Cameroun : ouverture timide de la campagne en vue des élections locales

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La campagne pour les élections législatives et municipales camerounaises du 9 février s’est ouverte sans réel engouement et en l’absence du parti de l’opposant Maurice Kamto, qui continue d’appeler au boycott des scrutins. C’est avec peu d’entrain que les partis politiques en lice pour les élections locales sont entrés dans la bataille électorale. Dès les premiers jours de cette campagne, ouverte samedi 25 janvier, les appels au boycott lancés par l’opposition ont de fait monopolisé les débats et éclipsé les enjeux du scrutin. À Douala comme à Yaoundé, des affiches éparses de candidats et des meetings peu courus étaient les principales attractions de ce début de campagne, prévue pour durer 15 jours. Un manque d’engouement que certains partis d’opposition attribuent au retard observé dans l’attribution de la dotation publique servant au financement de la campagne. À LIRE Cameroun : boycotter les élections locales ? La question divise l’opposition « Nous attendons toujours le déblocage des fonds publics. Ni le ministère de l’Administration territoriale, ni celui des Finances, ni même Elecam [l’organe chargé des élections] ne nous dit quoi que ce soit sur le sujet. Ce n’est pas normal », s’est ainsi insurgé Anicet Ekané, le leader du Manidem, l’un des partis en lice dans la ville de Douala. Le RDPC ultra favori L’absence de financement n’a cependant pas empêché le parti du président Paul Biya, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), de tenir une série de meetings dans plusieurs villes du pays. Notamment à Buea et Bamenda, dans les régions anglophones, où un important dispositif sécuritaire avait été déployé. Fort des cotisations de ses militants, dont un grand nombre se trouve dans diverses strates de l’administration ou dans l’establishment du pays, le RDPC fait office d’ultra favori du scrutin. Le parti au pouvoir est d’ailleurs assuré d’obtenir d’office pas moins de 35 sièges de députés sur les 180 en jeu, en raison de l’absence de concurrents dans certaines circonscriptions. Une situation qui devrait lui permettre de conserver aisément sa majorité au Parlement, ainsi que dans les mairies. Accédez en illimité à Jeune Afrique Digital Pour 7,99€/mois (sans engagement, résiliez à tout moment) Pour 79,99€/an (payez en une fois et profitez de 2 mois offerts !) label Entrez votre adresse e-mail ici 1 minute suffit pour vous abonner à Jeune Afrique Digital ! En savoir plus ? + d'analyses + d'informations exclusives + de débats + d'historique (2 ans d'archives) + d'avant-première (accès 24h avant la publication) + de formats (site web, 2 applis, 1 magazine digital, 2 newsletters) À LIRE Cameroun – Maurice Kamto : « Pour le salut du pays, je suis prêt à discuter avec Paul Biya » Dès lors, le véritable enjeu des élections sera le taux de participation. Arrivé officiellement deuxième à la dernière présidentielle, l’opposant Maurice Kamto a appelé au boycott du scrutin. Le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) entend ainsi protester contre un « système électoral » qu’il estime taillé sur mesure pour le pouvoir, mais aussi réclamer la fin des violences dans les régions anglophones du pays. Défi sécuritaire Car si dans les villes anglophones, la riposte de Yaoundé face aux attaques des combattants sécessionnistes s’est accrue avec un renforcement du maillage sécuritaire, la menace des milices, déterminées à perturber le processus électoral, demeure bien présente. Les combats sont devenus quasi quotidiens dans plusieurs localités des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, soulevant des doutes quant à la tenue sereine des élections. À LIRE Cameroun : rapts, assassinats et couvre-feu… vivre à Bamenda, au cœur du conflit anglophone Au sein d’Elecam, on se veut rassurant. Enow Abrams Egbe, président du Conseil électoral, a annoncé la reconduction du système de vote mis en place lors de la présidentielle de 2018 dans les régions anglophones. Décrié par l’opposition, celui-ci consiste à regrouper plusieurs bureaux de vote en un nombre réduit de lieu. Objectif, selon les autorités : limiter les déplacements des électeurs pour garantir leur sécurité. « Les différents sièges des partis politiques devront être identifiés par les services de sécurité pour les protéger », a par ailleurs expliqué à Jeune Afrique le président du Conseil électoral. « Des corridors de sécurité seront également mis en place pour permettre aux électeurs de se déplacer d’une zone à l’autre. Les centres de vote seront bien protégés, ainsi que toutes les réunions des responsables des différents partis politiques », a-t-il rassuré. Ces opérations de sécurisation s’annoncent ambitieuses, en raison du nombre de candidats. Près d’un millier de candidatures ont en effet été déposées pour les 180 sièges de députés et les 360 postes de maires à pourvoir.

La campagne pour les élections législatives et municipales au Cameroun du 9 février s’est ouverte sans réel engouement et en l’absence du parti de l’opposant Maurice Kamto, qui continue d’appeler au boycott des scrutins.

Boycott des élections au Cameroun

C’est avec peu d’entrain que les partis politiques en lice pour les élections locales sont entrés dans la bataille électorale. Dès les premiers jours de cette campagne, ouverte samedi 25 janvier, les appels au boycott lancés par l’opposition ont de fait monopolisé les débats et éclipsé les enjeux du scrutin.

À Douala comme à Yaoundé, des affiches éparses de candidats et des meetings peu courus étaient les principales attractions de ce début de campagne, prévue pour durer 15 jours. Un manque d’engouement que certains partis d’opposition attribuent au retard observé dans l’attribution de la dotation publique servant au financement de la campagne.

À LIRE Cameroun : boycotter les élections locales ? La question divise l’opposition

« Nous attendons toujours le déblocage des fonds publics. Ni le ministère de l’Administration territoriale, ni celui des Finances, ni même Elecam [l’organe chargé des élections] ne nous dit quoi que ce soit sur le sujet. Ce n’est pas normal », s’est ainsi insurgé Anicet Ekané, le leader du Manidem, l’un des partis en lice dans la ville de Douala.

Le RDPC ultra favori

L’absence de financement n’a cependant pas empêché le parti du président Paul Biya, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), de tenir une série de meetings dans plusieurs villes du pays. Notamment à Buea et Bamenda, dans les régions anglophones, où un important dispositif sécuritaire avait été déployé.

Fort des cotisations de ses militants, dont un grand nombre se trouve dans diverses strates de l’administration ou dans l’establishment du pays, le RDPC fait office d’ultra favori du scrutin. Le parti au pouvoir est d’ailleurs assuré d’obtenir d’office pas moins de 35 sièges de députés sur les 180 en jeu, en raison de l’absence de concurrents dans certaines circonscriptions. Une situation qui devrait lui permettre de conserver aisément sa majorité au Parlement, ainsi que dans les mairies.

À LIRE : Cameroun : massacre, l’ONU veut une enquête indépendante et impartiale

Dès lors, le véritable enjeu des élections sera le taux de participation. Arrivé officiellement deuxième à la dernière présidentielle, l’opposant Maurice Kamto a appelé au boycott du scrutin. Le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) entend ainsi protester contre un « système électoral » qu’il estime taillé sur mesure pour le pouvoir, mais aussi réclamer la fin des violences dans les régions anglophones du pays.

Défi sécuritaire

Car si dans les villes anglophones, la riposte de Yaoundé face aux attaques des combattants sécessionnistes s’est accrue avec un renforcement du maillage sécuritaire, la menace des milices, déterminées à perturber le processus électoral, demeure bien présente. Les combats sont devenus quasi quotidiens dans plusieurs localités des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, soulevant des doutes quant à la tenue sereine des élections.

À LIRE Cameroun : rapts, assassinats et couvre-feu… vivre à Bamenda, au cœur du conflit anglophone

Au sein d’Elecam, on se veut rassurant. Enow Abrams Egbe, président du Conseil électoral, a annoncé la reconduction du système de vote mis en place lors de la présidentielle de 2018 dans les régions anglophones. Décrié par l’opposition, celui-ci consiste à regrouper plusieurs bureaux de vote en un nombre réduit de lieu. Objectif, selon les autorités : limiter les déplacements des électeurs pour garantir leur sécurité.

« Les différents sièges des partis politiques devront être identifiés par les services de sécurité pour les protéger », a par ailleurs expliqué à Jeune Afrique le président du Conseil électoral. « Des corridors de sécurité seront également mis en place pour permettre aux électeurs de se déplacer d’une zone à l’autre. Les centres de vote seront bien protégés, ainsi que toutes les réunions des responsables des différents partis politiques », a-t-il rassuré.

Ces opérations de sécurisation s’annoncent ambitieuses, en raison du nombre de candidats. Près d’un millier de candidatures ont en effet été déposées pour les 180 sièges de députés et les 360 postes de maires à pourvoir.