Gambie : Adama Barrow emboite t-il le pas à certains de ses pairs ouest-africains?

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Gambie : Adama Barrow emboite t-il le pas à certains de ses pairs ouest-africains?

Le président gambien compte t-il modifier la constitution et se maintenir au pouvoir comme certains de ses pairs ?

La nouvelle mouture de la constitution est examinée en première lecture à partir de ce lundi 14 septembre par les parlementaires gambiens.

Lors des élections présidentielles qui l’ont amené au pouvoir, le candidat Barrow avait promis de ne faire que trois années à la tête de la Gambie.

Certains acteurs locaux notamment au sein de la société civile, mettent en garde contre toute manipulation de la mouture finale du nouveau texte constitutionnel soumis par le gouvernement à la Commission des lois du parlement pour examen.

Ils pensent que le président est revenu sur sa parole et compte s’éterniser au pouvoir. Dans le projet présenté aux députés, l’exercice de la fonction présidentielle est limité à deux mandats.

Le chef d’état gambien et ses partisans de leurs côtés, estiment que le premier mandat de leur champion doit commencer en 2021.

L’avocat et Professeur de Droit Constitutionnel, Lamin Darboe qui fait campagne pour Adama Barrow auprès des députés, estime que pour respecter la loi, le mandat du chef de l’état ne peut commencer qu’en 2021.

Argument battu en brèche par Sal Taal, le président du barreau Gambien, pour qui la limitation à deux mandats présidentiels est une demande populaire, prise en compte par les rédacteurs de la nouvelle constitution.

Par conséquent, dit-il, la dernière décision revient au parlement et au peuple lors d’un référendum.

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Joint par la BBC, Madi Jobarteh, le coordonnateur des organisations de la société civile gambienne, qui note que « Le projet de Constitution n’est ni un projet de loi ou un projet de modification mais un processus politique pour accoucher d’une constitution », ajoute que » L’Assemblée nationale ne peut que faciliter ce processus pour aboutir à un référendum. »

Les députés gambiens devront adopter le projet de Constitution au deux tiers des votes. Les citoyens gambiens seront ensuite convoqués à un référendum pour adopter ou rejeter la nouvelle loi fondamentale.

Photo de famille des dirigeants de la CEDEAO. Le guinéen Alpha Condé et l'ivoirien Alassane Ouattara font du forcing pour un troisième mandat alors que le nigérien Issifou Mahamadou en fin de mandat promet de remettre le pouvoir
Légende image,Photo de famille des dirigeants de la CEDEAO. Le guinéen Alpha Condé et l’ivoirien Alassane Ouattara font du forcing pour un troisième mandat alors que le nigérien Issifou Mahamadou en fin de mandat promet de remettre le pouvoir

Le syndrome de la conservation du pouvoir

L’Afrique de l’Ouest est en passe de devenir une zone dans laquelle des chefs d ‘Etats font des pieds et des mains pour se maintenir au pouvoir.

Les derniers cas sont ceux des présidents ivoirien et guinéen qui ont décidé de briguer un troisième mandat, des décisions qui suscitent des réactions au sein des populations en ce moment.

Lors du dernier sommet de la CEDEAO à Niamey au Niger, le chef de président nigérian Muhamadu Buhari avait demandé à ses homologues de respecter leur constitution et de ne pas briguer un troisième mandat comme il l’a lui-même promis, de même que Issoufou Mahamadou du Niger.

Au regard des derniers événements au Mali, certains analystes pensent que cette organisation sous-régionale défend plus les intérêts de ses membres que celles de populations.

De plus en plus de voix s’élèvent dans la sous-région pour la mise en place d’une  » Cedeao des peuples  » qui aura son mot à dire sur la gouvernance dans les pays membres.

En Guinée comme en Côte d’Ivoire (les cas les plus récents), plusieurs manifestants anti-troisième mandat ont été tués par les forces de l’ordre.

La rédaction