Âgé de 82 ans et au pouvoir depuis 1999, Abdelaziz Bouteflika est candidat à un cinquième mandat Âgé de 82 ans et au pouvoir depuis 1999, Abdelaziz Bouteflika est candidat à un cinquième mandat

Algérie : Bouteflika appelle à la vigilance contre le risque de «chaos» Featured

Le directeur de campagne d’Abdelaziz Bouteflika a assuré que l’état de santé du président n'inspire «aucune inquiétude».

Alors que la mobilisation contre sa candidature à un un 5e mandat, le président algérien Abdelaziz Bouteflika sortant a mis en garde contre le chaos et «ces cercles» qui « n’ont jamais cessé de conspirer contre notre pays».

 

Tout en se félicitant que « le pluralisme démocratique […] soit désormais une réalité palpable », il a mis en garde contre « une quelconque partie insidieuse, de l’intérieur ou de l’extérieur » - qu’il n’a pas nommée - pouvant « susciter la Fitna (discorde, en arabe) et provoquer le chaos », dans un message diffusé par l’agence officielle APS.

Dans un message, délivré à l'occasion de la Journée internationale de la Femme du 8 mars, le chef de l'Etat «exhorte aujourd’hui en premier lieu les mères, à veiller à la préservation de l’Algérie, en général, et de ses enfants en particulier », ajoute-t-il, après avoir rappelé la « tragédie nationale » de la décennie de guerre civile (1992-2002).

Bouteflika réfute toute «logique d’intimidation»

« Autour de nos frontières se jouent des crises et des tragédies induites par le terrorisme […] nous nous devons d’être prudents et vigilants afin de préserver notre cher pays », explique également Abdelaziz Bouteflika, réfutant toute « logique d’intimidation » dans ses propos.

« Nombreux sont les haineux à l’étranger à regretter que l’Algérie ait traversé, grâce à vous Algériens et Algériennes, paisiblement et sereinement, la déferlante du printemps arabe », poursuit-il, dénonçant « ces cercles » qui « n’ont jamais cessé de conspirer contre notre pays ».

 

En annonçant sa candidature le 10 février, le président algérien a mis fin à des mois d’incertitudes sur ses intentions mais aussi déclenché une contestation contre lui inédite depuis qu’il a été élu la première fois il y a exactement vingt ans.

« Aucune inquiétude » sur son état de santé

Âgé de 82 ans et affaibli par les séquelles d’un AVC en 2013, qui l’empêchent depuis de s’adresser de vive voix à ses concitoyens et ne lui autorisent que de rares sorties publiques, le président Bouteflika est hospitalisé depuis le 24 février à Genève (Suisse).

Son retour en Algérie n’a toujours pas été annoncé. Sa santé n'inspire « aucune inquiétude » et les examens qu'il subit depuis plus de dix jours en Suisse sont bientôt terminés, a assuré jeudi son directeur de campagne, niant toute dégradation de son état de santé.

Pas de délai avancé pour la présidentielle anticipée

Afin de tenter de calmer la contestation, Bouteflika s'est engagé, s'il est élu, à ne pas aller au bout de son mandat et à quitter le pouvoir après de profondes réformes, décidées par une conférence nationale. Des propositions n'ont pas fait faiblir la mobilisation.

Son directeur de campagne a également précisé jeudi que la date de la présidentielle anticipée serait fixée «librement» par la seule « conférence nationale », alors qu'un délai d'un an après la réélection de Bouteflika avait été évoquée.

Les avocats et les journalistes dans la rue

Jeudi, la contestation s'est poursuivie, notamment dans la capitale, où les manifestations, officiellement interdites depuis 2001, sont désormais quasi-quotidiennes. Un millier d'avocats du barreau d'Alger se sont rassemblés jeudi devant le siège du Conseil constitutionnel qui étudie, depuis le 4 mars, les dossiers de candidatures à la présidentielle, en réclamant qu'il invalide celle du chef de l'Etat. Le Conseil constitutionnel doit statuer sur les candidatures avant le 14 mars.

Le président Bouteflika a perdu au cours des dernières 24 heures le soutien, qui lui est habituellement acquis, des trois importantes associations liées à la guerre d'indépendance dont il est un ancien combattant.

 

-
Un millier d'avocats du barreau d'Alger se sont rassemblés jeudi devant le siège du Conseil constitutionnel. REUTERS-Zohra Bensemra

 

Plusieurs dizaines de journalistes -de médias privés et publics de presse écrite et du secteur de l'audiovisuel- se sont également rassemblés pour le 2e jeudi consécutif sur la Place de la Liberté de la Presse, dans le centre d'Alger, pour protester à nouveau contre les « pressions » exercées selon eux par leur hiérarchie dans leur couverture du mouvement de contestation.

Sur les réseaux sociaux, le hashtag "#Mouvement_du_8 mars" appelle à une mobilisation massive vendredi.

Read 14 times Last modified on samedi, 09 mars 2019 13:55
Rate this item
(0 votes)

About Author

NewsLetter

Souscrivez à notre newsletter afin de recevoir les dernières informations de DiaspoTv.

Ad2