Simone Gbagbo, «la Dame de fer» de Côte d’Ivoire, sort de prison

Simone Gbagbo, «la Dame de fer» de Côte d’Ivoire, sort de prison

Condamnée en 2015 à 20 ans de prison, l’ex-Première dame vient d’être amnistiée par le président Ouattara, comme 800 autres détenus.

Simone Gbagbo devrait retrouver la liberté ce mercredi après sept années derrière les barreaux. Les partisans de la « Dame de fer », ex-épouse influente de Laurent Gbagbo, président de 2000 à 2010 de la Côte d’Ivoire, ont prévu de fêter sa libération mercredi matin devant l’Ecole de la Gendarmerie où elle est détenue à Abidjan.

Lundi soir, à l’occasion de son « discours à la Nation » à la veille de la fête nationale, le chef de l’Etat Alassane Ouattara a annoncé, à la surprise générale, qu’il amnistiait 800 détenus politiques, dont Simone Gbagbo et deux anciens ministres de l’ancien régime.

Une clémence justifiée par Ouattara par son « attachement à la paix et à une réconciliation vraie ». Mais aussi un « coup » politique destiné à couper l’herbe sous le pied de ses deux principaux rivaux et jusque-là alliés : l’ancien président (et successeur de Félix Houphouët-Boigny) Henri Konan Bédié, et l’actuel président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro.

A 69 ans, Simone Gbagbo ne purgera donc pas jusqu’au bout la peine de vingt ans de prison à laquelle elle avait été condamnée en 2015 pour « atteinte à la sûreté de l’Etat ». Elle avait été arrêtée le 11 avril 2011 au côté de son mari, vaincu par les forces d’Alassane Ouattara et de la communauté internationale, au terme de plusieurs mois de crise après l’élection présidentielle de 2010. Les télévisions du monde entier avaient alors montré le visage d’une femme hagarde, les cheveux hirsutes et humiliée par les soldats du nouvel homme fort.

 

Soupçons de liens avec les « escadrons de la mort »

Cofondatrice dans les années 1980 avec Laurent Gbagbo du Front populaire ivoirien (FPI), Simone a d’abord été une militante radicale qui ne craignait pas de défier le pouvoir alors en place. Ce qui lui vaudra dès cette époque plusieurs séjours en prison. Cette syndicaliste de feu est passée du marxisme pur et dur à une foi tout aussi brûlante pour le christianisme évangélique ! Parvenue au pouvoir au côté de Laurent Gbagbo, elle était aussi devenue une femme intransigeante, à la redoutée poigne de fer. Elle sera notamment soupçonnée d’être liée aux « escadrons de la mort » qui agissaient contre les opposants.

Durant la crise post-électorale de 2010 - où Laurent Gbagbo revendiquait la victoire électorale - elle avait fustigé la « sédition » et qualifié Alassane Ouattara de « chef bandit » et Nicolas Sarkozy, alors président - qui avait aidé ce dernier à prendre le pouvoir - de « diable ». La crise s’était soldée par environ 3000 morts et une fracture durable dans la société ivoirienne entre gens du nord (musulmans) et du sud (chrétiens).

Nul ne sait ce que l’ex-première dame, restée très populaire auprès de ses fidèles du Front populaire ivoirien (FPI), a l’intention de faire de sa liberté. Laurent Gbagbo (qui s’était remarié avec une ex-journaliste) est lui toujours emprisonné aux Pays-Bas en attente de son procès pour crimes contre l’humanité auprès de la Cour pénale internationale (CPI).

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