États-Unis: les démocrates lancent une vaste enquête sur Donald Trump

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Une puissante commission parlementaire, dirigée par les démocrates, exige des documents de plus de 80 personnalités dans l'entourage du 45e président des États-Unis - dont deux de ses fils et son gendre Jared Kushner.

Une commission du Congrès des États-Unis a lancé lundi une offensive tous azimuts contre Donald Trump, demandant à pas moins de 81 personnes et institutions de lui fournir des documents dans le cadre d'une enquête sur de possibles obstructions à la justice et abus de pouvoir. Des membres de la famille du président américain, dont son fils, Eric Trump, et son gendre, Jared Kushner, font partie des personnes sollicitées par la puissante commission judiciaire de la Chambre des représentants, contrôlée par les Démocrates.

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Les élus ont aussi réclamé des documents à des membres actuels ou passés de l'administration Trump, comme l'ancien ministre de la Justice, Jeff Sessions, ainsi qu'à des responsables de la Maison blanche, du FBI, de la Trump Organization et même de WikiLeaks. Parmi les personnalités sollicitées: Allen Weisselberg, directeur financier de la Trump Organization, l'avocat personnel du président Jay Sekulow, d'anciens responsables de la Maison Blanche comme Steve Bannon, Sean Spicer et Hope Hicks, ainsi que le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange. La société Cambridge Analytica est également citée.

Des munitions pour un possible impeachment

Dans les lettres, la commission les exhorte à livrer des documents d'ici le 18 mars. S'ils s'y refusent, des assignations à comparaître pourront être émises contre eux. Un avocat de la commission judiciaire a déclaré à la presse que dans l'immédiat, l'objectif de l'enquête était d'amasser des éléments de preuve pour permettre d'orienter les investigations et de déterminer quels témoins seraient cités à comparaître ultérieurement. Les élus vont notamment chercher à déterminer si Trump s'est rendu coupable d'obstruction à la justice en écartant de leurs fonctions des responsables du département de la Justice, comme l'ancien chef du FBI James Comey, ou d'abus de pouvoir en promettant la grâce présidentielle à d'anciens proches poursuivis en justice ou en se livrant à une subornation de témoins.

«Nous avons constaté les dégâts causés à nos institutions démocratiques pendant les deux années où le Congrès a refusé d'exercer son autorité de contrôle», a déclaré le puissant président de la commission, Jerrold Nadler. «Le Congrès doit contrôler les abus de pouvoir.» Dimanche, «Jerry» Nadler, élu de la Chambre des représentants, avait expliqué que le 45e président des États-Unis s'était clairement rendu coupable à ses yeux d'obstruction à la justice à l'encontre de l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur une possible collusion avec la Russie. Ces nouvelles investigations, et la multitude de documents exigés, pourraient fournir des munitions aux démocrates s'ils lançaient une éventuelle procédure de destitution, ou «impeachement», contre Donald Trump.

«La route est encore longue»

Les démocrates ont repris la majorité à la Chambre en janvier, avec la promesse de lancer de nombreuses enquêtes parlementaires contre le président, après deux ans de majorité républicaine. Mais les chefs démocrates du Congrès apparaissent encore réticents à jouer la carte de l'impeachment qui semble difficile à concrétiser tant que les républicains contrôlent le Sénat -puisque c'est devant la chambre haute que serait alors jugé le président-, et qui pourrait s'avérer totalement contre-productive d'un point de vue électoral, puisqu'elle risque in fine de galvaniser la base du président. «La route est encore longue vers l'impeachment, a déclaré Jerrold Nadler, qui s'exprimait lors d'un entretien sur la chaîne ABC dimanche.

Par la voix de sa porte-parole, la Maison Blanche a vivement réagi aux demandes de la commission, qualifiant l'enquête de «honteuse», basée «sur des allégations fausses et rebattues sur lesquelles le procureur spécial et des commissions dans les deux chambres du Congrès ont déjà enquêté». Selon Sarah Sanders, les Démocrates sont «terrifiés par l'effondrement de leur faux récit sur deux ans d'une “collusion avec la Russie”». «Les Démocrates harcèlent le président pour détourner l'attention de leur programme radical, qui est de faire des États-Unis un pays socialiste, de tuer des bébés après leur naissance, et de promouvoir un “Green New Deal” qui détruirait l'emploi et mettrait l'Amérique en faillite.» Aux journalistes qui lui demandaient s'il entendait coopérer avec la commission, Donald Trump, qui a au passage qualifié cette nouvelle enquête de «bidon», a cependant promis de coopérer: «Je coopère tout le temps avec tout le monde.»

 

Enquête sur les échanges avec Poutine

Le président américain était déjà la cible d'enquête de cinq commissions du Congrès, en plus de celle du procureur spécial Robert Mueller sur les ingérences de la Russie dans la campagne présidentielle de 2016 et l'éventuelle collusion entre Moscou et son équipe de campagne. Trois puissantes commissions de la Chambre des représentants américaine, contrôlée par les Démocrates, ont en outre demandé lundi à la Maison Blanche de communiquer les détails des rencontres et des échanges entre Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine. En janvier dernier, leWashington Post avait affirmé qu'il n'existait aucun rapport détaillé des échanges que Donald Trump a eus avec Vladimir Poutine à cinq endroits différents au cours des deux dernières années. Des informations que le Congrès a «le devoir constitutionnel» de vérifier, ont dit lundi les trois commissions.

Le journal avait aussi assuré qu'après une entrevue avec Vladimir Poutine en 2017 à Hambourg, en Allemagne, le président américain se serait emparé des notes de son interprète en lui demandant de ne pas partager avec les autres membres de son administration la teneur de la discussion. «Ces accusations soulèvent de sérieuses inquiétudes sur la possibilité que des matériels se rapportant à des communications spécifiques aient été manipulés ou soustraits aux archives présidentielles en contradiction directes avec les lois fédérales», écrivent-dans une lettre adressée au chef de cabinet de la Maison Blanche, Mick Mulvaney, les présidents des commissions parlementaires du Renseignement, des Affaires étrangères et du Contrôle du gouvernement .

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