Proposition de N°2 du président Henri Tohou de l’Union Socialiste du Peuple (USP) pour une paix durable en Côte d’Ivoire

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Proposition de paix N°2 du président Henri Tohou de l’Union Socialiste du Peuple (USP) pour une paix durable en Côte d’Ivoire

La côte d’Ivoire, notre pays selon le président Henri Tohou de l’Union Socialiste du Peuple traverse une crise multiforme et multisectorielle depuis plus de deux décennies. 

Cette crise qui a commencé selon l’Union Socialiste du Peuple avec la chute des cours mondiaux des matières premières, a véritablement pris de l’ampleur avec le décès du Président Houphouët Boigny, père de la Nation, sans pouvoir désigner un successeur à un moment où les acquis du multipartisme arraché de haute lutte attendaient d’être consolidés.

Conflit entre Pro-Ouattara et Pro-Bédié au sein du PDCI-RDA pour la succession dont les règles étaient pourtant bien établies dans la constitution; Coup d’Etat militaire contre le régime Bédié, et prise du pouvoir par le général Guei; Conflit entre le Général Guei et Laurent Gbagbo quant à l’issue des élections de 2000; remise en cause de l’ensemble du processus électoral par Ouattara, et demande de leur reprise de façon inclusive, ayant été exclu du processus par les autorités compétentes; charnier de Yopougon; rébellion arméede Septembre 2002 contre le régime de Laurent Gbagbo; assassinat du Général Guei, son épouse et son aide de camp; Placement de la Côte d’Ivoire sous le chapitre VII de la charte des Nations Unies avec l’installation des casques bleus sur le territoire national; guerre post-électorale avec plus de 3000 morts suivie et/ou précédées de massacres des populations à l’ouest de la Côte d’Ivoire (Duekoue, Petit Duekoue, guitrouzon, Soumaye et Nahibly); l’usage des mercenaires étrangers dans le conflit ivoirien pourtant interdit par notre constitution; le bombardement du palais présidentiel ivoirien symbole de souveraineté par des forces étrangères; l’exile de milliers de nos compatriotes dont certains sont morts loin des siens, ou ayant perdu des êtres chers sans pouvoir venir aux obsèques; séparation conduisant à la destruction de plusieurs familles; Arrestation et jugement des suspects du camp vaincu, et liberté, prospérité pour les autres; détention continue de Laurent Gbagbo et Blé Goudé sous le contrôle de la CPI, alors qu’ils sont acquittés; enrichissement insolent d’un camp et misère indescriptible de l’autre; cascades de morts des cadres de l’opposition entraînant des suspicions des uns envers les autres; retour au grand népotisme exprimé à travers la politique de ‘’ rattrapage ethnique’’; désintégration de l’armée nationale désormais beaucoup plus fidèle à certaines personnalités qu’aux valeurs républicaines, et qui manifeste désormais ses mécontentements en mutineries; arrestations et condamnation des opposants à 20 ans de prison pour des accusations diverses; suspicions des justiciables à l’égard de l’appareil judiciaire vivement critiqué,  et inquiétudes du personnel judiciaire quant à leur sécurité aujourd’hui et demain; division profonde entre différentes régions ou religion à l’image des partis politiques gravement divisés aussi bien en leur sein qu’avec les autres; insécurité grandissante avec une recrudescence des attaques à mains armées; faiblesse du système sanitaire et éducatif avec des enseignants, médecins/ infirmiers /sages-femmes bien formés mais sous équipés; tels sont en quelques mots les maux qui rongent la Société ivoirienne.

Cependant, des tentatives de résolution de cette longue crise ont été faites à travers le forum de réconciliation nationale sous le Général Guei; des gouvernements d’Union sous le président Laurent Gbagbo, ou la mise en place de la commission vérité et réconciliation sous le gouvernement Ouattara.

Toutes ces tentatives de recherche de la paix, même si elles ne nous ont pas permis de guérir cette grande malade que constitue la Côte d’Ivoire, elles ont tout de même apporté un peu plus d’espoir à nos populations en état de détresse.

Elles auraient pu atteindre pleinement leurs promesses si les calculs politiciens pour se maintenir et /ou pour accéder au pouvoir ne s’étaient pas imposés aux acteurs majeurs de la politique ivoirienne par-dessus l’intérêt général, et le plus souvent par la pression de nos partenaires internationaux au développement, qui considèrent essentiellement la tenue des élections générales aux dates constitutionnelles dans un pays, comme indicatrice de la démocratie et de la stabilité.

De 1995 à 2020, cela fait 25 ans que se tiennent les élections en Côte d’Ivoire. Loin de nous apporter la paix et la stabilité, les élections ivoiriennes conduisent à de vives tensions qui sont le plus souvent suivies de massacres. La guerre post-électorale de 2011 avec des milliers de morts, et les dernières élections locales en sont une parfaite illustration avec une dizaine de morts.

Au cours de ces 25 dernières années 3 leaders dominants ont secoué la Côte d’Ivoire, l’Afrique et même le monde entier. Il s’agit des présidents Gbagbo ; Ouattara et Bédié. En effet, Gbagbo s’est allié à Ouattara pour fragiliser le pouvoir de Bédié et faciliter sa chute. Ouattara s’est allié à Bédié pour fragiliser le pouvoir de Gbagbo, l’arrêter et le détenir à la CPI. Aujourd’hui, Bédié se rapproche de Gbagbo pour vaincre Ouattara. De toutes ces alliances souvent contre nature, rupture d’alliances suivies de trahison, de courroux et enfin de violence se détruit aussi la vie de nos pauvres populations divisées parfois sur des bases ethniques et régionales.

C’est donc dans un contexte d’un pays profondément divisé; dans lequel règnent en maître toutes formes d’injustices; de rancunes; de rancœurs; de haine ou les uns ‘’attendent les autres au tournant’’ que le régime en place s’active pour l’organisation de la présidentielle d’Octobre 2020 en augmentant délibérément le coût du cautionnement à 50 millions de Fcfa dans un pays où les fonctionnaires les mieux payés reçoivent moins de 2 millions par mois, sans omettre l’instauration du parrainage des candidatures par les élus, dans un pays où le pouvoir en place contrôle presque totalement l’ensemble des élus, y compris ceux mêmes qui étaient élus au départ en tant que candidats indépendants.

2- Position

Cette longue crise multiforme, multisectorielle et décennale que traverse la Côte d’Ivoire ne peut se résoudre par la simple organisation d’une élection présidentielle ou par le simple remplacement d’un président par un autre ou d’un parti par un autre au pouvoir comme tente de le faire le pouvoir Ouattara, ou comme le croient nos partenaires occidentaux.

 Ce n’est ni par le départ actuel de Ouattara ou par le retour au pouvoir du président Bédié ou Gbagbo que nous trouverons une solution durable à la crise de notre pays.

 Cette crise qui n’a que trop duré, a en vérité affecté non seulement le corps, mais aussi l’âme de la Côte d’Ivoire. Sa résolution nécessite l’intervention et l’usage des moyens constitutionnels et politiques exceptionnels, mais aussi le rassemblement de tous les fils et filles de la Côte d’Ivoire, y compris la présence effective du président Gbagbo en Côte d’Ivoire autour de la même table avec les présidents Bédié et Ouattara pour la recherche d’un compromis, en vue de tendre vers un consensus national, par la mise en place d’un gouvernement de transition à la fin du mandat du président Ouattara.

Ce gouvernement de transition de 2 à 4 ans aura pour tâche entre autres les devoirs traditionnels de tout Etat, de revoir et de reformer de façon consensuelle, sans passion, et dans l’intérêt supérieur de la nation, l’ensemble des institutions de notre pays, en vue de le doter de nouvelles institutions conformes à nos besoins et capables de faire face aux défis de l’avenir.  A ce sujet, le fait d’avoir les présidents Bédié, Ouattara et Gbagbo tous vivants, doit être perçu comme une chance à saisir par ces présidents eux-mêmes, et par la nation toute entière, particulièrement à un moment où ces leaders trop dominants tendent vers leur retraite politique, et qu’une nouvelle génération doit être préparée à assumer.

Le gouvernement de transition que nous réclamons ne devrait pas être perçu comme une mesure-sanction à l’encontre du gouvernement en place, mais plutôt comme un cadre de rassemblement, de discussions de toutes les forces politiques, sociales en vue de renouveler la fraternité, de réactiver la confiance, et de prendre les mesures nécessaires pour passer le témoin dans la paix, à une nouvelle génération d’hommes politiques en temps opportun.

 Il est plus que Jamais question ici, de demander aux présidents Bédié, Gbagbo et Ouattara, de faire le sacrifice nécessaire dans l’intérêt supérieur de la nation, en acceptant de se pardonner mutuellement, d’accepter de se retrouver autour d’une même table, et dans un même gouvernement, pour 2 à 4 ans afin de guérir ce beau pays déchiré par leurs actions antagonistes, et donner ainsi la chance aux générations futures de pouvoir vivre dans une société où il ferait bon vivre pour tous. Ainsi nos enfants et petits-enfants vous seront reconnaissants dans le futur.

Lire aussi : Propositions N°1 du président Henri Tohou de l’union socialiste du peuple (USP) pour une paix durable en Côte d’Ivoire

Fait à Londres ce Dimanche 10 Mai 2020

Le Président Henri TOHOU Président de l’Union Socialiste du Peuple USP Enseignant des Sciences Politiques et du Droit à l’Université Juriste consultant à Londres Ex candidat à la présidentielle 2010 en Côte d’Ivoire Candidat à l’élection présidentielle 2020-2021

Web : www.usp-Ci.com