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Côte d'Ivoire/L'honorable Innocent W. Youte à la rencontre de la Diaspora Wê de Kouibly en FRANCE : MEAMBLY est mon frère,Il n'y a pas de problème entre nous . Featured

lundi, 27 mars 2017 11:39 Written by

La rencontre de l'honorable Innocent W. Youte avec la Diaspora We de France et en particulier avec celle de KOUIBLY le Samedi 25 Mars 2017 au C. I. S du bvd Kellerman PARIS 13e a été un grand succès. Le monde venu de divers horizons s'était déplacé en grand nombre pour venir écouter le Député tout nouvellement élu de la circonscription de KOUIBLY. Le Comité d'organisation piloté par le " Général " Philbert SEHI avait mis du sien pour le bon déroulé de la cérémonie.

A la table d'honneur Le Député était accompagné de Mr Guei Moise son conseiller politique, les représentants présents des sous/ préfectures du Département de KOUIBLY , Mr Cyriaque Boccieca Sehemin ( Totrodrou) ,Mr Gnahan Thierry( Ouihably-Gnondrou), Mr Euloge Bonrou Président du Comité Adh oc des Wes de France , Mr Kole Laurent le chef de Canton Tahouake et Mme Kei Bly Paul.Après les civilités d'usage le Député Youte d'entre de jeux a tenu à rassurer la Diaspora sur le contentieux qu'il oppose à son aîné le Président Evariste MEAMBLY pour dire que c'était un épiphénomène qui devrait pas tarder à se résoudre que Meambly reste son frère et Il n'y a pas de problème entre nous et que l'intérêt général au service de nos populations est fort que ce qui pourrait faire notre désaccord et nous sommes condamnés à travailler ensemble pour notre belle Région a- t' Il ajouté après une brève explication des circonstances.

Abordant l'interaction des élus et de la Diaspora, l'honorable Youte à exprimé son émerveillement de la Diaspora de KOUIBLY en FRANCE pour la toute première fois d'avoir apporté son soutien dans son ensemble a un candidat qu'il était. Cela traduit une nouvelle vision de la Diaspora de voir les choses différemment avait - Il remarqué tout exprimant toute sa reconnaissance et toute sa gratitude pour cette mobilisation.Parlant de la contribution de la Diaspora africaine dans leurs pays respectifs, selon la banque mondiale,c'est un chiffre de 200 millions d'euros chaque année investie à la consommation donc à fonds perdus, c'est pourquoi Le Député Youte incite la Diaspora à investir dans un outil de production qui serait une valeur ajoutée afin d'avoir un retour à l'investissement.

Revenant sur l'invalidation de sa première élection par le conseil constitutionnel jusqu'à sa réélection, le Député Youte dans son calme légendaire a détaillé toutes ces péripéties sans en oublier un passage en ayant fait des recommandations aux populations de Kouibly de faire preuve de maturité pour que sa nouvelle élection ne souffre d'aucune irrégularité, message entendu avait - Il dit. Dans l'échange la Diaspora avait relevé quelques différents points focaux allant, du problème foncier, de la situation sécuritaire , du choix de son groupe parlementaire aux éléments de facilitation en matière d'exénoration d'impôts à l'importation pour la Diaspora, Le Député a noté qu'il a pris acte des préoccupations de la Diaspora et qu'il en fera un retour assidu et a même émis le vœu de rencontre bi- annuelle avec la Diaspora pour lui faire le compte rendu de son activité parlementaire. Concernant son choix du groupe parlementaire, Il a rappelé que cela obéissait à des intérêts, à des sensibilités et a des valeurs communes et partagées afin de lui permettre d'avoir une liberté de ses opinions et qu'il en userait.

Reconnaissant aussi que Le Député n'étant pas un agent de développement, mais par son lobbying, Il peut prendre une part active au développement , Il en a profité pour dévoiler son projet immobilier pour la construction de 50 logements de 4 à 5 pièces à KOUIBLY avec des partenaires pour pallier au déficit d'urbanisation en matière immobilière. Ce projet est phase de concrétisation et les souscriptions iminantes seront destinées aux populations de KOUIBLY , à sa Diaspora et aussi à tous ceux y ayant des intérêts avait Il ajouté. De façon globale il a promis au cours des prochaines rencontres qu'il mettrait à la disposition de la Diaspora de KOUIBLY la loi de finance une fois décortiquée pour plus de lisibilité afin de permettre un meilleur investissement avait- Il conclu. Les lampions se sont éteints après une belle collation offerte par le Comité d'organisation .

Antoine SEHI Guybovo pour Diaspotv

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Côte d'Ivoire : Méambly Evariste a encore frappé « Alassane Ouattara », le nouveau sage de l’Afrique Featured

jeudi, 23 mars 2017 12:56 Written by

Le député de Facobly et président du conseil régional du Guémon, par ailleurs président du groupe parlementaire « Agir pour le peuple », Evariste Méambly a dans une contribution reprise par certains médias en ligne ce jeudi 23 mars 2017 fait des propositions concernant l’épineuse question de la réconciliation en Côte d’Ivoire.

« Voici ma solution pour Ouattara», le titre de sa contribution dresse une liste effectivement de solution pour y arriver. La note écrite par son service de communication indique que le député de Facobly Evariste, « est actuellement en tournée dans son département. Il y est pour remercier ses parents qui lui ont renouvelé leur confiance lors des législatives de décembre 2016. En marge de cette randonnée de remerciements, il s’est confié, mardi 21 mars 2017, à la presse, à Facobly, lui indiquant ce que son groupe parlementaire compte apporter à l’Assemblée nationale. Méambly Evariste a dit que six actions prioritaires figurent en bonne place de la politique générale de son groupe parlementaire. Il s’agit, a-t-il évoqué, « (1) d’œuvrer pour la réconciliation totale des Ivoiriens, (2) de travailler au renforcement des acquis démocratiques dans le pays, (3) de faire en sorte que la cohésion sociale soit une réalité, (4) de faire la promotion des droits humanitaires, (5) de vulgariser les actions publiques et enfin (6) de promouvoir le dialogue et le vivre ensemble ».

Au cours de cette mandature, « Agir pour le peuple » veut soumettre une proposition de loi d’amnistie à l’Assemblée nationale ». Pour lui, cette loi d’amnistie va permettre la libération de tous les prisonniers politiques détenus en Côte d’Ivoire et celle de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé à la CPI. Elle permettra également le retour des exilés et fera du président Ouattara, le nouveau sage de l’Afrique de l’ouest à l’image d’Houphouët-Boigny. Parce qu’elle permettra aussi de mettre les pro-Ouattara à l’abri de poursuites dont ils pourraient être l’objet.
Enfin selon la même note Méambly a accueilli Sangaré Abou Drahamane, vendredi 17 mars 2017, à Facobly à qui il a remis une contribution financière.

Notre commentaire :

1-D’abord Ouattara dit qu’il n’y a pas de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire.
2- Si effectivement une loi d’amnistie peut rassurer les ivoiriens exilés à retourner en Côte d’Ivoire, sur la question de la libération de Gbagbo et Blé, il faut savoir que nous tous aurions souhaité que la répression nationale soit la règle et la répression internationale l’exception. Malheureusement l’irrecevabilité des Affaires Laurent Gbagbo et Blé Goudé a déjà été tranchée par les juges de la CPI, ce qui donne lieu à la tenue actuelle de leur procès d’ailleurs en cours et qui devrait aller jusqu’à son terme sans être freiné au nom du principe de la séparation des pouvoirs. On comprend mal comment une loi d’amnistie ivoirienne peut-elle les libérer.
3-Alassane Ouattara, le nouveau sage de l’Afrique de l’Ouest ? Beaucoup de tes parents de l’Ouest te demanderont que feras-tu des corps des victimes Wê de Nahibly, petit Duekoué, Duekoué carrefour, Guitrozon….ça moi je ne rentre plus dans ce débat.
4- Sur la contribution financière de Méambly à Sangaré, je crois qu’on peut être généreux et discret à la fois. Mais bon, ça c’est du Méambly !
5-Enfin, franchement, avant de réconcilier les ivoiriens avec Ouattara, le député Méambly ferait mieux de se réconcilier lui-même avec ses frères de l’Ouest, tels Oula Privat de Duekoué et Youté Innocent de Kouibly. Car on ne peut pas être apôtre de la paix et traîner ses propres frères devant les tribunaux.
6-Méambly peut jouer sur la naïveté de nos parents Wê de l’Ouest mais cette démagogie ne devrait plus prospérer jusqu’à l’infini.

Philippe Kouhon pour Diaspotv

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COTE D'IVOIRE/POLITIQUE Crise au FPI: Affi N’Guessan adresse une lettre de mise en garde à Aboudrahame Sangaré Featured

mercredi, 22 mars 2017 12:44 Written by
Dans la crise qui oppose Affi N’Guessan à Aboudrahana Sangaré au sein du Front populaire ivoirien (FPI), le premier invite le second dans un courrier à ne plus agir au nom du parti. Nous vous proposons l’intégralité de la lettre ci-dessous:



Abidjan, le 15 Mars 2017


N/Réf. : FPI/PP/ Cab.-PP/017-2017/D.A

Au
Camarade
Aboudrahamane SANGARE

ABIDJAN
Objet : Mise en garde

Camarade,
Depuis plusieurs mois, usant de titres et fonctions qu’aucune instance du Front Populaire Ivoirien (FPI) ne t’a attribués, tu mènes des activités dissidentes qui sèment la confusion dans l’opinion, qui portent gravement atteinte au moral et à la sérénité des militants ainsi qu’à l’image du parti, et qui causent en conséquence un grave préjudice politique au FPI.
Et pourtant depuis deux (2) ans je n’ai eu de cesse d’appeler à la cohésion et à l’unité du parti à travers plusieurs initiatives et missions de médiation. Elles se sont toutes heurtées à une fin de non-recevoir.
Bien qu’ayant perdu tous les procès qui nous ont opposés et acquiescé les différentes décisions de justice, tu persistes dans ton refus de la légalité et dans une attitude de défiance à l’égard de la Direction du Parti. Tu te prévauts du titre de ‘’Président’’ du FPI quand bien même personne en Côte d’Ivoire comme à l’extérieur ne te reconnait cette qualité.
En cette fausse qualité tu animes des meetings et tu envisages d’organiser sous la bannière du FPI une ‘’fête de la Liberté’’ à Alépé en Avril 2017.
Les Ivoiriens en général et nos militants en particulier se posent des questions sur tes motivations. Ils ne voient pas comment ton attitude et tes agissements contribuent à la libération du Président Laurent Gbagbo et de tous nos camarades détenus.

Ils constatent au contraire que vos agissements sont à la base des refus aux différentes demandes de mise en liberté provisoire formulées par la défense du Président Laurent Gbagbo. Ils se demandent s’ils peuvent continuer de nous faire confiance et d’espérer avec nous.
Ils ne comprennent pas pourquoi un haut cadre de ton rang refuse toute médiation pour dénouer des contradictions internes qui tendent à fragiliser un parti politique dont tu dis être membre-fondateur, et qui peuvent hypothéquer ses chances de reconquête du pouvoir d’Etat.
Notre peuple souffre. Le pays nous appelle. La nation nous regarde et elle nous attend. Devant la tragédie que constitue pour notre pays le régime d’Alassane Ouattara, nous n’avons pas le droit de briser l’espérance de la renaissance politique, économique et sociale que représente le FPI pour notre peuple.
L’unité du parti est un devoir politique parce que la reconquête du pouvoir en 2020 est un impératif catégorique. L’enjeu, c’est l’avenir de notre pays, c’est notre place et notre rang dans l’histoire de cette nation.
Les ambitions politiques sont légitimes. Les divergences d’opinion sont dans la nature de la politique. L’avantage de la démocratie est de faire l’économie du spectacle affligeant et déshonorant auquel tu nous soumets depuis plusieurs mois et de permettre que nos ambitions et nos divergences se gèrent sans préjudices pour l’image, la respectabilité et l’unité de notre organisation politique.
C’est pourquoi je te demande encore une fois de mettre définitivement fin à ces agissements qui ne peuvent conduire nulle part sinon à faire le jeu du régime d’Alassane Ouattara, à prolonger les souffrances des Ivoiriens et à mettre en péril l’existence même du FPI.
Je t’appelle à l’unité et à la cohésion non pas pour te faire plaisir, mais par devoir politique et au nom de tous les martyrs de notre lutte. Je te demande de saisir la main tendue non pas pour me faire plaisir, mais au nom de tous nos martyrs et par devoir envers l’histoire et la nation.
Au demeurant, je note que ces derniers jours vos positions ont évolué puisque vous parlez désormais d’entrer dans le jeu politique et de participer à l’élection présidentielle de 2020, de réconciliation nationale, de diplomatie avec la France et la communauté internationale pour la libération du président Laurent Gbagbo, etc. En somme, plus rien ne nous oppose désormais.
En conséquence pour la réalisation de tes ambitions et conformément à nos textes, il t’est loisible de faire acte de candidature au poste de Président du FPI à l’occasion du Congrès Ordinaire du Parti qui se tiendra dans les mois à venir. Tous les militants du parti seront informés en temps utile des détails de participation à ce congrès et de présentation des candidatures à la Présidence du FPI.
Notre parti est à l’origine de la démocratie en Côte d’Ivoire. Son principal slogan est « asseyons-nous et discutons ».
En tant que juriste, tu sais que tes agissements constituent des délits d’usurpation de titres et fonctions et de faux et usage de faux. Asseyons-nous et discutons pour trouver une solution politique à nos contradictions afin de faire l’économie d’une solution judiciaire et de subir la rigueur de la loi.
Reçois Camarade, mes salutations militantes.





Pascal AFFI N’Guessan
 
 
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Combats pour le contrôle du pétrole libyen et pour la conquête de Tripoli Featured

mercredi, 22 mars 2017 07:01 Written by
La situation est loin de faire la une des journaux, mais la capitale libyenne tressaille sous les pires violences qu’elle ait connues depuis le début des combats à la mi-2014. À l’est du pays, les affrontements pour le contrôle du pétrole font rage, alors que les signes d’un engagement croissant de la Russie deviennent visibles. Quelles sont les conséquences de ces luttes pour le pouvoir économique et politique sur la population civile libyenne ?

Alors qu’une myriade de milices se livrent une lutte pour le contrôle du centre de Tripoli, les habitants tentent de se mettre à l’abri des tirs de chars et d’artillerie. Les combats interviennent après deux années de violences croissantes et dans un contexte de misère grandissante pour la ville et ses 1,5 million d’habitants, engendrée par l’effondrement des services de base.

Plus à l’Est, les forces de l’un des trois gouvernements libyens rivaux ont pris le contrôle de deux ports pétroliers, al-Sidra et Ras Lanuf, dont une autre milice s’était emparée au début du mois.

La reconquête de ces ports offre l’espoir d’une relance de la production de pétrole — la principale source de revenus du pays avec la production de gaz. Mais le contrôle de ces ressources dépendra de l’issue de la lutte indécise que se livrent le Parlement élu, basé à Tobrouk, le gouvernement d’unité nationale, établi à Tripoli avec le soutien des Nations Unies, et une troisième autorité potentielle, le gouvernement de salut national, également établie dans la capitale.

Comment en est-on arrivé là ?

Les nombreuses milices libyennes s’affrontent de manière sporadique pour prendre le contrôle de Tripoli (et du pays) depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, mais les combats se sont intensifiés après les élections législatives de juin 2014. Un groupe originaire de Misrata, la troisième ville du pays, et des islamistes ont refusé d’accepter leur défaite dans les urnes, et ils se sont unis pour donner naissance à une milice, baptisée « Aube libyenne ».

Après sept semaines d’affrontements contre des milices rivales, les combattants se sont emparés de la capitale. Les ambassades étrangères ont quitté le pays et l’aéroport international est parti en flammes. Depuis, les compagnies aériennes étrangères évitent la Libye et rares sont les étrangers qui se rendent dans le pays. Même les Nations Unies jugent que la ville est dangereuse et opèrent principalement depuis la Tunisie voisine.

Le gouvernement d’union nationale s’est établi à Tripoli en mars 2016 ; selon les Nations Unies, il pouvait faciliter l’unification du pays. Mais il n’a même pas réussi à unifier Tripoli — les membres de la présidence sont confinés dans la base navale de la ville, alors que des bataillons de miliciens, dont certains ont fait alliance avec le gouvernement de salut national, règnent dans les rues.

À Tripoli, le chaos est tel ces derniers jours que les hôpitaux de la ville ne sont pas en mesure d’évaluer le nombre exact de morts et de blessés. Un de ces établissements, celui de Habda, a été touché à deux reprises par des tirs de mortier avant de prendre feu, mardi, puis d’être évacué.

L’horreur des combats de rue aggrave le quotidien des habitants de la capitale et avive leurs inquiétudes en matière de sécurité.

« Le plus difficile, quand on vit ici, c’est l’incertitude », a dit à IRIN une femme au foyer de Tripoli qui a demandé à garder l’anonymat. « Mon mari et mon fils vont au travail tous les jours, les enfants vont à l’école, et on entend les combats au loin, on entend parler du dernier enlèvement en date et on se demande : seront-ils en sécurité ? »

Il est vrai qu’à Tripoli, ce qui était anormal devient normal. Le gouvernement d’union nationale n’a pas été capable de reprendre en main les services publics. La ville subit des coupures de courant qui durent plusieurs jours, parce que les centrales électriques tombent en panne ou que des milices se sont emparées des combustibles.

Le manque d’énergie se traduit aussi par un manque d’eau issue des stations de pompage. D’autant plus que la ville dépend d’un long pipeline pour son eau potable. Construit à l’intérieur du désert, ce pipeline, baptisé « grande rivière artificielle », a aujourd’hui fortement besoin d’entretien.

Mais, actuellement, c’est la sécurité qui est le principal problème à Tripoli. Outre les chars, les bombardements et les affrontements, échapper aux enlèvements est devenu tout un art. Gargaresh, dans le centre-ville, reste un quartier dynamique pour ceux qui ont de l’argent ; les cafés sont bondés, mais même ici, les gens viennent et repartent en groupe pour éviter les enlèvements.

Les apparences sont importantes aussi. Un étudiant a expliqué à IRIN pourquoi il ne nettoyait pas sa voiture et pourquoi il ne remplaçait pas son parebrise cassé. « Je veux que cette voiture ait l’air d’être en mauvais état. Je ne veux pas qu’un milicien la repère. Parce qu’alors, il risquerait de la prendre ». Pétrole et argent

À l’Est, dans le bassin de Syrte, où se trouvent les gisements pétroliers dont la Libye tire une large partie de ses revenus, les forces de Khalifa Haftar — homme fort de la région, soutenu par la Russie et l’Égypte, et allié du gouvernement de Tobrouk — se sont emparées des terminaux pétroliers jusqu’alors contrôlés par des milices de Benghazi.

Selon des sources anonymes étasuniennes et égyptiennes, les forces spéciales russes joueraient un rôle croissant dans cette région riche en pétrole, ce qui soulève des interrogations dans les capitales occidentales, particulièrement à la lumière des exploits russes en Syrie.

Les ports pétroliers de l’est de la Libye étaient fermés depuis deux ans en raison d’un différend sur leur contrôle et sur les exportations, mais M. Haftar les a rouverts quand il s’en est emparé au mois de septembre. Les revenus associés ont ainsi à nouveau afflué.

Les terminaux sont importants d’un point de vue politique, aussi bien qu’économique. Depuis les combats, le parlement de Tobrouk, auquel M. Haftar s’est allié, a voté en faveur du retrait du soutien déjà timide accordé au gouvernement d’unité nationale et au processus de paix soutenu par les Nations Unies.

Sans pétrole, le pays pourrait en outre tomber dans une crise économique plus profonde encore. Il souffre déjà d’un grave manque de fonds. Outre des gouvernements rivaux, deux banques centrales s’opposent en Libye : l’une, établie à Tripoli, utilise des dinars imprimés en Grande-Bretagne ; l’autre, installée dans l’Est, utilise des dinars elle aussi, mais ses billets, imprimés en Russie, sont différents.

Avec des milliards de dinars de billets de banque qui arrivent dans le pays, la Libye devrait nager dans l’argent. Mais au lieu de cela, les banques ont limité la quantité d’argent en circulation dans une tentative, qui n’a pas vraiment réussi, de contrôler l’inflation galopante.

Seules quelques banques nationales sont autorisées à distribuer des espèces, souvent dans une limite de 300 dinars (soit 214 dollars au taux de change officiel, mais plutôt 50 dollars en valeur réelle) par client et par semaine.

De longues files d’attente se forment lorsque le bruit court que les banques vont ouvrir pour la journée, et des émeutes ont éclaté, alors que le mécontentement grandit. Au début du mois, un homme a été abattu à l’extérieur de l’Aman Bank, un établissement de premier plan. Des proches de la victime qui souhaitaient se venger ont tiré quatre roquettes sur le bâtiment, et les combats qui se sont poursuivis dans la nuit se sont soldés par l’incendie de l’établissement.

La Banque mondiale indique que 60 pour cent du budget du pays, qui s’élève à 25 millions de dollars, sont consacrés à un secteur public exagérément surévalué, et que la corruption permet à bon nombre de personnes de bénéficier d’emplois publics qui n’existent pas. Avec une économie aussi désorganisée, les revenus provenant de ces emplois fictifs constituent quelques-uns des rares moyens de survie.

Le premier employeur du pays est l’entreprise de produits laitiers Naseem, établie à Misrata. Au mois de mars, cette entreprise qui n’emploie que 900 personnes a annoncé qu’elle risquait de fermer ses portes, car elle ne peut plus obtenir de crédits pour importer du lait en poudre et des emballages, en raison du désordre financier.

L’inflation galopante aggrave la pénurie d’argent, et la limitation des retraits n’a pas empêché la monnaie de perdre sa valeur, alors que le prix des marchandises s’est envolé. Le dollar s’échange désormais contre six dinars environ au marché noir, soit un taux de change plus de trois fois plus élevé que le taux de change officiel de 1,4 dinar pour un dollar.

« Les pillages sont fréquents ici », s’est plaint un habitant de Tripoli. « Même [Abdul Raouf] Kara [le dirigeant de la force spéciale de dissuasion, une milice qui est ce qu’il y a de plus proche d’une force de police à Tripoli] ne peut y mettre un terme. Pas plus tard que la semaine dernière, mes voisins ont été arrêtés dans la rue [par des hommes armés] et leur argent et leurs [téléphones] portables ont été pris ».

La situation des migrants, en majorité originaires d’Afrique subsaharienne, est pire encore. Certains arrivent dans la capitale après de longues expéditions dans le désert dans l’espoir de pouvoir acheter une place dans un bateau pour l’Europe ; d’autres sont simplement prêts à accepter n’importe quel travail.

Nombre des 275 000 migrants présents en Libye, selon des estimations, sont la proie du trafic d’êtres humains. Certains sont placés dans des centres de détention tristement célèbres et les plus malchanceux d’entre eux trouvent la mort en mer. On compte également 313 000 Libyens déplacés à l’intérieur de leur pays et qui ont des besoins urgents ; les agences humanitaires apportent de l’aide où elles le peuvent.

La promesse de l’Est ?

La vie est un peu plus facile dans l’est de la Libye, où le parlement de Tobrouk a rétabli un semblant d’ordre. Les milices ont, en grande partie, été chassées de la région et remplacées par des forces de police ordinaires et des soldats. Des conseils tribaux ont également été établis pour participer au fonctionnement des services sociaux.

Des manuels scolaires ont été imprimés et distribués dans le pays. L’aéroport de Benghazi va par ailleurs bientôt reprendre son activité — sa réouverture a été retardée, car des milices immobilisées dans certains quartiers du centre-ville tirent, par intermittence, des missiles Grad sur le site.

Ces milices, ainsi que des familles disposant de peu de nourriture et d’eau, sont immobilisées dans trois petites enclaves. Les Nations Unies ont négocié un cessez-le-feu, mais seule une dizaine de personnes ont saisi cette occasion pour partir ; la situation reste donc bloquée. Ailleurs dans la ville, la vie a repris un cours presque normal, et des bénévoles peignent de nouvelles lignes blanches sur les routes défoncées.

Mais à l’heure actuelle, c’est l’exception, pas la règle en Libye.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « le système de santé libyen s’est tellement détérioré qu’il est au bord de l’effondrement ». Des pénuries chroniques de médicaments se produisent dans les hôpitaux, car les systèmes de paiement du gouvernement ne fonctionnent plus. Il n’y a plus assez d’eau potable.

En revanche, il y a suffisamment d’armes et de munitions pour alimenter les combats.

La plupart des gens sont pris au piège : rares sont les Libyens qui ont réussi à obtenir un visa pour quitter le pays, même avant l’interdiction d’entrer aux États-Unis décrétée à leur encontre par le président américain Donald Trump.

La nostalgie est à la mode, ce qui n’est pas étonnant. Sur les réseaux sociaux fleurissent des photos de Tripoli datant d’une époque révolue : les premières années de l’occupation italienne, l’après-Seconde Guerre mondiale quand la Libye est devenue indépendante (en 1951). Ces photos montrent une ville propre et agréable avec ses boulevards sinueux et son littoral étincelant — une ville d’un autre monde.

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L'instance électorale camerounaise Elecam a rendu publique mardi la liste…
Au Togo, les opérations de recensements pour les législatives du…
Selon les termes d'un nouvel accord de partage du pouvoir…
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Côte d’Ivoire : l’emprisonnement de Sam l’Africain en question Featured

mercredi, 22 mars 2017 06:33 Written by
Arrêté par la justice ivoirienne qui l’accuse d’avoir tenu des propos « incitant à la haine tribale, à la xénophobie et à la révolte des militaires », Sam Mohamed Jichi, dit « Sam l’Africain », l’opposant sera jugé le 31 mars prochain. Une arrestation qui fait jaser.

Son arrestation fait jaser. Sam Mohamed Jichi, dit « Sam l’Africain », l’opposant ivoirien, a été arrêté par la justice ivoirienne qui l’accuse d’avoir tenu des propos « incitant à la haine tribale, à la xénophobie et à la révolte des militaires ». Il sera jugé le 31 mars prochain. Pour le moment, il est toujours en prison à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan.

Les faits

Suite à un meeting tenu à Youpougon, Sam l’Africain a été convoqué à la brigade de recherche. Après quatre tours d’horloge passés devant les enquêteurs, ceux-ci décident son placement sous mandat de dépôt. « Le samedi 11 mars 2017, lors d’un meeting qu’il a animé à Yopougon, le nommé SAM JICHI Mohamed alias SAM l’Africain a tenu des propos incitant à la haine tribale, à la xénophobie et à la révolte des militaires. Ces propos, d’une particulière gravité au moment où les plus hautes autorités de notre pays œuvrent à la réconciliation nationale et à la restauration de la cohésion sociale, sont constitutifs d’infractions prévues et punies par les articles 199, 200 et 201 du Code Pénal. Interpellé dans le cadre de l’enquête ouverte à cet effet, le nommé SAM JICHI Mohamed a été déféré ce vendredi 17 mars 2017, au Parquet qui l’a traduit devant le Tribunal correctionnel, suivant la procédure de flagrant délit ». C’est ce qu’a expliqué un communiqué du procureur de la République justifiant cette arrestation de ce pro-Gbagbo.

C’est ce concept « d’Ivoirité » qui sera à la base de la guerre qu’a connue la Côte d’Ivoire en 2002 et qui a divisé le pays en deux jusqu’à la chute de Laurent Gbagbo en 2011. Sam Mohamed Jichi, Ivoirien depuis sa naissance, est parfois traité de Libanais par ses détracteurs. Lors de ce fameux meeting de Yopougon, il essayait de défendre son appartenance à la nation ivoirienne avec pour exemple le cas du président Ouattara à qui beaucoup trouvent la double nationalité burkinabé et ivoirienne par sa mère.

Que reproche-t-on à Sam l’Africain ?

« Si je suis libanais, alors Alassane [Ouattara] est burkinabè. Parce qu’Alassane et moi on, a le même statut : il est ivoirien, je suis ivoirien. Il a une partie ivoirienne, j’ai une partie ivoirienne. Mais, lui, sa femme n’est pas ivoirienne. Moi, au moins, ma femme est ivoirienne ». C’est la déclaration qui a conduit Sam l’Africain en prison. Selon le procureur de la République Richard Christophe Adou, elle incite à la « haine tribale, à la xénophobie… ». Décision du procureur qui irrite au plus profond, notamment chez des proches de Ouattara et au sein de l’opposition ivoirienne.

Certains Ivoiriens sont d’avis que Sam l’Africain paie son soutien à Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. Témoin à charge lors du procès de ces deux détenus ivoiriens à la CPI, Sam l’Africain avait défendu l’ex-Président Laurent Gbagbo.

 

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Avec Robert Bourgi, l’Afrique entre dans la campagne de François Fillon Featured

lundi, 20 mars 2017 08:33 Written by
C’est désormais officiel, les costumes de luxe de François Fillon ont bien été payés par Robert Bourgi. Mais que vient donc faire dans cette galère ce célèbre porteur de valises et intermédiaire historique de la françafrique ?
 

Plutôt discret ces derniers temps après avoir beaucoup œuvré, sans succès, pour l’élection de Jean Ping à la Présidence du Gabon, l’avocat franco-libanais Robert Bourgi apparait soudainement dans la campagne présidentielle française. C’est lui, rapporte le quotidien français Le Monde, qui aurait "offert" 13.000 euros de costumes de chez Arnys à François Fillon.

L’affaire, révélée par le JDD est une nouvelle épine, de taille, dans le pied du candidat Les Républicains à l’élection présidentielle française. Une récente perquisition de police dans les locaux d’Arnys, d’où viennent les costumes, aurait permis de confirmer que Robert Bourgi serait bien le généreux donateur.

Né en Afrique, au Sénégal, Robert Bourgi a longtemps été le conseiller africain des politiques français du RPR et de l’UMP (Chirac, De Villepin et Sarkozy, qui l’a décoré de la Légion d’honneur en septembre 2007) avant de se rapprocher de François Fillon en 2012.

La question qui se pose maintenant est de savoir quel est le sens de ce "cadeau". Les députés doivent déclarer au déontologue "tout don ou avantage d’une valeur supérieure à 150 euros dont ils ont bénéficié (...) en lien avec leur mandat". Ce que conteste François Fillon qui a déclaré "Un ami m’a offert des costumes en février. Et alors ? (cela n’a) rien à voir avec la politique. ".

Robert Bourgi, qui est surtout connu pour son riche carnet d’adresses de nombreux dignitaires africains et pour ses talents de porteurs de mallettes remplies d’argent d’Afrique vers la France, comme il l’avait raconté il y a quelques années déjà eu JDD a une version un peu différente J’ai payé à la demande de François Fillon (...). Et sans d’ailleurs en avoir le moindre remerciement depuis" rapportait le JDD citant l"ami généreux" qui souhaitait rester anonyme.

Il va maintenant falloir que les deux hommes s’expliquent, soit il s’agit d’un cadeau désintéressé entre amis, soit la justice française peut imaginer, en raison du passif africain de Robert Bourgi, que cet argent viendrait d’Afrique et le lien avec un financement occulte de campagne électoral ne serait pas loin.

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Côte d'Ivoire: Kassaraté révèle l'existence d'un service d'écoute français au palais présidentiel Featured

mercredi, 15 mars 2017 17:16 Written by

Interrogé par Me Altit, l'avocat de Laurent Gbagbo, le témoin de l'accusation a précisé qu'il devait être encore en service à ce jour. " Je vois qu'il y est encore, je crois" a indiqué l'ancien chef de la gendarmerie.

Selon Kassaraté, qui ne précise par ailleurs pas savoir qui écoutent les français, ce service en activité "avant et pendant la crise", serait sous l'autorité d'un dénommé Monsieur Couesquer.

"Une fois avec le ministre Kadet (Kadet Bertin, ndlr), nous avons rendu visite à ce service" a expliqué celui qui sera questionné sur ses origines ethniques par l'accusation avant de répondre "Krou".

Interpelé par l'avocat de Gbagbo sur la possibilité que les "rebelles", "Forces nouvelles" selon Kassaraté, eurent pu avoir accès aux écoutes, ce dernier ne l'affirma pas mais le laissa clairement sous entendre.

Kassaraté sera ensuite interrogé sur les ethnies d'une liste de gendarmes ou militaires puis sur ses connaissances des com' zones de l'ex rébellion, en les citant un à un.

Après avoir été levée, l'audience a été renvoyée à jeudi.

Koaci

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Burkina : Que dire du projet de nouvelle constitution ? Featured

mercredi, 15 mars 2017 16:16 Written by
Le Burkina Faso travaille à l’élaboration de sa prochaine constitution. Après les périodes mouvementées qu’a connu le pays, est-ce une nouvelle avancée ? Dans leur article, Arnaud Gohi, explique l’amélioration de la séparation des pouvoirs qui se dessine dans le projet de constitution. La justice sera plus indépendante, le rôle du Président de la République est encadré et un contrôle est mis en place par le parlement. L’auteur montre aussi quelques limites mais surtout regrette que le Burkina Faso n’ait pas fait le choix du régime parlementaire. Il explique alors l’intérêt de ce régime.
 

Après une transition mouvementée et une élection, le pays des hommes intègres est appelé à se doter d’une nouvelle constitution qui devra raffermir ses institutions. Le président Kaboré soulignait d’ailleurs qu’il « faut des institutions fortes, qui survivent à leurs géniteurs ». L’architecture institutionnelle prévue par l’avant-projet de constitution contribue-t-elle à consolider la démocratie ?

Quelques avancées

Si les institutions au Burkina Faso fonctionnaient mal, c’était en partie dû à la prépondérance du pouvoir Exécutif à qui les autres pouvoirs étaient quasiment soumis. L’avant-projet de constitution tente donc de corriger cette hypertrophie de l’Exécutif par le renforcement des prérogatives des deux autres pouvoirs et la consolidation de la séparation de ceux-ci.

D’abord, la justice est raffermie par la consolidation du statut des juges. En effet, l’avant-projet consacre dans ses articles 157 et 158 l’inamovibilité, l’impartialité et la neutralité du juge burkinabè. En ce qui concerne la Cour Constitutionnelle, le politique n’a plus l’exclusivité et l’arbitraire du choix des membres. Ce sont le Conseil Supérieur de la Magistrature, le barreau, les enseignants de droit, les associations de défense de droit de l’Homme qui interviennent désormais dans la désignation des juges. Ce qui donne une Cour multicolore, moins encline aux influences politiques. La dénomination même de l’institution a changé. De « Conseil », l’on est passé à l’appellation « Cour ». Les mécanismes de saisine ont également été élargis à l’article 170, de sorte à permettre non seulement aux citoyens de faire constater les violations de la constitution et des droits humains mais aussi à la Cour de s’auto-saisir lorsqu’elle ne l’est pas.

Ensuite, l’Exécutif est limité par l’essor des prérogatives du Parlement. En effet, pour dépasser le traditionnel rôle de « chambre d’enregistrement » des caprices de l’Exécutif, le Parlement burkinabè joue un rôle de contrôle de l’action gouvernementale. Il ressort de l’article 113 que « Le Gouvernement est responsable devant l’Assemblée Nationale ».

A côté du Gouvernement, l’hypertrophie des pouvoirs du Président de la République est amenuisée afin de garantir l’alternance démocratique. En effet, déjà dans son statut, le Président voit son mandat rigoureusement limité à deux par l’article 59. Mieux, l’article 192 rend irrecevable toute initiative de révision qui « remet en cause (…) le nombre et la durée des mandats présidentiels » de sorte à sonner le glas des « Présidents quasi-éternels ». Les députés également ne peuvent briguer que trois mandats. Ceci est une nette avancée dans le renouvellement de la classe politique.

Il ressort de ce qui précède que l’avant-projet de constitution a fait des pas significatifs dans la séparation des pouvoirs et le renforcement de la démocratie. Seulement, ce nouveau système présente des risques.

Certains risques et carences

Le choix semi-présidentiel, semi-parlementaire est bien souvent semi-efficace. En effet, le Président est choisi directement par le peuple. Le Gouvernement, lui, tire sa légitimité du Parlement. Dans un tel cas de figure, les pouvoirs ne peuvent fonctionner correctement que lorsque le Premier ministre est du même bord que le Président de la République. Or, rien ne garantit que le Président ait la majorité nécessaire au Parlement. Il peut donc arriver que la majorité au Parlement soit hostile au Président et érige à côté de lui, un gouvernement « adversaire ». On parle alors de cohabitation. Dans cette hypothèse, gouverner devient extrêmement complexe puisqu’il faut concilier des intérêts, des méthodes, des idéologies souvent opposées.

En outre, le Gouvernement est responsable devant le Parlement mais pas le Président de la République qui lui l’est plutôt devant le peuple qui l’a élu. Le premier ministre apparait comme une sorte de fusible que l’on peut sauter en cas de mauvaise politique de l’Exécutif sans que le Président lui ne soit inquiété. Le peuple est souverain et le Président de la République est serviteur de celui-ci. Seulement, le peuple ne dispose pas de mécanismes constitutionnels probants et efficaces pour exercer directement son contrôle sur le Président en cours de mandat. Le constituant semble hésiter à basculer dans un régime parlementaire qui rendrait l’ensemble de l’Exécutif responsable devant le Parlement, devant les mandataires du peuple. Il transparait une volonté à peine voilée de conserver une partie du système passé.

Il aurait été plus efficace de faire le choix du régime parlementaire à scrutin majoritaire à un tour qui aurait permis d’éviter ces risques systémiques. Le régime semi-présidentiel n’est pas un régime parlementaire. En effet, dans le second, l’ensemble de l’Exécutif tire sa légitimité de la majorité au pouvoir. Il n’y a guère de risque de cohabitation qui paralyse l’action gouvernementale car le gouvernement n’existe que lorsqu’il a la confiance du Parlement. Du coup, l’Exécutif est réellement responsable devant le parlement et doit lui rendre compte. S’il perd la confiance, l’Exécutif est dissout et un nouveau gouvernement est formé. Il y a donc l’assurance d’un contrôle effectif, efficace qui n’épargne personne mais aussi l’existence d’une cohérence entre l’Exécutif et le Parlement. Ce qui légitime et favorise l’action gouvernementale. Accessoirement, le choix de ce régime aurait permis de réduire les coûts de l’organisation de deux élections distinctes dans un pays qui peine à sortir de la pauvreté.

Enfin, si l’indépendance de la justice semble renforcée, il n’en demeure pas moins que l’ombre du politique notamment celui du Président de la République continue à planer sur les instances judiciaires notamment par la proximité constitutionnellement consacrée du Président et du Conseil Supérieur de la Magistrature.

En définitive, l’avant-projet de nouvelle constitution est incontestablement une avancée démocratique. Toutefois, le constituant doit aller plus loin dans le choix du régime parlementaire pour ne pas noyer les aspirations démocratiques du peuple burkinabè.

Arnaud Gohi, doctorant en droit public au LECAP Abidjan. Le 13 mars 2017.

Article publié en collaboration avec Libre Afrique.

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Gabon: le dialogue politique voulu par Ali Bongo débutera le 28 mars Featured

dimanche, 12 mars 2017 16:49 Written by

Le "dialogue politique" pouvoir-opposition, voulu par le président du Gabon Ali Bongo Ondimba après sa réélection contestée en août, s'ouvrira le 28 mars, sans son principal rival Jean Ping qui a d'ores et déjà annoncé qu'il boycotterait ce forum.

Ce dialogue portera sur « la réforme des institutions et la consolidation de l’Etat de droit démocratique », « les réformes électorales » et « la modernisation de la vie publique », selon un décret adopté vendredi en Conseil des ministres et publié samedi par le quotidien national l’Union.

Participation citoyenne

Une première phase « citoyenne » permettra à la société civile d’apporter « ses contributions », tandis qu’une autre étape « sera consacrée exclusivement aux partis politiques », selon le texte.

Ali Bongo avait proposé ce dialogue « à tous les responsables politiques, y compris les candidats malheureux » à l’élection présidentielle dès la validation de sa réélection le 24 septembre par la Cour constitutionnelle qui a rejeté un recours de Jean Ping.

Une partie de l’opposition a participé en février aux travaux d’un comité préparatoire « paritaire » pour organiser ce « dialogue inclusif et sans tabou », qui doit avoir lieu à Libreville.

Boycott de Jean Ping

En revanche, la Coalition pour la nouvelle République (CNR) de Jean Ping et ses partisans n’a participé « ni de près ni de loin » à ces travaux préparatoires, avait indiqué à l’AFP son porte-parole, Jean Gaspard Ntountoume.

Jean Ping se proclame toujours « le président élu », s’appuyant notamment sur le rapport final de la mission d’observation électorale de l’Union européenne.

Présenté en décembre à Libreville, ce rapport, contesté par le gouvernement, pointe des « anomalies » qui « mettent en question l’intégrité du processus de consolidation des résultats et du résultat final de l’élection ».

Le communiqué du conseil des ministres assure de son côté que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, considère que « l’élection présidentielle du 27 août est désormais derrière nous ».

Le chef de la diplomatie gabonaise, Pacome Moubelet-Boubeya, a rencontré Antonio Guterres il y a quelques jours, avait indiqué son ministère dans un communiqué. Des élections législatives doivent se tenir au Gabon d’ici fin juillet.

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