Le président Mokgweetsi Masisi réélu à la tête du Botswana

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Le président Mokgweetsi Masisi réélu à la tête du Botswana

Le chef de l’Etat sortant Mr Mokgweetsi Masisi faisait face à une fronde menée par son prédécesseur, Ian Khama, qui l’accuse de dérive autoritaire.

Au terme de deux jours de dépouillement, M. Mokgweetsi Masisi a été proclamé élu pour un mandat de cinq ans.

Le président sortant du Botswana, Mokgweetsi Masisi, a remporté les élections générales, vendredi 25 octobre, malgré la fronde inédite de son prédécesseur qui menaçait le règne sans partage exercé par son parti depuis un demi-siècle.

Dès la confirmation que son Parti démocratique du Botswana (BDP) avait obtenu la majorité absolue des 57 sièges du Parlement. Agé de 58 ans, M. Masisi dirige le pays depuis avril 2018 et la démission de Ian Khama conformément à la Constitution du pays, qui limite à dix ans le mandat des chefs de l’Etat.

A la tête du pays depuis son indépendance en 1966, le BDP était pour la première fois menacé de perdre sa majorité au Parlement lors de ce scrutin à cause d’une fronde lancée par son prédécesseur.

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Quelques mois après sa retraite, M. Khama a en effet reproché à son successeur de revenir sur certaines de ses décisions emblématiques, comme l’interdiction de la chasse aux éléphants sauvages, et l’a accusé de dérive autoritaire. 

« Nous avons des dirigeants devenus ivres de pouvoir », a-t-il expliqué quelques jours avant le scrutin dans un entretien accordé à l’AFP. « Notre démocratie est menacée par un tsunami de la même veine que ce que fait [le président américain Donald] Trump dans son pays ».

Un pays riche mais très inégalitaire

Résolu à faire mordre la poussière à son successeur, M. Khama a claqué la porte du BDP, créé un nouveau parti qui a présenté des candidats aux législatives, et appelé à voter pour l’opposition. Cette guerre des chefs a fragilisé la position du parti au pouvoir, en perte de vitesse depuis les élections générales de 2014, où il a réalisé le plus mauvais score de son histoire en tombant sous la barre symbolique des 50 % des voix.

M. Masisi s’était toutefois déclaré persuadé de l’emporter. « On doit gagner », avait-il déclaré mercredi en votant dans son village natal de Moshupa (sud) : « J’en suis aussi sûr que le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest. »Article réservé à nos abonnés 

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Jusque-là cantonnée dans l’opposition, la Coalition pour un changement démocratique (UDC) espérait prendre sa revanche, arguant des difficultés économiques du pays. Avec un PIB par habitant de plus de 8 000 dollars largement nourri par ses diamants, le Botswana est un des pays les plus riches du continent.

Mais il est aussi un des plus inégalitaires, avec un taux de chômage de 18 %. « Il est possible que nous soyons à l’aube d’un jour totalement différent, d’un avenir totalement différent », avait lancé mercredi Duma Boko, le chef de l’UDC.

Aucun des partis en course n’a réagi immédiatement, vendredi, à la victoire annoncée de M. Masisi. Le dépouillement des suffrages se poursuivait dans les circonscriptions législatives dont les résultats n’ont pas encore été confirmés par la commission électorale. Ils devaient être rendus publics plus tard dans la journée.

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