Panafricanisme vous avez dit? Le chemin sera long, très long même…..

0
185
Panafricanisme vous avez dit? Le chemin sera long, très long même.....

« PANAFRICANISME »

Chaque jour utilisé on ne sait pas pourquoi. Plus aimé dans les phrases que dans les actes. Le jour où ce qui fera pleurer un ivoirien fera aussi pleurer un congolais et que ce qui fera rire un sénégalais fera rire un togolais, on aura fait un pas de géant vers le « panafricanisme ».

Le panafricanisme doit être un mouvement synchronisé. Ce à quoi nous assistons pour l’heure n’est que pure comédie quand ce n’est pas un verbalisme creux. Sous nos tropiques, ce qui se passe chez le voisin ne nous intéresse pas même quand nous avons conscience que le même danger nous guette. C’est ainsi par exemple qu’une rébellion chez le voisin ivoirien était un non événement au Mali ou au Niger.

Fatou DIOM parle du panafricanisme et de l’Afrique

Un malien est pris en otage, c’est un non événement au Ghana. Une ivoirienne est violentée au Tchad, ça n’intéresse pas le camerounais. Et pendant ce temps, on prêche le « panafricanisme » à longueur de journée.

Sur l’autre continent appelé abusivement « vieux continent »(on ne sait pas au nom de quoi), on est d’abord européen, membre de l’union européenne avant d’être espagnol ou catalans. Dans ces conditions, le problème de l’italien est un problème européen. Un allemand « est dans les cordes »hors du territoire européen, ce sont tous les peuples de l’union européenne qui cherchent à le libérer. Comme quoi, « palabre de mon frère c’est mon palabre ». ça c’est chez eux.

Quant à nos peuples, ils sont encore très enracinés dans les tribus. Or, les tribus sont un frein au panafricanisme. Dans nos pays qui sont en réalité des conglomérats de tribus, l’appartenance à une ethnie prime sur l’appartenance à un pays. On est par exemple sénoufo, baoulé, wê ou bété avant d’être ivoirien.

Ici, ce qui touche à un membre de mon ethnie me touche plus que ce qui touche à un ivoirien. Voici donc la logique. Si ce qui touche l’ivoirien est moins important que ce qui touche un membre de mon ethnie, comment ce qui touche un ghanéen peut m’intéresser? Il y a même des communautés qui n’arrivent pas à faire le deuil de leur passé lointain. Ces peuples là, restent plus proches de leurs cousins de l’autre côté de la frontière que de leurs frères avec qui ils vivent ensemble sur le même territoire et avec qui ils partagent le même destin et donc condamnés à vivre-ensemble.

Emmanuel de Kouassi pour Diaspotv