Gigi So

Gigi So

Félix Tshisekedi, chef du premier parti d'opposition l'UDPS, a donc été investi hier jeudi 24 janvier, cinquième président de la République démocratique du Congo. Un président qui va devoir composer avec un parlement et un Sénat dominé par le FCC, la coalition du pouvoir sortant Joseph Kabila et avec un Premier ministre issu de l'actuelle majorité. Dans ce contexte quels seront dans les faits, les pouvoirs du président ? Que prévoit la constitution congolaise ?

Parmi les pouvoirs que le président exerce seul, celui de diriger l'armée ; le droit de grâce aussi qui permet de réduire, commuer ou carrément effacer une peine de prison. Enfin le chef de l'Etat peut relever de ses fonctions son Premier ministre en cas de blocage

Pour le reste, rien ou presque ne se fait sans l'approbation du gouvernement. Que ce soit pour nommer ou révoquer d'ailleurs des officiers de l'armée, de la police, le chef d'état-major général, tous les postes au sein des forces de sécurité, les hauts fonctionnaires de l'administration, les responsables des établissements publics ou même les ambassadeurs... A chaque fois, selon la Constitution, le président devra avoir l'aval de son gouvernement.

Ce qui dans une configuration classique peut se révéler être une formalité peut aussi, en cas de cohabitation, devenir un véritable casse-tête. Dans ce contexte, Félix Tshisekedi aura t-il le pouvoir de réformer l'armée comme il s'y est engagé ? Alors qu'il ne dispose d'aucun soutien particulier au sein des services de sécurité et que les ministres pourront à chaque fois faire blocage ?

Même problème sur le volet économique où avoir la main pourrait s'annoncer difficile face à des ministres nommés là aussi sur proposition d'un premier ministre issu des rangs de la coalition du président sortant.


■ Une situation économique compliquée

Malgré d’énormes potentialités, l’économie du Congo-Kinshasa reste fragile. Elle dépend de l’exportation des matières premières, dont 40% vont en Chine. Une économie dont la santé est donc dictée par l’évolution des cours des minerais, notamment le cobalt, dont le pays est le premier producteur mondial, et le cuivre, dont il est le premier producteur africain.

Quant aux cultures d’exportation, leur part a fortement reculé. Celle du café par exemple, qui comptait beaucoup dans les années 80, est insignifiante aujourd’hui. Et c’est le cas aussi pour le coton, le cacao le thé ou encore l'hévéa. Le Congo-Kinshasa est loin d’être autosuffisant au niveau alimentaire. Le maïs consommé aujourd’hui dans les villes est en grande partie importé.

Le défi majeur de Félix Tshisekedi est d'enclencher une dynamique vertueuse dans la gestion des recettes et d'en augmenter, pour qu'elles profitent au plus grand nombre. Le nouveau président congolais hérite en effet de l’un des cinq pays les plus peuplés du continent - 89 millions d’habitants aujourd’hui, selon les estimations de la Banque mondiale -, mais aussi l’un des plus démunis de la planète, malgré une diminution du taux de pauvreté ces 20 dernières années.

Par RFI

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Le « Senegambia Bridge » a été inauguré par les présidents sénégalais et gambien. Macky Sall et Adama Barrow ont été les premiers à emprunter cet ouvrage qui va très largement fluidifier les transports entre les deux pays et favoriser le désenclavement de la Casamance, dans le sud du Sénégal.

On ne compte plus le nombre de rubans découpés par Macky Sall ces dernières semaines. Mais s’il fallait n’en retenir qu’un parmi les musées, tronçons de routes et infrastructures portuaires récemment inaugurés par le président Sénégalais, il s’agirait sûrement du « Senegambia Bridge », ou pont de Farafenni, inauguré ce lundi 21 janvier en compagnie du chef de l’État gambien Adama Barrow. Autour de 16 h 30 (heure de Dakar), les deux présidents ont officiellement déclaré l’ouverture de l’édifice sénégambien, avant d’entamer quelques pas symboliques sur l’asphalte du pont.

Neuf cent quarante-trois mètres de bitume qui s’élancent d’une rive à l’autre du fleuve Gambie -1 758 m de structure, au total-, reliant les villes gambiennes de Farafenni et de Soma. Censé favoriser le transport et les échanges commerciaux entre les deux pays, le géant de béton a été baptisé par les présidents sénégalais et gambiens.

Tout au long de la journée, représentants politiques, chefs d’entreprises et représentants de bailleurs se sont succédé pour saluer la réalisation de l’ouvrage et la collaboration entre les deux pays. Parmi les nombreuses personnalités présentes, le Premier ministre sénégalais, Mahammed Boun Abdallah Dionne, qui avait lancé les travaux de l’ouvrage, et la vice-présidente gambienne Fatoumata Tambajan. Le maire de Zinguinchor, en Casamance, Abdoulaye Baldé, ou encore les ministres des transports gambien, Bay Lamine Diop, et sénégalais, Abdoulaye Daouda Diallo. Quelques célébrités avaient également été conviées, à l’instar d’Aliou Cissé, sélectionneur de l’équipe nationale de football sénégalaise et du chanteur Youssou Ndour.

40 ans d’attente et 39 milliards de F CFA

Toutes les grandes œuvres habitent d’abord les lieux du rêve. Ce pont est l’une de ces œuvres

Une cérémonie en grandes pompes. Il faut dire que l’édifice était attendu depuis longtemps. « Toutes les grandes œuvres habitent d’abord les lieux du rêve. Ce pont est l’une de ces œuvres », a lancé un Macky Sall lyrique lors de son discours inaugural.

Le projet a d’abord été envisagé dans les années 1970 et a avancé au gré des soubresauts diplomatiques entre le Sénégal et la Gambie. Jusqu’au 20 février 2015, date de la pose de la première pierre, confié au groupement d’entreprises hispano-sénégalais Corsan/Arezki.

39 milliards de F CFA de la Banque africaine de développement (BAD) et quelque cinq années plus tard, les premiers véhicules devraient emprunter dès ce mardi 22 janvier le monumental ouvrage de béton, qui a mis à l’oeuvre 934 travailleurs.

Ziguinchor à huit heures de Dakar

L’un des futurs usagers, présent à l’inauguration, brandissait une pancarte enthousiaste : « Casa sans escale, merci prési »

Ce nouveau couloir transgambien répond aux doléances des Gambiens et Sénégalais de la région, tant il est censé fluidifier la circulation des hommes et des biens, en réduisant la durée du trajet. « En ce jour historique, le pont met fin à des centaines d’années de difficultés de circulation pour le Sénégalais et Gambiens », a même salué Adama Barrow.

Jusque-là, deux options permettaient de rejoindre l’autre rive du fleuve Gambie. La route, en contournant la Gambie et en passant par Tambacounda, soit une douzaine d’heures pour relier Dakar à Ziguinchor en Casamance.

Ou les vieux bacs motorisés gambiens qui assurent poussivement la traversée. Vétustes et surchargés, ils posent de sérieux problèmes de sécurité et l’attente pour y parvenir est un calvaire pour les usagers, habitués à attendre plusieurs heures avant de pouvoir embarquer.

Or, ce nouvel ouvrage devrait placer Ziguinchor à huit heures environ de Dakar, de quoi changer le quotidien de nombreux usagers. L’un d’entre eux, présent à l’inauguration, brandissait ainsi une pancarte enthousiaste sur laquelle on pouvait lire : « Casa sans escale, merci prési ».

En plus de tracer une ligne directe entre les deux rives, le « Senegambia Bridge » devrait réduire de 50% le coût de la traversée et faciliter les échanges commerciaux entre les deux pays. « Le Senegambia Bridge permettra de générer des revenus et de limiter les pertes économiques pour les voyageurs et les États », a assuré le président gambien.

Le trajet Dakar-Ziguinchor entièrement par la route via le pont de Farafenni :

Or, ce nouvel ouvrage devrait placer Ziguinchor à huit heures environ de Dakar, de quoi changer le quotidien de nombreux usagers. L’un d’entre eux, présent à l’inauguration, brandissait ainsi une pancarte enthousiaste sur laquelle on pouvait lire : « Casa sans escale, merci prési ».

En plus de tracer une ligne directe entre les deux rives, le « Senegambia Bridge » devrait réduire de 50% le coût de la traversée et faciliter les échanges commerciaux entre les deux pays. « Le Senegambia Bridge permettra de générer des revenus et de limiter les pertes économiques pour les voyageurs et les États », a assuré le président gambien.

Le trajet Dakar-Ziguinchor entièrement par la route via le pont de Farafenni :

Par Jeune Afrique

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Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a nommé mardi 22 janvier un ambassadeur chinois, Huang Xia, comme son nouvel émissaire pour la région des Grands Lacs, dans l’est de l’Afrique. Une première pour Pékin qui illustre son rôle croissant au sein des Nations unies. C’est « le premier envoyé spécial chinois », s’est félicitée auprès de l’AFP une source diplomatique chinoise, l’ONU indiquant ne pas avoir connaissance de précédent depuis une vingtaine d’années.

Très impliquée diplomatiquement et économiquement en Afrique, la Chine est devenue récemment le deuxième contributeur financier à l’ONU après les Etats-Unis, une place occupée jusqu’alors par le Japon. La part chinoise atteint aujourd’hui 12 % du budget de fonctionnement de l’ONU et 15 % de celui des opérations de paix.

Membre permanent du Conseil de sécurité doté d’un droit de veto, Pékin est aussi un grand fournisseur de troupes à ces missions de paix onusiennes, avec plus de 2 500 casques bleus chinois déployés notamment au Mali, en République démocratique du Congo (RDC), au Soudan du Sud ou au Liban.

Trente ans d’expérience diplomatique

La région des Grands Lacs, que l’ONU essaie de stabiliser depuis plusieurs années via une action transversale en sus d’interventions bilatérales, inclut des pays comme le Burundi, l’Ouganda, la RDC et le Rwanda. Le nouvel envoyé spécial d’Antonio Guterres pour cette région succédera à l’Algérien Said Djinnit, qui a achevé plus de quatre ans de mission. Le bureau de l’émissaire pour les Grands Lacs est situé à Nairobi

M. Xia dispose de plus de trente ans d’expérience diplomatique dans le monde, notamment en Afrique où il a exercé plusieurs hautes fonctions, a souligné l’ONU dans un communiqué. Au cours de sa carrière, ce diplomate a notamment été ambassadeur de Chine au Niger (2009-2012), au Sénégal (2012-2015) et en RDC (2015-2018). Auparavant, il avait aussi travaillé dans les ambassades chinoises au Gabon et en France. Né en 1962, M. Xia est marié et a un fils.

Par le monde

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Le sujet est sensible, tant l’émotion est vive. Mais beaucoup se posent déjà la question. Alors que les recherches se poursuivent pour retrouver l’avion emprunté par le footballeur italo-argentin Emiliano Sala, quelles pourraient être les responsabilités engagées ? Et quid des éventuelles indemnisations d’assurances ? Rappelons que l’ex-buteur nantais venait tout juste d’être transféré à Cardiff City pour un montant de 17 millions d’euros (un record pour les deux clubs). Le point.

Comment les clubs de football sont-ils assurés ?

En général, les clubs souscrivent deux grands types d’assurances. Ils sont assurés d’une part en responsabilité, en vue de se couvrir contre des dommages corporels causés à un ou plusieurs joueurs et imputables à l’employeur. En outre, ils peuvent souscrire une assurance «homme clé» sur tout ou partie de l’effectif, qui protège le club contre le préjudice causé par l’impossibilité pour un footballeur de jouer, soit du fait d’une blessure, d’un accident ou encore d’une disparition. Cette assurance est calculée à la fois sur la base du prix d’achat des joueurs et de leur valeur estimée.

Quelles sont les conséquences pour le FC Nantes et Cardiff City ?

La spécificité de ce dossier réside dans le fait qu’Emiliano Sala vient d’être transféré du FC Nantes à Cardiff, club avec lequel il a signé samedi un contrat estimé par la presse à 17 millions d’euros. Mais ce transfert a tourné au drame : l’attaquant italo-argentin a disparu, lundi soir, au-dessus de la Manche, à bord d’un avion de tourisme parti de Nantes. Compte tenu de la situation, ce contrat de transfert peut-il être considéré comme valide et Cardiff devra-t-il payer pour ce transfert ?

« Le contrat de transfert est valable dès lors qu’il est déclaré à la FIFA. Si c’est le cas, en principe, Cardiff doit payer les 17 millions à Nantes quand bien même le joueur a disparu », explique Alexandra Cohen Jonathan, avocate et associée au sein du cabinet August Debouzy. Or « le contrat avait été signé samedi à 17h et homologué lundi », a déclaré une source proche du FC Nantes.

Quelles assurances vont pouvoir s’appliquer ?

En ce qui concerne le volet de la garantie « homme clé », « Nantes avait très certainement souscrit un contrat de ce type, mais ce contrat continue-t-il à s’appliquer alors qu’il y a déjà eu transfert ? Est-ce que Cardiff avait déjà veillé à souscrire cette assurance ? Et celle-ci avait-elle déjà commencé à produire ses effets ? », s’interroge Cohen Jonathan. Reste le cas de l’assurance en responsabilité. « Cette assurance responsabilité pourrait jouer, si l’un des deux clubs était l’organisateur du transport en avion. (…) », ajoute Cohen Jonathan. Sauf que le président de Cardiff, Mehmet Dalman, a affirmé mercredi que le club avait proposé à l’attaquant italo-argentin Emiliano Sala de s’occuper du trajet entre Nantes et Cardiff, lors duquel il a disparu, mais que l’attaquant avait préféré prendre «ses propres dispositions».

Qui peut être jugé responsable ?

« Dans tous les cas, quelqu’un devra payer les 17 millions d’euros », souligne Cohen Jonathan. Toute la question va donc être de déterminer qui le fera entre le club gallois, un assureur ou le transporteur, si sa responsabilité est établie. Dans le cas du transport aérien, « il y a une convention en matière d'accidents d'avions, qui prévoit une indemnisation automatique par le transporteur aérien. Sauf qu’elle est plafonnée aux alentours de 100.000 euros », détaille Cohen Jonathan. « Mais ce droit automatique à indemnisation tombe si on démontre une faute du transporteur aérien. Dans ce cas, le droit à indemnisation est complet et intégral, c’est-à-dire que si le préjudice est de 17 millions, on a le droit à l’intégralité de la réparation », poursuit l’avocate.

Autrement dit, pour faire jouer la responsabilité du transporteur aérien, les différentes parties devront apporter la preuve d’une faute. Or il se trouve que le footballeur avait envoyé un message vocal à des proches dans lequel il s’inquiétait de l’état de l’avion. Le contenu de ce message « va nécessairement amener à aller fouiller sur le carnet d’entretien du véhicule » pour tenter d’établir une éventuelle faute et engager la responsabilité du transporteur aérien ou d’un équipementier en cas de défaillance d’un composant, selon l’avocate.

 

Source : 20 Minutes avec AFP

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Félix Tshisekedi doit être officiellement investi président de la République démocratique du Congo, ce jeudi 24 janvier. La cérémonie d'investiture doit démarrer vers midi au Palais de la Nation, en présence de plusieurs chefs d'Etat africains.

La République démocratique du Congo s'apprête à vivre ce jeudi sa première transmission de pouvoir pacifique avec l'investiture de Félix Tshisekedi qui succède à Joseph Kabila. La cérémonie doit débuter à 12h30 (heure locale).

Sur les 17 chefs d'Etat invités, presque tous sont des Africains : Tanzanie, Centrafrique, Angola, Burundi et Soudan du Sud pour les pays voisins ; l'Egypte qui prend bientôt la tête de l'Union africaine ; plusieurs pays d'Afrique Australe : Kenya, Namibie, Zimbabwe, Malawi, Afrique du Sud ; auxquels s'ajoutent l'Ethiopie, le Soudan, la Sierra Leone, Haïti, le Maroc et la Côte d'Ivoire.

Tri

« Nous avions opté pour une cérémonie sobre », explique Barnabé Kikaya, conseiller diplomatique de Joseph Kabila, qui tient à préciser que ces pays invités ont eux-mêmes demandé à venir et assure qu'un « tri » a été opéré. Un choix « inhabituel pour une investiture », dont le but est généralement d'auréoler le nouveau président du soutien « le plus large possible », note toutefois une source diplomatique, pour qui 17 chefs d'Etat invités « c'est peu » pour une alternance que l'on dit « historique ». 

La Zambie n'a par exemple pas été invitée, explique une source au protocole d'Etat. Le communiqué du président Edgar Lungu demandant un recomptage des voix de la présidentielle n'a visiblement pas été apprécié. Autre absence notable : l'Ouganda et surtout le Rwanda, dont le président Paul Kagame a initié l'appel de l'Union africaine qui évoquait « des doutes sérieux » sur les résulats de l'élection. Autre voisin, le Congo-Brazzaville fait savoir qu'il devrait être représenté par son ministre des Affaires étrangères.

Les Etats-Unis et les pays de l'Union européenne devraient quant à eux être représentés par leurs ambassadeurs en RDC.

C'est le protocole du président sortant qui a géré les invitations. Quant à Félix Tshisekedi, « il n'a pas eu son mot à dire », assurent plusieurs sources et dans son entourage on le déplore. « C'est comme s'ils avaient peur que la fête soit trop belle », s'inquiète un proche du nouveau président. Quant un observateur voit dans ce protocole le signal que le pouvoir régalien « restera aux mains de Joseph Kabila ».

Passation de pouvoir « civilisée »

L'événement est en tout cas inédit : c'est la première fois, depuis l'indépendance du pays, qu'un chef de l'Etat sortant passe le pouvoir à un chef de l'Etat entrant.

A l'indépendance en 1960, le pouvoir est partagé entre le président Joseph Kasa-Vubu et son Premier ministre Patrice Lumumba. Les rivalités entre les deux hommes plongent rapidement le pays dans le chaos. Un an plus tard, en 1961, Patrice Lumumba est assassiné. Le colonel Joseph Désiré Mobutu joue un rôle clé dans cet assassinat. Devenu général en 1965, Mobutu fait un coup d'Etat et impose ses règles jusqu'à renommer le pays « République du Zaire ».

Un peu plus tard, Mobutu est à son tour renversé par un certain Laurent-Désiré Kabila, le père du président sortant Joseph Kabila. Nous sommes en 1997, le pays vient de connaitre la Première guerre du Congo et est finalement rebaptisé RDC.

Laurent Désiré Kabila sera assassiné en 2001 par l'un de ses gardes du corps. Dix jours plus tard, son fils prend sa succession. Joseph Kabila est alors âgé de 29 ans. Il organise cinq ans plus tard, en 2006, les premières élections libres du pays depuis l'indépendance. Un scrutin qu'il remporte. Cinq ans plus tard, Joseph Kabila est à nouveau élu, lors d'un scrutin présidentiel entaché de violences et de fraudes.

Si la victoire de Félix Tshisekedi reste contestée, cette passation de pouvoir marque un tournant majeur dans l'histoire politique du pays. La première passation de pouvoir « civilisée », selon les mots du président sortant. 

Par RFI

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L’ancien président, Laurent Gbagbo, a été acquitté le 15 janvier de l’accusation de « crimes contre l’humanité ». Pour les juges de la Cour pénale internationale (CPI), rien, dans les preuves déposées depuis janvier 2016 par le procureur – qui a fait appel – ne prouve que le perdant de facto de la présidentielle de 2010 avait planifié « une politique ayant pour but d’attaquer une population civile ». Pour Sergeï Vasiliev, assistant professeur à l’université d’Amsterdam, si « l’acquittement fait partie intégrante d’une bonne administration de la justice pénale, des questions difficiles sur l’efficacité des stratégies d’enquête et de poursuites devraient être posées ».

Les acquittements de Laurent Gbagbo et de son ancien ministre, Charles Blé Goudé, interviennent en effet après plusieurs échecs répétés du procureur : acquittement pour l’ex-vice-président de la République démocratique du Congo (RDC) Jean-Pierre Bemba, non-lieux en faveur du président Uhuru Kenyatta et de plusieurs responsables kényans, auxquels s’ajoutent les dossiers de seconds couteaux refermés eux aussi sans condamnations. Et, chaque fois, le même diagnostic : la médiocrité des enquêtes et des stratégies de poursuite.

« Justice de vainqueurs »

Dans l’affaire Gbagbo, les juges ont alerté l’accusation dès 2013. De l’avis de spécialistes, n’importe quel procureur aurait soit retiré les charges, soit revu le dossier de fond en comble. Pas Fatou Bensouda. Présente à l’ouverture de l’affaire Gbagbo en 2016, la procureure générale a laissé son substitut essuyer seul, le 15 janvier, l’échec attendu. Depuis son entrée en fonction en 2012, la magistrate gambienne a réformé son bureau et sa stratégie pénale, mais a semble-t-il mal identifié les erreurs de fond de son prédécesseur, Luis Moreno Ocampo. Et, comme à chaque fois, les échecs de l’accusation se transforment en fardeau collectif, décourageant juristes et fonctionnaires de la Cour.

Depuis la sanglante crise post-électorale de 2010-2011 et le transfèrement à La Haye de Laurent Gbagbo, le président ivoirien Alassane Ouattara règne sur un pays unifié dans ses frontières mais pas dans les cœurs. Entre décembre 2010 et avril 2011, le face-à-face sanglant entre les deux hommes – Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo – avait soldé huit années de crise politique dans un bain de sang : 3 000 morts selon l’ONU. L’acquittement de « crimes contre l’humanité » prononcé à l’encontre de Laurent Gbagbo n’enlève rien à sa responsabilité politique et morale sur une crise ouverte depuis septembre 2002. Il aura d’ailleurs payé de huit années de détention préventive son échec à unifier le pays et sa réponse répressive.

Mais les crimes du camp d’en face, de la rébellion et ses chefs, n’ont, à ce jour, fait l’objet d’aucun mandat d’arrêt de la CPI. « Pendant cinq ans, il n’y a eu aucune enquête réelle » du côté des troupes d’Alassane Ouattara, explique une source au bureau du procureur, « celle-ci n’a vraiment commencé qu’il y a deux ans ». Les investigations avancent sans grands moyens tandis que la coopération de la Côte d’Ivoire est fragile. La réconciliation réclamée au président ivoirien par la « communauté internationale » a ainsi été limitée par la CPI, qui a, dès le départ, posé les actes d’une « justice de vainqueurs ».

Un biais assumé très tôt par l’ancien procureur Luis Moreno Ocampo, dont Fatou Bensouda était alors l’adjointe. Dès décembre 2010, Paris instrumentalisait la cour, par l’intermédiaire de la conseillère juridique de la représentation française à l’ONU, Béatrice Le Fraper. Ancienne directrice de cabinet de ce procureur, elle pouvait activer ses contacts au sein de la division de la coopération, un organe du bureau du procureur « qui se donne des allures de ministère des affaires étrangères », regrette-t-on. Par ce biais, la France parvenait à pousser, dès décembre 2010, le dossier Gbagbo jusqu’à l’émission d’un mandat d’arrêt en novembre 2011.

« Puissance symbolique »

Le problème dépasse l’affaire ivoirienne. Pour Chris Mahony, directeur du département des droits humains à l’université d’Auckland, les échecs du procureur sont « principalement dus au fait que les affaires sont activées par des gouvernements qui ne sont évidemment pas objectifs ». En coopérant ou, au contraire, en refusant de le faire, les Etats tentent d’orienter les enquêtes vers telle ou telle cible. Une ficelle connue depuis les procès de Nuremberg, à la fin de la seconde guerre mondiale. Ces interférences ne sont pas, loin s’en faut, réservées à la France ou aux grandes puissances. Mais la cour ne parvient pas à les maîtriser, par aveuglement parfois, par incompétence, ou parce qu’elle pense que son mandat dépasse le seul impératif de justice, celui de la paix ou de la stabilité. « Si les enquêtes sont entreprises par les tribunaux, et pas par les gouvernements, les affaires seront sélectionnées sur la base de preuves, et non par opportunisme », analyse Chris Mahony.

En attendant, l’échec du procès Gbagbo a accru les questionnements existentiels à La Haye. Un juriste voit son avenir limité à « quelques procès sporadiques ne visant que des responsables de second rang ». D’autres rêveraient de « faire table rase, de tout reprendre à zéro ». Mais « l’atmosphère ne s’y prête guère, avec Trump, Poutine et la flambée nationaliste en Europe ».

Ses dirigeants successifs, présidents et procureurs, n’ont jamais rien remis en cause. Ils accusent à demi-mot les 123 Etats membres de la juridiction établie par traité en 1998. Ils leur demandent plus de coopération et plus de moyens. Mais, en avril 2018, le président et cinq autres juges ont attaqué la cour elle-même devant l’Organisation internationale du travail à Genève ! Ces magistrats, payés 15 000 euros nets d’impôts, demandent une augmentation. Ils n’ont pourtant plus grand monde à juger. Un chef de guerre congolais et un ancien enfant-soldat ougandais attendent un verdict à venir. Un djihadiste malien et deux Centrafricains préparent, eux, leur procès.

Faut-il pour autant fermer la CPI ? Depuis ses débuts en 2002, la Cour n’a distribué aucune réparation aux victimes de crimes perpétrés par les trois seuls condamnés de la cour en seize ans d’exercice (trois miliciens, congolais et malien, coupables respectivement de l’enrôlement d’une centaine d’enfants-soldats, d’une trentaine de morts et de la destruction des mausolées de Tombouctou).

« La crédibilité de la cour est largement entamée, reconnaît un juriste, mais on craint encore sa puissance symbolique. » En octobre 2018, le procureur général d’Israël conseillait au premier ministre Benjamin Nétanyahou de ne pas raser le village bédouin de Khan Al-Ahmar, proche de Jérusalem, sans tenter de négocier au préalable une solution pacifique, car l’Etat de Palestine, membre de la CPI, avait déposé en juin de la même année une demande d’enquête sur la colonisation israélienne, toujours à l’étude. La cour est crainte aussi par les Etats-Unis, qui, en septembre, menaçaient ses juges, saisis depuis plus d’un an d’une demande d’enquête sur les crimes commis en Afghanistan, notamment par les forces américaines.

Par le monde

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Il aura fallu bien du temps à l’Union européenne (UE) pour réagir officiellement à la confirmation des résultats des élections en République démocratique du Congo (RDC), qui ont vu l’accession à la présidence de Félix Tshisekedi. Un résultat vivement contesté par son principal rival, Martin Fayulu, qui a appelé les dirigeants étrangers à ne pas reconnaître cette victoire. Mardi 22 janvier, à l’issue d’une réunion des ministres des affaires étrangères de l’UE et de leurs homologues de l’Union africaine (UA), la haute représentante Federica Mogherini a enfin livré un commentaire au nom des Vingt-Huit.

Plus question des « doutes sérieux » quant à la victoire du futur président Tshisekedi sur son opposant. Cela, c’était le verbatim la semaine dernière, avant la confirmation des résultats par la Cour constitutionnelle, à Kinshasa, dimanche 20 janvier. Si la France avait, très vite et très fort, mis en cause les résultats du scrutin et si la Belgique l’avait fait aussi, mais plus sobrement, l’UE s’en tiendra, elle, à une ligne modérée. Qui ne rappelle même plus – ou alors avec seulement des sous-entendus – le grand scepticisme qui régnait au lendemain du scrutin.

Mardi, Mme Mogherini a salué la tenue d’élections qui sont, dit-elle, « une avancée majeure » avec laquelle le peuple congolais a pu exprimer sa « volonté de changement ». Les Européens ont, par ailleurs, « pris note » de la décision de la Cour constitutionnelle. Difficile, sans doute, de contester celle-ci sans s’exposer à des accusations d’ingérence, même si des informations parvenues à Bruxelles jettent un trouble évident sur le déroulement du scrutin. En clair, les interrogations subsisteront mais, faute d’éléments objectifs et de preuves irréfutables, impossible de ne pas reconnaître la légitimité de M. Tshisekedi.

Approche prudente et appel au calme

Après la concertation que Mme Mogherini tenait à organiser avec les ministres de l’Union africaine – laquelle a renoncé à envoyer une mission à Kinshasa, comme cela avait été évoqué la semaine dernière – les Européens ont donc choisi l’approche prudente et l’appel au calme. Ils invitent le nouveau président à prendre en compte « les défis majeurs » auxquels son pays est confronté : la situation politique, sociale, économique, ainsi que les questions de gouvernance. M. Tshisekedi est aussi convié à rassembler ses concitoyens et à dialoguer avec les autres pays africains, ses voisins notamment.

L’UE, insiste Mme Mogherini, veut rester un partenaire important, surtout soucieuse du sort de la population. Elle lui apporte, entre autres, une importante aide humanitaire et participe à la formation des forces armées et de la police. « Avoir un ambassadeur sur place nous aiderait », glisse en conclusion Mme Mogherini. Une allusion au fait que le chef de la délégation européenne à Kinshasa, le diplomate belge Bart Ouvry, avait été sommé, à la fin décembre, de quitter Kinshasa. Une réponse à la décision de l’UE de prolonger des sanctions visant quatorze personnalités congolaises, dont le candidat du pouvoir à la présidentielle, Emmanuel Ramazani Shadary.

Celui-ci a vu ses avoirs et son visa gelés pour « de sérieuses violations des droits de l’homme » lors de la répression qui a suivi des manifestations contre le président Joseph Kabila, entre la fin de 2016 et le début de 2018. « Rien ne saurait justifier cet acte arbitraire » avait déclaré, à l’époque Mme Mogherini. Qui n’a pas répondu, mardi, à une question embarrassante : l’UE assistera-t-elle, oui ou non, à la cérémonie d’investiture du nouveau président ?

Par le monde

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Alors que les tensions se sont focalisées ces derniers temps sur les régions du centre du Mali, du Liptako Gourma, et au-delà au Burkina Faso, l'attentat de dimanche à Aguelhok est venu rappeler que les groupes armés terroristes y sont toujours actifs, en dépit des coups qui leur sont régulièrement portés par la force Barkhane. L'attaque du camp de la Minusma dans cette localité située entre Kidal et Tessalit, souligne aussi le bon niveau de préparation de certaines cellules terroristes, en mesure de varier leur mode d'action pour conduire des attaques coordonnées meurtrières.

Ce n'est pas la première fois que le contingent tchadien est visé dans le nord du Mali. Régulièrement, lors de déplacements, les éléments de la Minusma sont confrontés à la menace des mines et des engins artisanaux. En juin 2014, ce même camp avait essuyé une attaque dite « complexe » avec l'utilisation d'un véhicule piégé (VBIED), un véhicule-suicide qui avait tenté de forcer l'entrée du camp. Par la suite, le contingent a fait aussi l'objet de tirs indirects, tirs de roquettes ou de mortiers, à la précision « variable ».

Ce dimanche, on a semble-t-il assisté à une tentative visant à submerger les défenses de la base. Les terroristes ont attaqué à bord de pick-up et de motos, ils ont frappé avant de se retirer dans différentes directions. « Ça rassemble à la technique du rezzou », note un militaire français. Un mode d'action qui s'apparente aussi à la technique « Hit-and-run » (frapper et courir), employée avec un certain succès par l'Organisation de l'Etat islamique (ISIS) au Moyen-Orient surtout au début du conflit syrien. Comme le souligne l’ONU, les soldats de la Minusma ont réussi à tenir et ont répliqué de manière « robuste », selon le terme de leur communiqué. Selon RFI, trois assaillants ont été tués et un capturé. Si le bilan est lourd côté tchadien, le camp d'Aguelhok n'est pas tombé.

Les terroristes changent-ils de tactique ?

Le 14 avril 2018, à Tombouctou, les groupes armés avaient tenté de « passer en force ». Après une tentative de diversion et des tirs de mortiers, trois véhicules bourrés d'explosifs, et soigneusement maquillés aux couleurs de l'ONU et des Fama (Forces armées maliennes) avaient été employés ainsi que plusieurs kamikazes.

La tactique était d'utiliser des moyens lourds (plusieurs centaines de kilos d'explosifs) pour effectuer une brèche dans les fortifications du camp afin d’y laisser pénétrer des kamikazes. Les combats et la fouille qui s'en est suivi avaient duré de longues heures. « L'attaque de Tombouctou aussi spectaculaire soit-elle, »peut être considérée comme un échec », note-t-on à Paris.

Si l'entrée de la base avait été dévastée par l'explosion d'un véhicule-suicide, l'arrivée rapide de renforts avait permis de stopper l'avancée des jihadistes. Même si le nombre exact de terroristes impliqués dans cette action n’a pas été établi précisément, une quinzaine d’assaillants avaient été tués, ce qui représente déjà un groupe important. Dans les rangs des forces internationales, sept soldats français (dont le camp jouxte la base de l'ONU) avaient été blessés et un casque bleu burkinabé tué.

En revanche, « l'attaque complexe » que vient de connaître l'ONU à Aguelhok a été très meurtrière : 10 morts et au moins 25 blessés dans les rangs des casques bleus. Les terroristes ont su tirer profit de leur mobilité, ce qui veut dire que la katiba impliquée alignait des éléments certainement mieux formés et plus disciplinés et pas seulement des candidats au suicide. L'absence de Barkhane à proximité immédiate leur a peut-être facilité la tâche, mais la Minusma a toutefois fait décoller ses hélicoptères arrivés en renforts.

Dans un premier temps revendiquée par al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), via l'agence de presse mauritanienne al-Akhbar citée par l'AFP, l'attaque serait, selon une source sécurité régionale, attribuable à Ansar Dine, qui fait partie du groupe GSIM, à la tête duquel se trouve un certain Iyad Ag Ghaly.

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L'Union africaine a annulé sa mission prévue ce lundi 21 janvier en République démocratique du Congo, après la proclamation par la Cour constitutionnelle congolaise de la victoire de l'opposant Félix Tshisekedi à la présidentielle du 30 décembre. Comment expliquer ce volte-face ? Entretien avec Thomas Borrel, porte-parole de l'Association Survie, qui milite contre la Françafrique.

Le jeudi 17 janvier, les chefs d'Etat et de gouvernement réunis à Addis-Abeba avaient convenu d'envoyer à Kinshasa une délégation de haut niveau. La délégation devait être conduite par le président en exercice de l'UA, le Rwandais Paul Kagame, et le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat.  Le but : dialoguer avec toutes les parties prenantes congolaises pour trouver un consensus de sortie de crise. Cette mission était annoncée pour ce lundi 21 janvier, mais a finalement été annulée.

TV5MONDE : Jeudi dernier, l'Union africaine avait demandé la "suspension" de la proclamation des résultats électoraux définitifs en RDC, en raison de "doutes sérieux", ainsi que l'envoi d'une délégation de haut niveau à Kinshasa. Mais aujourd'hui, elle renonce finalement à cette mission. Pourquoi, selon vous que s'est-il passé ?

Thomas Borrel : Suite à la promulgation des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle, cette mission de l'Union africaine ne se justifiait plus vraiment : elle ne peut plus faire de médiation puisque le régime, auquel semble inféodée cette cour, est passé en force. La question est plutôt de savoir pourquoi la Cour constitutionnelle a promulgué ces résultats juste avant l'arrivée de la mission : cet empressement montre le besoin de couper l'herbe sous le pied de l'Union africaine. Depuis le scrutin, tout a été fait pour systématiquement neutraliser les possibilités de recours ou de médiation. Le régime Kabila le confirme y compris vis à vis de cette organisation intergouvernementale. 

L'Union africaine a-t-elle encore du poids aujourd'hui ou plus du tout ?

Ce n'est pas à l'association Survie et à des Français de juger du poids passé et présent de l'Union africaine. Mais il est encourageant de voir que, pour la première fois à ma connaissance, cette organisation a pris une position qui allait clairement dans le sens du choix du peuple, et non du régime. Cela peut certes s'expliquer par l'influence de certains chefs d'Etat défavorables à Kabila, mais c'est un précédent qui s'explique aussi par la formidable mobilisation des Congolais. Il faut maintenant espérer que ce précédent se renouvelle, car par le passé l'Union africaine a plutôt avalisé des élections truquées (au Togo, au Cameroun, au Gabon, etc.)

Comment expliquer ce changement d'attitude du président en exercice de l'UA.  Est-ce un revers pour Paul Kagame ?

C'est un revers pour l'ensemble des dirigeants qui avaient pris cette décision forte, mais c'est surtout un revers pour le peuple congolais et pour la démocratie en général. Cela risque de miner la crédibilité de l'Union africaine si elle se range finalement derrière les résultats officiels, après avoir donné de l'espoir aux Congolais et à tous les démocrates du continent en condamnant enfin une mascarade électorale.

L'enjeu pour nous sera surtout, dans les semaines à venir, l'attitude de la diplomatie française. Pour préserver notamment les intérêts pétroliers du groupe Total au niveau du Lac Albert, la France a longtemps retardé ou bloqué les sanctions européennes contre les dirigeants du régime Kabila. Jean-Yves Le Drian a par contre, et de façon étonnamment prématurée, fait part de ses doutes sur les résultats officiels de la présidentielle. Maintenant que ce régime passe en force, il va falloir être attentif à l'attitude de la France dans les autres instances internationales, qui vont être amenées à se prononcer sur la situation en RDC. 
 Par TV5

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Paris (AFP) - La Cnil, le gendarme français des données personnelles, a annoncé lundi avoir infligé une amende record de 50 millions d'euros à Google, reprochant au géant américain de ne pas informer suffisamment clairement ses utilisateurs sur l'exploitation de leurs données personnelles.

La Commission nationale de l'informatique et des libertés devient ainsi la première instance de régulation européenne à sanctionner une grande plateforme internet mondiale en utilisant les dispositions du nouveau règlement européen sur la protection des données personnelles (RGPD) entré en vigueur le 25 mai.

Le nouveau texte permet d'infliger des sanctions allant jusqu'à 4% du chiffre d'affaires mondial pour manquement aux obligations de protection des données personnelles des citoyens européens.

Pour son enquête, la Cnil a accompli le parcours que doit faire un nouvel utilisateur de smartphone Android (le système d'exploitation pour smartphone de Google), pour établir un compte Google et se servir de son appareil.

"Nous ne nions pas que Google informe" l'utilisateur qui ouvre un compte de l'exploitation qui sera faite de ses données, a expliqué à l'AFP Mathias Moulin, le directeur de la protection des droits et des sanctions à la Cnil.

"Mais l'information n'est pas aisément accessible, elle est disséminée dans différents documents" que l'internaute ne prendra jamais le temps de consulter, a-t-il indiqué.

"Il faut parfois jusqu'à cinq clics pour accéder à une information", a-t-il ajouté, estimant qu'au final, Google ne proposait pas une information "claire et compréhensible".

La sanction fait suite à deux plaintes séparées déposées à la Cnil contre Google par deux associations de défense des internautes, la Quadrature du Net (France), et None Of Your Business (NOYB), fondée par le militant autrichien de la protection des données Max Schrems.

Si Google veut faire appel de cette sanction, il devra saisir le Conseil d'Etat.

"Les manquements constatés privent les utilisateurs de garanties fondamentales concernant des traitements pouvant révéler des pans entiers de leur vie privée, car reposant sur un volume considérable de données, une grande variété de services et des possibilités de combinaison de données quasi-illimitées", a résumé la Cnil dans son communiqué de presse.

Par AFP

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