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Côte d'Ivoire/Société : Les absences aux postes de travail dans le secteur de l’éducation désormais illégales

jeudi, 26 janvier 2017 10:02 Written by

Côte d’Ivoire : Grève des fonctionnaires, le Gouvernement «considère les absences aux postes de travail dans le secteur de l’éducation désormais illégales»

Le gouvernement a fait une mise au point sur la situation sociale en cours dans le pays, notamment la grève des fonctionnaires Search fonctionnaires déclenchée depuis le 9 janvier dernier et qui menace déjà, faute d’accord, de se poursuivre la semaine prochaine.

Il met en garde les personnes qui envoient des SMS pour alarmer les populations et prévient que beaucoup a été fait pour les fonctionnaires Search fonctionnaires depuis que Alassane Ouattara a accédé au pouvoir.

«Le gouvernement a relevé que depuis quelques temps des SMS alarmistes sont envoyés à tout le monde en vue de troubler la quiétude de nos concitoyens, des informations fausses sont répandues dans la presse, des SMS évidemment alarmants sont envoyés à tout le monde pour créer une situation de trouble chez nos populations. Le gouvernement tient à mettre en garde les auteurs des SMS, » a déclaré le porte-parole du Gouvernement.
Le gouvernement invite par conséquent les auteurs de ces SMS de se ressaisir avant qu’il ne soit trop tard.

«Chaque fois que nous le disons en avance, on ne nous entend pas, le jour où il aura des personnes arrêtées, on va commencer à dire : oui, on a arrêté des gens, il faut les libérer. Donc nous préférons actuellement ou personne n’a été arrêté de ce fait là, nous préférons attirer l’attention sur le fait qu’il est possible de remonter à certains des auteurs de ce SMS et dans le cas où certains seraient pris, c’est la rigueur de la loi qui s’appliquera, » a expliqué Bruno Koné.

Tout en saluant le mot d’ordre de grève Search grève lancé par certaines organisations syndicales, le Gouvernement se félicite de la poursuite du dialogue sociale.

En conséquence, il considère que les absences aux postes de travail particulièrement dans le secteur de l’éducation sont désormais illégales.

Il appelle une fois de plus à la reprise du travail conformément aux dispositions de la loi de 1992 et aux dispositions des textes subséquents, dispositions relatives à la grève Search grève dans le secteur publique.

«Le gouvernement rappelle à tous les efforts consentis en faveur des fonctionnaires. Et particulièrement le déblocage des salaires. Il faut préciser que les salaires étaient bloqués depuis 1988. Ils n’ont été débloqués qu’en 2014 par le président de la république, par la volonté du chef de l’Etat le président de la république. Cette mesure coûte aujourd’hui à l’état en année pleine, 245 milliards FCFA, » a précisé Koné.

Le Gouvernement déplore cependant la mauvaise foi des meneurs de la grève Search grève et soutient qu’au moment où la décision de déblocage des salaires se prenait, un accord avait été obtenu avec les organisations syndicales.

«Accord qui a fait l’objet d’une attestation du gouvernement que je vous présente ici. Et cette attestation indique clairement que ces organisations acceptaient d’abandonner les arriérés liées au paiement partiel jusqu’en 2013 des mesures actées. Qu’est-ce que cela veut dire concrètement ? Il s’agit ici de promesses ou d’engagement pris par le chef de l’état de l’époque. Engagement sur lequel nous n’allons pas donner notre avis. Il se trouve que ces engagements ont été pris en 2009. En 2009, pas un franc n’a été payé, en 2010 aucun franc, en 2011 aucun franc. En 2012 rien a été payé, en 2013 non plus. Et quand il y a cet accord en 2014, le chef de l’état accepte de prendre en charge les arriérés depuis sa présence à la tête de l’Etat de Côte d’Ivoire, » s’est justifié Bruno Koné.

Il a affirmé qu’à la date d’aujourd’hui, tous les arriérés de 2012 jusqu’à maintenant sont entièrement payés et que cette vérité doit être sue des populations.

Le ministre a également mentionné qu’au moment où ce document se signait, le 5 mai 2014, les syndicats étaient d’accord pour ne plus reparler des stocks des arriérés qui précédaient 2012.

«Nous sommes tous surpris de voir resurgir des questions qui ont déjà été réglées. Quand nous vous disons que les discussions se font. Je n’ai pas besoin de rappeler ici toutes les étapes. Que ces discussions ont connues mais elles sont nombreuses. Parce que le gouvernement se soucie du bien être des fonctionnaires. Je pense qu’il est important de le dire. Il n’y a pas de mépris. Il n y a pas de délaissement, » a conclu le ministre.

Wassimagnon, Abidjan

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"Du riz en plastique" saisi au Nigeria Featured

jeudi, 22 décembre 2016 11:03 Written by

Les douaniers nigérians ont saisi 2,5 tonnes "de riz en plastique".
Image captionLe journaliste de la BBC Martin Patience a vu le stock de faux riz que les trafiquants voulaient faire entrer au Nigeria.

Le journaliste de la BBC Martin Patience a vu le stock que les trafiquants voulaient faire entrer au Nigeria.

Selon lui, à première vue rien n'indique qu'il s'agit de plastique, tellement la texture et les formes font penser à du vrai riz.

"Quand on touche le riz, rien d'anormal ne se remarque. Mais à l'approche du nez, une odeur de produit chimique s'en dégage", témoigne-t-il.

Les douaniers ont affirmé qu'après cuisson, le riz en plastique se colle et on découvre la supercherie.
Image captionLes douaniers ont affirmé qu'après cuisson, le riz en plastique se colle et on découvre la supercherie.

Les douaniers ont affirmé qu'après cuisson, le riz en plastique se colle et on découvre la supercherie.

Ils ont envoyé un échantillon au laboratoire pour en déterminer la composition.

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Côte d’Ivoire: les écoles primaires publiques paralysées par une grève des instituteurs Featured

mardi, 08 novembre 2016 08:59 Written by

Les écoles primaires publiques ont été paralysées, lundi, en Côte d’Ivoire par une grève déclenchée par le Mouvement des instituteurs pour la défense de leur droit (MIDD), qui exige le paiement d’arriérés d’indemnité de logement et de meilleures conditions sociales.

Selon plusieurs sources concordantes, aussi bien à Abidjan (capitale économique ivoirienne) qu’à l’intérieur du pays, l’arrêt de travail de cinq jours annoncé par le MIDD et l’intersyndicale de l’enseignement préscolaire et primaire de Côte d’Ivoire (ISEPP-CI) a été ‘’largement suivi’’.

Dans le Centre-Nord ivoirien, à Bouaké, du Groupe scolaire Mamianou au quartier Koko (Centre) à l’EPP Diézoukouamékro (Nord) en passant par l’EPP Ahounianssou 3 (Ouest), les salles de classes des établissements primaires publics sont restées hermétiquement fermer ce lundi, et les écoliers ont été priés de rentrer chez eux.

Selon un responsable régional du MIDD Bouaké qui a requis l’anonymat, le mot d'ordre de grève lancé par son syndicat a été ‘’pratiquement suivi à 100% à Bouaké et environnants’’.« La grève est suivie dans pratiquement tous les établissements primaires publics de Bouaké. Seuls les écoliers du privé ont fait cours aujourd’hui’’, a ajouté la même source.

Le MIDD revendique entre autres, le paiement de la totalité des arriérés liés à l’indemnité de logement et à la bonification indiciaire, et le retrait de l’arrêté portant organisation de la semaine de travail dans le primaire.

Le retrait de l’ordonnance portant organisations des régimes des pensions gérées par l’IPS-CGRAE (Caisse générale de retraite des agents de l'état), le respect des libertés syndicales, le règlement définitif de la question des instituteurs adjoints, figurent également parmi les revendications des instituteurs.

CK/ls/APA

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Cote d'Ivoire/Média: Congrès extraordinaire; Olivier Yro nouveau président de l`OJPCI, Gooré Bi Hué conteste Featured

mercredi, 29 juin 2016 19:19 Written by

Un seul point à l’ordre du jour : l’élection d’un nouveau président. Olivier Yro, journaliste indépendant, par ailleurs directeur adjoint de la Communication à la mairie de Macory, tient désormais les rênes de l’Organisation des journalistes professionnels de Côte d’Ivoire (OJPCI). Il a été élu à l’issu du congrès extraordinaire de cette structure, tenu ce mercredi 29 juin 2016 au musée des civilisations, sis au Plateau. Il succède ainsi à Gooré Bi Hué anciennement président de cette association de journalistes. Olivier Yro met son mandat sous le signe de la bonne gouvernance. « Nous irons de l’avant. Notre leitmotiv, c’est la bonne gouvernance. Nous en avons beaucoup souffert et je nous vois très mal en train de dévier cette voie », a-t-il assuré. Il a appelé, par ailleurs, les membres et sympathisants de l’OJPCI à œuvrer pour hisser la structure à la place qui est la sienne. La formation et la vraie fraternité entre les journalistes seront les points importants du programme d’activités de M. Yro.

Le vote du nouveau président, de ces commissaires au compte et du président du comité de contrôle s’est fait par acclamation sous la supervision de Me Adjé Cézar Brice, huissier de justice assermenté.
Notons que ce Congrès extraordinaire a été convoqué par le Collectif des membres fondateurs de l’OJPCI, présidé par Justine Djiké, journaliste à la RTI, après le constat de certains manquements notamment « l’appartenance de l’ex-président Gooré Bi Hué au Conseil général de la Marahoué, qui est un poste hautement politique, est une violation en référence de l’article 23 du règlement intérieur qui dispose que tout journaliste professionnel exerçant des fonctions politiques ne peut prétendre à un poste dans les organes dirigeants de l’organisation» et la léthargie dans laquelle est plongée la structure deux ans après l’investiture de son ancien président.

Les membres fondateurs de l’OJPCI, « dans un esprit d’apaisement et de confraternité s’engagent à n’entreprendre aucune poursuite judiciaire ou aucun audit. Ils s’engagent par ailleurs à ne pas se constituer partie civile contre l’ancien président du Ben M. Gooré Bi Hué, si ce dernier consent à remettre au président du Ben issu de ce congrès, les actes et identifiants de l’organisation, notamment les cachets, les livres comptables, et les chéquiers. »

« Ce sont des enfantillages dans lesquels je ne me reconnais », a dit pour sa part Gooré Bi Hué, joint au téléphone ce mercredi. Ce congrès extraordinaire dénote, selon lui, de l’irresponsabilité de certaines personnes vis-à-vis des textes qui régissent l’organisation. «Quand on est responsable, on ne peut pas agir en dehors des règles », a-t-il martelé. Gooré Bi Hué compte se prononcer dans les 24 heures sur cette affaire.

Danielle Tagro

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Le gynécologue Denis Mukwege, qui soigne les victimes de violences…
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Côte d’Ivoire: des ONG dénoncent des expulsions dans des forêts classées

lundi, 13 juin 2016 10:53 Written by

Dans un rapport qu'elle vient de publier, l'ONG Human Right Watch (HRW) dénonce des expulsions arbitraires dans les forêts classées de la Côte d'Ivoire. Human Rights Watch et le Regroupement des acteurs ivoiriens des droits humains (RAIDH), qui ont travaillé conjointement sur cette enquête, affirment que les habitants des forêts classées ont été exposés à des actes d'extorsion et à des violences physiques de la part des autorités chargées de la conservation de ces lieux.

De nombreuses familles sont expulsées de force des forêts classées, sans avertissement préalable et sans solution de relogement, c'est ce qui ressort du rapport publié par Human Right Watch ce lundi matin. Ces familles ont pour la plupart vécu et travaillé sur ces terres pendant plusieurs années parfois avant même que celles-ci soient classées. « Elles sont violemment expulsées. Leurs domiciles et leurs biens sont souvent incendiés au cours du processus », affirme l'ONG qui soutient que les agriculteurs sont souvent battus et humiliés pendant les opérations d'expulsion.

De nombreux dirigeants communautaires et agriculteurs, interrogés par l'organisation, soutiennent que des agents de la Société de développement des forêts en Côte d'Ivoire (Sodefor) utilisaient régulièrement la menace d'expulsion pour solliciter de l'argent ou autres cadeaux - du bétail par exemple - de la part des agriculteurs. « Le manque de surveillance des opérations de la Sodefor a laissé ces communautés vulnérables aux abus », explique l'organisation.

Pour ces communautés, l'impact de la perte de leurs maisons et de leurs moyens de subsistance de longue date est grave. La plupart d'entre elles comptent sur ces terres pour les cultures de rente et vivrières afin de subvenir aux besoins de leurs familles. L'ONG américaine recommande donc au gouvernement ivoirien de mettre un terme à ces expulsions forcées et d'introduire une législation qui fournisse aux agriculteurs les protections exigées par le droit international.

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Au Niger, après l’attaque de Boko Haram, l’urgence humanitaire Featured

lundi, 13 juin 2016 08:34 Written by

Le coordinateur humanitaire des Nations Unies au Niger, Fodé Ndiaye, appelle la communauté internationale à mobiliser ses ressources pour la crise humanitaire née après l’attaque massive de Boko Haram à Bosso, dans le sud-est du Niger.

« Des milliers de familles ont dû fuir les localités affectées par les récentes attaques vers d’autres endroits de la région qu’elles estiment plus sûrs », a-t-il expliqué de retour d’une mission dans la région de Diffa, à l’est du pays. Cet exode massif est dû à un mouvement de panique après de nouvelles attaques de Boko Haram.

Selon les autorités nigériennes, 26 soldats avaient été tués la semaine dernière dans un assaut lancé par le groupe jihadiste nigérian Boko Haram à Bosso, une localité du Niger proche de la frontière avec le Nigeria et le Tchad. Quelque 50 000 personnes ont fui la zone, dans un secteur qui accueillait déjà de nombreux camps de réfugiés en raison du harcèlement de Boko Haram.

Un quart de la population sur les routes

« La plupart de ces déplacés sont hébergés dans des familles hôtes tandis que d’autres se sont installés de façon spontanée le long de la route nationale, dans des édifices publics ou dans la brousse », a ajouté Fodé Ndiaye.

Les photos prises par les agences humanitaires ces derniers jours témoignent de la situation critique de milliers de personnes démunies de tout, fuyant au hasard et s’abritant du soleil sous de maigres acacias, en pleine chaleur.



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Last modified on lundi, 13 juin 2016 14:21
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CHRONIQUE DES MATIÈRES PREMIÈRES AfricaRice appelle à la prudence sur le riz importé en Afrique Featured

vendredi, 10 juin 2016 08:12 Written by

Après la saisie de riz indien impropre à la consommation au Sénégal, AfricaRice appelle à développer plus rapidement la production africaine de riz.

AfricaRice appelle à la prudence sur le riz importé en Afrique, quitte à devenir très alarmiste, pour mieux promouvoir la culture africaine de riz. 22 700 tonnes de brisures de riz indien impropres à la consommation ont été saisies au Sénégal et la Thaïlande aurait de son côté prévu d'exporter 11,5 millions de tonnes de riz de ses stocks en mai et en juin, affirme AfricaRice.

Sous-entendu : avec des risques que du riz dégradé de Thaïlande rejoigne l'Afrique. Sauf que la Thaïlande ne peut absolument pas exporter 10 millions de tonnes de grains blancs en deux mois, c'est la quantité qu'elle exporte en un an...

Améliorer la réglementation et les contrôles

Il est vrai que du riz asiatique ou sud-américain impropre à la consommation parvient parfois jusqu'au consommateur africain, « du riz tellement aggloméré qu'on pourrait construire des murs avec », décrit un habitué des marchés d'Afrique de l'Ouest.

Il n'y a pas de barrières sanitaires en Afrique, comme cela existe en Europe, pas non plus de taxes différenciées en fonction de la qualité en termes de brisures. AfricaRice appelle les administrations africaines à améliorer la réglementation et les contrôles.

Encore loin de l'objectif d'autosuffisance en riz

Mais AfricaRice va plus loin, en appelant les Etats d'Afrique à développer plus rapidement leur production locale de riz. Si la production africaine augmente depuis la flambée des prix du riz en 2008, que les surfaces rizicoles s'étendent en Côte d'Ivoire, en Guinée, au Mali, au Sénégal et en Sierra Leone, souligne Patricio Mendez del Vilar, du Cirad.

On est encore loin de l'autosuffisance en riz, objectif proclamé par certains gouvernements. La production du Nigeria pourrait même chuter, or c'est le deuxième importateur de riz au monde.

Augmenter les rendements

Alors que les prix du riz importé repartent à la hausse, maintenant que les stocks asiatiques se sont un peu dégonflés, AfricaRice appelle à augmenter les rendements du riz africain, en favorisant l'irrigation.

Une façon pour AfricaRice, organisation intergouvernementale africaine de recherche et de promotion des variétés africaines de riz, de battre le rappel des bailleurs de fonds.

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Last modified on vendredi, 10 juin 2016 10:09
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L’Europe pourrait affaiblir les règles de l’agriculture biologique

jeudi, 02 juin 2016 18:32 Written by

Les instances européennes ont entrepris la refonte du règlement encadrant l’agriculture biologique. Sous couvert d’harmoniser et de rationaliser ce secteur, l’Union européenne pourrait en modifier profondément la nature en allégeant les contrôles, en instaurant des « seuils pesticides » ou encore en autorisant la culture hors-sol.

L’Europe du bio s’apprête à changer de régime. Une nouvelle législation sur l’agriculture biologique est en effet en préparation à Bruxelles, où les représentants de la Commission, du Conseil et de la commission Agriculture du Parlement sont en plein « trilogue ». Cette refonte du règlement cadreCE-834/2007 suscite une vive inquiétude chez les défenseurs du bio, qui craignent une remise en cause des principes fondamentaux sur lesquels s’est construite leur agriculture.

« La réglementation a toujours évolué mais, cette fois, il est question ni plus ni moins que de changer les règles ! » avertit Éliane Anglaret, présidente de Nature et Progrès, l’un des premiers labels bio à avoir vu le jour en France. L’entrée en vigueur, le 1er janvier 2009, du précédent règlement avait conduit la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab), Biocoop, Bio Consom’acteurs et d’autres à créer Bio Cohérence, un label privé plus exigeant. « Avec le nouveau texte, on risque d’aller encore plus vers une bio à plusieurs vitesses », prévient Fiona Marty, chargée des affaires européennes de la Fnab.

« Les producteurs bio ne vivent pas dans une bulle » 

Les acteurs de la filière sont préoccupés par l’intention de la Commission de remettre en cause le mode de contrôle de leurs activités. Sous prétexte de rationalisation et d’harmonisation, la Commission veut remplacer le contrôle physique annuel par un système fondé sur une « analyse des risques ». « Certaines productions ou certains opérateurs considérés comme “moins à risque”bénéficieraient de contrôles allégés, et qui n’auraient plus lieu chaque année », explique Fiona Marty.

Le Parlement de Strasbourg s’y est opposé. Mais le Conseil propose que les États membres qui le souhaitent puissent créer des contrôles aménagés pour des opérateurs « à faible risque ». « Il faut absolument conserver les contrôles annuels sur place, chez le producteur, pour détecter des fraudes éventuelles, ou la cause d’une pollution accidentelle », avertit Éric Gall, responsable des politiques publiques de l’Ifoam-EU — cet organisme européen regroupe des fédérations d’agriculteurs bio et certaines associations de transformateurs, comme la Fnab ou le Synabio (le Syndicat national des entreprises bio) en France. « Une suppression des contrôles ou l’instauration de contrôles au rabais serait un coup terrible pour nous. Il en résulterait inévitablement une baisse de la confiance des consommateurs », renchérit Éliane Anglaret.

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Des germes de brocolis.

La Commission européenne veut également instaurer un seuil très strict sur les résidus de pesticides présents dans les produits récoltés. Au delà de 0,01 ppm (partie par million), ceux-ci ne pourraient plus être labellisés bio. Cette idée, qui semble bonne pour le consommateur, pose un réel problème. « Les producteurs bio ne vivent pas dans une bulle. Ils ne peuvent garantir l’absence totale de pesticides dans leur produit en cas de contamination accidentelle », explique Éliane Anglaret. Pour la présidente de Nature et Progrès, l’instauration de « seuils pesticides » est d’autant plus inacceptable que ni la Commission, ni le Conseil, ni le Parlement ne sont en faveur d’une taxe sur les produits phytosanitaires qui alimenterait un fonds d’indemnisation.

De plus, cette mesure créerait une brèche dans laquelle s’engouffreront les agriculteurs conventionnels. « Cela ouvre la porte à une sorte d’écoblanchiment. Des compagnies et producteurs sont tout à fait capables d’offrir des produits “pesticide-free”, sans trace de résidu de pesticides, alors même que ceux–ci ont été utilisés dans le processus de production et balancés dans l’environnement. L’industrie agroalimentaire serait très heureuse qu’une telle approche soit légitimée et leur permette de présenter des produits “durables” et “sains” à leur consommateurs »,estime Éric Gall.

« La porte grande ouverte au bio industriel » 

Le Parlement et le Conseil se sont prononcés contre ces seuils de déclassement automatique des produits. « Mais dans les discussions en trilogue, la Commission garde un pouvoir très important, notamment celui d’exiger l’unanimité. Pour l’instant, elle continue de défendre sa position sur les seuils », regrette le représentant de l’Ifoam.

Un autre point inquiète la filière bio, la possibilité de voir s’étendre la culture « hors-sol » (la culture« hydroponique » ou « hors-sol » est réalisée sur un substrat neutre et inerte enrichi de sels minéraux et de nutriments). « Ni la Commission ni le Conseil n’ont fait de proposition pour l’interdire. Chaque pays pourrait avoir sa propre interprétation du lien au sol que doit avoir l’agriculture biologique. Or, le développement de l’agriculture “hors-sol” ouvre grand la porte au bio industriel, que nous refusons », explique Fiona Marty.

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Culture de fraises hors-sol.

La représentante de la Fnab s’inquiète aussi à propos des fermes mixtes, où coexistent des productions de produits bio et non bio. Alors que la Commission proposait de limiter l’accès au bio aux seules exploitations entièrement bio, à l’issu d’une nécessaire période de conversion des installations, le Conseil et le Parlement se sont prononcés en faveur de ces fermes mixtes. Mais celles-ci présentent, selon la Fnab, un risque de contamination plus important, voire de fraude.« Nous voyons aussi dans leur interdiction une incitation pour les producteurs à sauter le pas vers l’agriculture biologique, qui ne doit pas être considérée uniquement comme une opportunité économique pour certains producteurs qui ne convertiraient qu’une partie de leur exploitation »,poursuit Fiona Marty.

Cette question de la mixité des exploitations ne fait pas l’unanimité dans la filière. Ifoam-EU ne s’y oppose pas. « La mixité des fermes n’accroît pas le risque de pollution croisé, et les deux parties de la ferme sont contrôlées. Il ne faut pas créer de barrière à la conversion pour ceux qui envisageraient de se convertir en bio de manière progressive », estime Éric Gall.

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« S’il n’y a pas de mécanisme pour indemniser les agriculteurs dont la récolte a été polluée par des pesticides, je voterai contre ce texte », prévient José Bové, député européen Verts-ALE.

Le futur texte divisera donc le petit monde de la bio. « Le fossé va aller en s’élargissant entre ceux pour qui l’agriculture biologique permet de repenser la logique du rapport à la ferme et à la terre en étant moins dépendant de la chimie et ceux qui veulent faire du fric ! » assène José Bové, membre de la commission Agriculture du Parlement européen.

Le député Verts-ALE voit dans les fermes mixtes sans limite dans le temps une démultiplication des probabilités de contamination et la porte ouverte aux « agrimanagers ». Il prévient : « J’ai un certain nombre de lignes rouges. S’il n’y a pas de mécanisme pour indemniser les agriculteurs dont la récolte a été polluée par des pesticides, je voterai contre ce texte. »

« Toute l’agriculture ne peut pas être biologique ! »

Pour Michel Dantin, député LR/PPE, qui est aussi membre de la commission Agriculture, il faut au contraire ces fermes mixtes pour encourager la conversion des exploitations. « Nous avons une vraie difficulté sur ce point avec nos collègues députés allemands, qui sont pour des fermes 100 % bio », admet-t-il. Le député considère le nouveau texte comme absolument nécessaire. « Il faut une meilleure harmonisation de la lecture des règles européennes car l’application de l’actuel règlement conduit à un trop grand écart entre les différents États. »

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Pour Michel Dantin, député LR/PPE, « en France, les promoteurs du bio sont trop exigeants, et ils se plaignent ensuite de ne pas tirer de revenus là où d’autres en tirent ! ».

Il subsiste, selon lui, un problème en ce qui concerne les contrôles. « Les Français veulent conserver un contrôle annuel par leurs organismes extérieurs alors que dans de nombreux pays, et c’est aussi l’avis de la Commission, le contrôle n’a pas besoin d’être annuel. Mais les choses avancent et je suis dans l’état d’esprit de voter ce texte. » Le représentant de la droite européenne ajoute : « En France, les promoteurs du bio sont trop exigeants, et ils se plaignent ensuite de ne pas tirer de revenus là où d’autres en tirent ! Il y a un standard européen et il faut l’appliquer. Toute l’agriculture ne peut pas être biologique ! La bio n’est qu’un itinéraire technique parmi d’autres et une diversification ! » 

La présidence néerlandaise actuelle de l’Union européenne souhaite qu’un accord soit trouvé avant la fin du mois de juin. « Selon les informations que nous avons sur l’avancée des travaux, il est très peu probable que cela aille aussi vite », considère Fiona Marty. Entre la négociation du texte, son vote et le temps nécessaire pour « fixer son application, le nouveau règlement ne devrait pas entrer en vigueur avant le 1er janvier 2018 ». « La profession bio entre dans une phase d’incertitude énorme », regrette Éliane Anglaret. La présidente de Nature et Progrès craint que, dans l’attente, des candidats à la conversion soient effrayés par le fait de ne pas savoir à quelle sauce ils risquent d’être « mangés ».

 

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Last modified on vendredi, 03 juin 2016 08:58

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