Youssoupha, rappeur plus que jamais engagé

Youssoupha, rappeur plus que jamais engagé Featured

Après trois années d’absence, le rappeur est de retour avec «Polaroid Expérience». Un quatrième album réussi, et, comme d’habitude avec Youssoupha, très écrit.

« Comment prétendre faire du rap sans prendre position ? » Ce mantra rappé en boucle par Youssoupha dans son titre « Menaces de mort » en 2011 est toujours autant d’actualité. Avec son nouvel album « Polaroid Expérience », l’artiste d’origine congolaise s’empare d’un siège convoité : celui du chef de file du rap « conscient » en France, comprenez du hip-hop à textes, engagé.

« Je suis à un charbon de chicha de devenir has-been, le temps m’a rattrapé, je suis déjà ringard, je ne peux pas rapper comme Niska ou me saper comme S Pri Noir », s’amuse l’artiste, âgé de 40 ans, dans son excellent morceau « Devenir vieux ». Une « ringardise » qui va ravir son public adepte des beaux textes. 

Avec ce quatrième projet solo, l’artiste qui a grandi à Cergy (Val-d’Oise) adresse une piqûre de rappel aux plus jeunes : il est l’un des meilleurs paroliers du hip-hop français. On l’aurait presque oublié, après trois longues années d’absence depuis son dernier album « NGRTD », disque d’or avec plus de 50 000 albums vendus.

«Mon rap n’est jamais mort»

S’il a disparu des écrans médiatiques, ce papa d’un petit Malick n’a pas chômé. Avec son frère d’armes, le producteur Lassana Diakité, ils sont à la tête d’un label indépendant florissant, Bomayé Music, qui a notamment produit les chanteurs Keblack et Naza, la star qui ambiance les vestiaires de l’équipe de France avec sa musique urbaine aux accents africains.

Côté vie privée, le rappeur s’est installé à l’année à Abidjan, la florissante capitale ivoirienne, il s’est engagé auprès d’Assa Traoré en organisant un concert pour l’aider dans sa lutte pour découvrir la vérité autour de la mort de son petit frère Adama Traoré… et s’est même investi dans un restaurant parisien de hot-dogs.

Autant d’expériences qui inspirent Youssoupha pour les chansons de ce petit bijou hip-hop, rappé dans un flow (NDLR : le débit auquel les mots sont débités) qui reste quasi inégalé. Dans son titre « Alleluia/1989 », cet intellectuel diplômé d’une maîtrise de médiation culturelle de la Sorbonne Nouvelle, rend hommage aux sons qui ont bercé son enfance et à la carrière de son papa, Tabu Ley Rochereau, un musicien et homme politique congolais. Et il le martèle : « Mon rap n’est jamais mort ». On confirme.

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