les chabab en Somalie: nouvelle guerre sans fin du Pentagone?

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Si l’on s’en tiennent à la ogique americaine, il faut eliminer un ou deux djihadistes par jours pour venir à bout des Chabab.Ce qui equivaudra à 13 ans.

Le Pentagone annonce quasi quotidiennement de nouvelles frappes contre les islamistes Chabab en Somalie, sans paraître affecter la capacité de ce groupe affilié à Al-Qaida à déstabiliser le pays, dans ce qui apparaît une nouvelle « guerre sans fin » pour les Etats-Unis. Alors que Washington envisage de réduire sa présence en Afrique pour recentrer ses efforts vers les concurrents stratégiques des Etats-Unis – la Chine et la Russie – aux dépens de l’aide à l’opération antidjihadiste dirigée par la France au Sahel, la guerre d’usure contre les Chabab ne semble pas remise en question.

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« Les Chabab sont l’une des menaces les plus sérieuses du continent. Ils aspirent à attaquer notre pays », a récemment souligné le général Roger Cloutier, commandant des forces terrestres américaines en Afrique. « Le danger qu’ils représentent doit être pris très très au sérieux, a-t-il ajouté au cours d’une conférence téléphonique au Pentagone. C’est pourquoi nous nous focalisons sur eux. »

Vendredi encore, le commandement américain pour l’Afrique (Africom) a annoncé dans un communiqué avoir mené une frappe aux alentours de Qunyo Barrow, dans le sud de la Somalie, tuant un combattant chabab. C’était la vingtième frappe de l’armée américaine contre les Chabab en Somalie depuis le début de l’année, après 64 en 2019 et 43 en 2018, selon les décomptes du centre de réflexion New America.

« Tondre la pelouse » des Chabab.

« C’est ce qu’on appelle tondre la pelouse », expliquait récemment le ministre américain de la défense Mark Esper, interrogé sur les frappes aériennes que les Etats-Unis mènent contre les groupes djihadistes en Libye et en Somalie. « Et ça veut dire que, de temps en temps, il faut faire ce genre de choses pour garder un certain contrôle et éviter que ça ne ressurgisse », ajoutait-il.

On estime que les Chabab comptent actuellement 5 000 à 9 000 combattants, et si les Etats-Unis s’en tiennent à leur logique, à raison d’un ou deux combattants éliminés chaque jour, il leur faudra au moins treize ans pour en venir à bout. Une nouvelle « guerre sans fin », de celles honnies par le président Donald Trump.

Dans le premier rapport rendu public sur l’opération militaire américaine en Somalie, publié en février, l’inspecteur général du ministère de la défense Glenn Fine rappelait que la mission confiée à l’Africom est officiellement d’avoir « d’ici à 2021 » suffisamment diminué les Chabab, le groupe Etat islamique en Somalie et les autres groupes extrémistes d’Afrique de l’Est pour qu’ils ne puissent plus nuire aux intérêts des Etats-Unis.

« Une menace croissante »

Or, « malgré des frappes américaines continues et l’assistance américaine aux forces africaines partenaires, les Chabab apparaissent comme une menace croissante qui aspire à frapper le sol américain », ajoutait le bureau de l’inspecteur général, un organisme indépendant du Pentagone. « Je ne pense pas que ce soit futile, a-t-il assuré. Nous cherchons à réduire leurs capacités. »

Pour Catherine Besteman, du Watson Institute, un centre de recherche qui calcule chaque année le coût des guerres américaines, « les interventions militaires en Somalie n’ont pas amélioré la situation, elles ont renforcé le contrôle des Chabab sur la population ». Ces derniers bénéficient selon elle de l’économie de guerre en rackettant la population et en extorquant les fonds issus de l’assistance internationale.

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En outre, d’après Amnesty International, les frappes de Washington font des victimes civiles, même si l’armée américaine affirme le contraire. Dans un rapport publié en 2019, l’ONG avait accusé l’armée américaine d’avoir fait des victimes collatérales, voire frappé indistinctement civils et Chabab, tuant des fermiers, des ouvriers et même des enfants. A l’issue d’une enquête interne, l’armée américaine avait admis sa responsabilité dans la mort d’une femme et d’un enfant en Somalie.

Le Monde avec AFP