Présidentielle en Algérie: qui sont les candidats... et les non-candidats face à Bouteflika?

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FOCUS - Six candidats s'opposeront au président sortant, Abdelaziz Bouteflika, alors que de nombreuses manifestations ont lieu dans toute l'Algérie. Signe important, son principal opposant renonce à se présenter, de même qu'un parti islamiste, anciennement proche du camp présidentiel.

Alors qu'Abdelaziz Bouteflika, président de l'Algérie depuis 1999, se présente pour un cinquième mandat malgré son état de santé très dégradé, l'opposition algérienne a brièvement mais vainement tenté de présenter un candidat unique contre le chef de l'État sortant au scrutin du 18 avril. À ce jour, huit candidats, dont Abdelaziz Bouteflika, ont déposé leur dossier au Conseil constitutionnel, qui doit statuer sous dix jours. Mais l'un d'eux a d'ores et déjà annoncé qu'il se retirait tandis qu'un autre, visiblement inéligible, a réalisé un «coup médiatique» en présentant un homonyme.

Aucun des candidats enregistrés jusqu'ici ne semble représenter une menace sérieuse pour la réélection contestée d'Abdelaziz Bouteflika alors que d'autres figures de la vie politique algérienne ont décidé de boycotter ce scrutin marqué par des manifestations massives dans tout le pays pour protester contre la candidature du président sortant.

● Ali Ghediri, général à la retraite

Ali Ghediri, général à la retraite.

Ali Ghediri a débarqué sur la scène politique fin 2018 en promettant «le changement», mais sans parti, il est difficile d'évaluer sa réelle popularité. Militaire de carrière, il a été major-général dans les forces terrestres de 2000 à 2015. Il s'est fait connaître en publiant une lettre ouverte dans le quotidien El Watan il y a trois mois. Il y déclare craindre une «redescente aux enfers» du pays qui «a assez souffert depuis le recouvrement de son indépendance». «Ses enfants sont en droit de vivre une rupture qui réponde à leurs aspirations, à leur rêve», écrit celui qui se présente comme le «candidat du peuple». Il a déposé sa candidature dimanche.

● Rachid Nekkaz peut en cacher un autre...

Rachid Nekkaz.

Omniprésent sur les réseaux sociaux, l'homme d'affaires Rachid Nekkaz draine des foules de jeunes enthousiastes. Ne respectant pas les règles d'éligibilité, il a organisé un «coup» assez spectaculaire. C'est un autre Rachid Nekkaz - qu'il présente comme un «cousin homonyme, mécanicien» - qui s'est porté officiellement candidat, dimanche, au Conseil constitutionnel, visiblement mal à l'aise. Si «mon cousin est élu, on créera immédiatement le poste de vice-président (...) que j'occuperai», précise Rachid Nekkaz ce lundi sur sa page Facebook. «Le président-élu (mon cousin) démissionnera aussitôt» et «je prendrai alors automatiquement le poste de président», précise le fanfaron sans vergogne.

Né en France dans le Val-de-Marne de parents algériens, il fait fortune pendant la «bulle internet» avant de se reconvertir dans l'immobilier. Il a essayé de se présenter à l'élection présidentielle en France en 2007, puis s'est présenté aux législatives en Seine-Saint-Denis la même année (obtenant 0,56% des suffrages). Il est condamné pour «corruption active» dans le cadre de sa candidature, manquée, à l'élection présidentielle de 2012. Il abandonne ensuite la nationalité française pour se présenter - sans succès - à l'élection présidentielle algérienne de 2014. Opposant virulent à l'interdiction du voile intégral en France, il est connu dans l'Hexagone pour régler les amendes dressées pour port de niqab.

 

● Et aussi: quatre autres candidats peu connus voire inconnus de la vie politique algérienne se présentent à l'élection présidentielle: Mahfoud Adoul, président du Parti de la victoire nationale, Abdelkader Bengrina, ancien ministre du Tourisme et président du Mouvement El-Bina, Ali Zeghdoud, président du Rassemblement algérien et un candidat indépendant, Abdelhakim Hamadi.

Et ceux qui ne se présentent pas...

● Ali Benflis, principal opposant lors des deux dernières élections présidentielles

Ali Benflis, ancien premier opposant.

Ali Benflis, principal adversaire du président Abdelaziz Bouteflika lors des présidentielles de 2004 et 2014, ne se présentera pas au scrutin du 18 avril. «Ma place n'est plus dans une compétition électorale dont notre peuple (...) dénonce avec vigueur le caractère biaisé et faussé. Le peuple a pris la parole et je l'ai entendu (...) L'élection présidentielle, dans les circonstances actuelles, n'a ni sens ni raison d'être», a écrit dans une déclaration celui qui a longtemps été un proche d'Abdelaziz Bouteflika. Premier ministre de 2000 à 2003 et ancien secrétaire général du FLN (Front de libération national), Ali Benflis a rompu avec Bouteflika en refusant de soutenir son deuxième mandat. Il a obtenu 6,4% des voix en 2004 et 12,3% en 2014, à chaque fois en 2e position derrière le président sortant. Dans Le Figaro , le non-candidat en appelle au boycott de l'élection.

● Les islamistes du MSP

Le Mouvement de la société pour la paix (MSP), principal parti islamiste qui a rompu en 2012 avec l'alliance présidentielle, a indiqué la semaine dernière qu'il boycotterait le scrutin si Abdelaziz Bouteflika déposait sa candidature. Dimanche, le chef de ce parti, Abderrazak Makri, a confirmé à l'AFP qu'il ne se présenterait pas. Le mouvement qui se proclame des Frères musulmans et dispose de 34 sièges au Parlement (environ 7%) a longtemps servi de caution conservatrice au camp d'Abdelaziz Bouteflika.

● Abdelaziz Belaïd, candidat puis non-candidat 

Un autre candidat a déposé sa candidature, samedi, mais a finalement décidé de la retirer. Âgé de 55 ans, Abdelaziz Belaïd est un transfuge du Front de libération nationale (FLN) - ancien parti unique et formation d'Abdelaziz Bouteflika - qu'il a quitté en 2011. Il a recueilli 3% des voix à la présidentielle de 2014. À la tête du Front Al-Moustakbel, il se prononce en faveur d'un «changement et d'une transition calmes et souples».


 

 
 
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