. Les carnets de l’ancien ministre libyen du pétrole Choukri Ghanem, mort en 2012 dans des circonstances encore troubles, récupérés par la justice française, mentionnent, eux aussi, l’existence de versements d’argent à destination de M. Sarkozy.

Enfin, Bechir Saleh, l’ancien grand argentier de Kadhafi et homme des relations avec la France, récemment blessé par balle lors d’une agression à Johannesburg, en Afrique du Sud, avait en outre confié au Monde : « Kadhafi a dit qu’il avait financé Sarkozy. Sarkozy a dit qu’il n’avait pas été financé. Je crois davantage Kadhafi que Sarkozy. »

Des circuits financiers fuligineux

Plus récemment, les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) ont remis un rapport aux magistrats dans lequel ils détaillent, sur la base de nombreux témoignages, comment l’argent liquide a circulé au sein de l’équipe de campagne de M. Sarkozy.

Jusqu’à présent, les enquêteurs pensent déjà avoir remonté l’une des pistes de l’argent libyen à travers l’intermédiaire Alexandre Djouhri – alors proche de Bechir Saleh, actuellement incarcéré à Londres dans l’attente de sa possible remise à la France – et de Claude Guéant. Mis en examen pour « faux et usage de faux » et pour « blanchiment de fraude fiscale », ce dernier aurait acquis son appartement parisien à travers des circuits financiers fuligineux et possiblement libyens.

La décision de placer M. Sarkozy en garde à vue signifie-t-elle que les magistrats ont depuis rassemblé de nouvelles preuves du financement illicite de la campagne permettant de le mettre en cause directement ? Les autorités libyennes ont-elles finalement décidé de coopérer ? Selon nos informations, plusieurs anciens dignitaires du régime kadhafi auraient aussi livré de nouveaux éléments confirmant les soupçons de financement illicites.

Depuis plusieurs semaines, la justice française dispose, en outre, de nombreux documents saisis lors d’une perquisition menée en 2015 au domicile suisse d’Alexandre Djouhri. Jusqu’ici, Nicolas Sarkozy a toujours contesté les accusations de financement illicite de sa campagne de 2007.

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Les dix affaires dans lesquelles Nicolas Sarkozy est cité ou mis en cause

L’ancien président de la République est en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur des soupçons de financement par la Libye de sa campagne présidentielle de 2007.

 

La garde à vue de Nicolas Sarkozy, interrogé sur un possible financement de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007 par la Libye de Mouammar Kadhafi, a repris mercredi 21 mars au matin. L’ancien président de la République avait déjà été entendu mardi jusqu’à minuit.

Cette affaire n’est pas la seule dans laquelle l’ancien chef d’Etat est cité ou mis en cause. Dix enquêtes le concernent, dont certaines ont débouché sur des non-lieux, sept étant toujours en cours.

  • Affaire du financement libyen de la campagne de 2007

NIVEAU D’IMPLICATION : PLACÉ EN GARDE À VUE

 

Nicolas Sarkozy est soupçonné d’avoir financé sa campagne présidentielle de 2007 grâce à des fonds venus de l’ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi. Son nom est cité par plusieurs témoins. Le site d’information Mediapart a révélé l’existence d’un carnet qui consignerait précisément trois de ces versements. Ce carnet aurait été tenu par l’ancien ministre du pétrole libyen Choukri Ghanem, retrouvé noyé à Vienne en avril 2012.

L’ancien chef de l’Etat a été placé en garde à vue et entendu par la police judiciaire financière, mardi 20 mars.

  • Affaire des comptes de la campagne de 2012

NIVEAU D’IMPLICATION : MIS EN EXAMEN

Le parquet de Paris a requis, le 5 septembre 2016, le renvoi en correctionnelle de Nicolas Sarkozy pour financement illégal de campagne électorale. Mis en examen, il est soupçonné d’avoir dépassé le plafond légal de dépenses lors de la campagne présidentielle de 2012.

La justice tente aussi de savoir si l’UMP et l’agence de communication Bygmalion ont établi de fausses factures au cours de la campagne présidentielle de 2012, pour masquer un dépassement de 18,5 millions d’euros du seuil maximal (fixé à 22,5 millions d’euros).

  • Affaire des écoutes, dite aussi « Azibert »

NIVEAU D’IMPLICATION : MIS EN EXAMEN

Placé en garde à vue, le 1er juillet 2014 — ainsi que son avocat, Me Thierry Herzog —, Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour « corruption active »« trafic d’influences actif » et « recel de violation du secret professionnel », grâce à l’écoute judiciaire d’une ligne qu’il avait souscrite au nom de « Paul Bismuth » alors qu’il était président de la République.

Il est suspecté d’avoir tenté d’obtenir d’un magistrat à la Cour de cassation, Gilbert Azibert, des informations le concernant couvertes par le secret. En échange, Nicolas Sarkozy aurait promis d’intervenir en faveur du magistrat pour qu’il obtienne un poste de prestige à Monaco. En octobre 2017, les juges ont demandé que le chef de l’Etat soit jugé au tribunal correctionnel.

  • Affaire Tapie

NIVEAU D’IMPLICATION : CONCERNÉ

L’arbitrage rendu en la faveur de l’homme d’affaires a été annulé par la justice : Bernard Tapie va devoir rembourser 404 millions d’euros qu’il avait reçus de l’Etat en 2008 comme dédommagement pour le préjudice qu’il aurait subi lors de la vente d’Adidas… en 1993.

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, qui était à l’époque ministre de l’économie de Nicolas Sarkozy, est soupçonnée d’être intervenue pour que cette affaire se règle au bénéfice de M. Tapie. Elle a été reconnue coupable de négligence par la Cour de justice de la République, mais elle n’a pas été condamnée.

L’enquête a mis en évidence de nombreux rendez-vous entre Nicolas Sarkozy et Bernard Tapie. Les enquêteurs n’excluent pas, même si personne n’a directement mis en cause l’ex-président de la République, que des consignes aient pu être données par les plus hautes autorités de l’Etat sur ce dossier.

  • Affaire de Karachi

NIVEAU D’IMPLICATION : TÉMOIN ASSISTÉ

A l’approche des élections de 1995, le gouvernement d’Edouard Balladur, dont Nicolas Sarkozy était ministre du budget, aurait accordé des commissions faramineuses lors de ventes d’armes au Pakistanet à l’Arabie saoudite. Une partie des sommes serait revenue par des intermédiaires pour financer la campagne présidentielle d’Edouard Balladur, dont Nicolas Sarkozy était porte-parole.

En février 2014, les juges chargés du volet financier de l’affaire ont estimé nécessaire l’audition de Nicolas Sarkozy comme témoin assisté.

  • Les hélicoptères du Kazakhstan

NIVEAU D’IMPLICATION : CONCERNÉ

La justice s’intéresse à un contrat de 2 milliards d’euros, passé entre le Kazakhstan et l’entreprise française Eurocopter pour une commande de quarante-cinq hélicoptères, qui aurait fait l’objet de rétrocommissions.

Les rétrocommissions consistent à gonfler la facture d’un contrat pour donner une commission plus importante à l’intermédiaire qui a permis la vente. Une partie de cet argent supplémentaire revient, en secret, personnellement au vendeur : c’est une forme de corruption.

Nicolas Sarkozy, en tant que chef de l’Etat, a participé à la négociation de ce contrat international. L’enquête est en cours pour déterminer s’il y a eu corruption et, si c’est le cas, s’il est impliqué.

  • Affaire des sondages de l’Elysée

NIVEAU D’IMPLICATION : CONCERNÉ

Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, l’Elysée est soupçonné d’avoir passé plusieurs marchés de manière irrégulière pour la fourniture de sondages contractés auprès des sociétés de deux conseillers du président, Patrick Buisson et Pierre Giacometti. Cela représente une somme de 9,4 millions d’euros.

L’affaire a connu de très nombreux rebondissements judiciaires. Jusque-là, les éléments de l’affaire n’ont pas impliqué Nicolas Sarkozy, protégé par l’immunité du président de la République, mais six de ses proches ont été mis en examen, ainsi que l’institut de sondages Ipsos.

  • Affaire Bettencourt

NIVEAU D’IMPLICATION : MIS EN EXAMEN, PUIS NON-LIEU

Après avoir été auditionné plusieurs fois, placé sous le statut de témoin assisté, puis mis en examen pour abus de faiblesse, trafic d’influence et recel, Nicolas Sarkozy a bénéficié d’un non-lieu, malgré son « comportement abusif ». Les enquêteurs n’ont pas réussi à réunir les preuves suffisantes que l’ancien président de la République aurait profité de l’état de faiblesse de la richissime Liliane Bettencourt, héritière du groupe L’Oréal.

  • Pénalités des comptes de campagne

NIVEAU D’IMPLICATION : PLACÉ SOUS LE STATUT DE TÉMOIN ASSISTÉ, PUIS NON-LIEU

L’enquête ouverte pour abus de confiance visait les pénalités pour le dépassement du plafond de dépenses de la campagne 2012 de Nicolas Sarkozy. Il aurait dû les payer lui-même, or, elles ont été réglées par l’UMP. Témoin assisté, c’est-à-dire entendu par le juge mais pas encore mis en examen, l’ancien président a bénéficié d’un non-lieu en septembre 2015, comme les autres protagonistes.

  • Voyages en jet

NIVEAU D’IMPLICATION : NON-LIEU

L’enquête sur les voyages en jet privé de Nicolas Sarkozy, datant de 2012 et de 2013 et facturés à la société Lov Group, de son ami Stéphane Courbit, s’est achevée en novembre, sans mise en examen. Les juges ont rendu une ordonnance de non-lieu.

 

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Ex-espion russe empoisonné: Moscou suggère une possible «mise en scène» de Londres

La Russie contre-attaque. Le ministère russe des Affaires étrangères a mis en doute ce mercredi les accusations de Londres qui la met en cause dansl’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal, suggérant que les autorités britanniques avaient pu le mettre en scène.

« Soit les autorités britanniques ne sont pas en mesure de fournir une protection contre ce type, disons-le ainsi, d’attaque terroriste, soit elles ont directement ou indirectement - je n’accuse personne de quoi que ce soit - mis en scène une attaque contre un citoyen russe », a expliqué le ministère des Affaires étrangères russes.

Des « incohérences » dans la version présentée par Londres

Face à un front commun occidental et visé par des sanctions britanniques, le ministère des Affaires étrangères avait invité tous les diplomates en poste à Moscou pour exposer sa position sur l’attaque ayant visé Sergueï Skripal et sa fille Ioulia le 4 mars à Salisbury, dans le sud de l’Angleterre.

 

Lors de cette réunion snobée par l’ambassadeur britannique, le haut diplomate russe Vladimir Ermakov a longuement dénoncé les « incohérences » de la version présentée par Londres, regrettant n’avoir « aucune clarté » sur la « principale question » préoccupant selon lui Moscou : « Qu’est-il arrivé à deux citoyens russes ».

« Tout cela a pu être mis en scène outre-Atlantique »

« Si l’on fantasme, on peut s’imaginer que tout cela a pu être mis en scène outre-Atlantique », aux Etats-Unis, a-t-il ajouté. « N’importe quelle substance toxique militaire aurait fait de multiples victimes sur le lieu de l’empoisonnement. Mais à Salisbury, ce n’était pas du tout le cas », a affirmé ce diplomate, responsable du département du ministère chargé de la non-prolifération et le contrôle des armements.

>> A lire aussi : Mais qui a empoisonné l'ex-agent double Sergueï Skripa?

L’empoisonnement de Sergueï Skripal a ravivé le climat de confrontation Est-Ouest, latent depuis l’annexion de la Crimée par Moscou en mars 2014, et a exacerbé les tensions entre Moscou et Londres dont les relations étaient déjà glaciales. Accusant la « Russie de Poutine » d’avoir ordonné cet empoisonnement, Londres a expulsé 23 diplomates russes du territoire britannique et annoncé le gel des relations bilatérales. La Russie, qui clame son innocence, a rétorqué en expulsant à son tour 23 diplomates britanniques et en mettant fin aux activités du British Council dans le pays.

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