Côte d’Ivoire: Le colonel Issiaka Wattao sera inhumé sans la présence de Soro.

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Soro absent aux obsèques du colonel Issiaka Wattao

Soro, grand absent aux obsèques du colonel Issiaka Wattao

La dépouille du colonel Issiaka Wattao est arrivée à Abidjan ce dimanche. Fidèle parmi les fidèles de Soro, tout indique qu’il sera inhumé en son absence.

Mort d’un empoisonnement ou d’une maladie naturelle, la dépouille du colonel Issiaka Wattao est arrivée à Abidjan. Même si l’on annonce que les résultats de son autopsie sont gardés au secret, les ivoiriens sont rassurés maintenant qu’il est décédé. Il ferait l’objet de deux autopsies il parait. Ils ont été remis directement aux autorités, sans passer par la mission diplomatique à Washington, selon des sources crédibles.

La fille aînée du défunt est au courant des résultats de ces autopsies, dont elle ne veut en aucun cas les révéler d’après la même source. Il sera inhumé le vendredi prochain à Doropo, son village natal.

Wattao est décédé suite d’un diabète…

Wattao est officiellement décédé des suites d’un diabète de type 2, détecté tardivement et mal soigné, c’est ce mal qui s’est interprété de poison et qui persiste à se cristalliser. La rumeur collective, n’aura malheureusement pas de démentie, mais Soro ne verra pas et ne participera pas aux obsèques de son meilleur allié, son compagnon fidèle, qui l’avait sauvé, quand son avion avait essuyé des tirs à Bouaké.

Soro sera encore une fois de plus absent à ce moment ultime, eh Soro. Il a marqué de s’être retrouvé en dehors de sa terre natale pour éviter de supporter les regards tel que l’on le connait, à la hauteur de son amitié avec le défunt.

Comme disent les akan, funérailles ne pourrissent jamais, à tout moment, peu importe le temps, s’il veut les réveiller et donner sa touche, il le fera. Le colonel Wattao s’en est allé et les rumeurs de coup d’état qui pesaient sur lui au point où, il s’était terré dans le silence jusqu’à ce que la mort s’empare de lui, il était resté fidèle à Soro.

On comprend le mal que ces deux ressentent et ressentiront quand la dernière heure sonnera, où tout le monde sera présent devant le cercueil, chacun viendra lui rendre des oraisons funèbres puantes de funestes, la voix et la présence de Soro manqueront à ce moment précis.

Le colonel Issiaka Wattao s’en ira sans dire au-revoir à son ami Soro

Il serait là, Soro porterait ses lunettes fumées pour éviter que l’on voit la rougeur qui allait envahir son visage jusqu’à ce que le colonel Issiaka Wattao, en s’éloignant de lui, il l’accompagne avec des larmes sincères d’un combattant, celui qui sait reconnaître la valeur d’une amitié.

Soro, voilà, les conséquences de la lutte quand on se retrouve de l’autre côté de la rive où tu vois les gens passées sans que ceux-ci te voient. La douleur s’incruste dans le souvenir qui forgeront encore l’ardeur offensive pour arriver au bout du but. Wattao t’aimait et il n’avait de cesse de le répéter à qui voulait l’entendre.

Soro, Wattao savait que tu étais loin de lui, mais il ne savait pas que tu ne seras pas là, à son départ définitif. Il avait cru que tout se résoudrait comme d’habitude, mais hélas. Le courage d’un homme, c’est aussi d’assurer la somme de son engagement et agir. Soro, les enfants de Wattao voudraient te voir dans cette chaleur étouffante, pour ceux qui arrivent des USA, avec cet hiver pour que tu les prennes dans tes bras, sans doute que leur père avait laissé un message codé pour toi et pour toi seul, je dis sans doute.

Soro, Wattao, ton ami Wattao, l’homme qui aimait le luxe et la vie, avec son sourire à la brèche séduisante, le visage dégagé à l’allure d’un vrai militaire, te laisse sans voix, puisque celle-ci ne va pas retentir comme la sirène, pour lui dégager la route.

Lire aussi : Côte d’Ivoire: décès du colonel Wattao, la suspicion d’un empoisonnement gagne du terrain.

                                                                                          Joël ETTIEN