L’AN 2025 SE JOUE DÉJÀ

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Les élections présidentielles en Côte d'Ivoire depuis la disparition du père fondateur de la Côte d'Ivoire moderne, ont été des occasions d'affrontements entre les héritiers d'Houphouët eux-mêmes (le Pdci et le Rdr) et la gauche incarnée par son chef charismatique Laurent Gbagbo.

Les élections présidentielles en Côte d’Ivoire depuis la disparition du père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne, ont été des occasions d’affrontements entre les héritiers d’Houphouët eux-mêmes (le Pdci et le Rdr) et la gauche incarnée par son chef charismatique Laurent Gbagbo.

Nous voici à quelques jours des échéances présidentielles tant attendues avec son corollaire de tensions, violences et de vrai-faux débats qui puisent l’essentiel de leur origine dans l’interprétation faite d’une disposition de la nouvelle loi fondamentale en son article183 qui stipule : La législation actuellement en vigueur en Côte d’Ivoire reste applicable, sauf l’intervention de textes nouveaux, en ce qu’elle n’a rien de contraire à la présente Constitution ».

Le parti au pouvoir et l’opposition ont des positions diamétralement opposées sur l’esprit et la lettre de cette disposition de la constitution. A la vérité, il s’agit de dire si oui ou non l’article 35 de la constitution de juillet 2000  » Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Il n’est rééligible qu’une fois(…).

Il doit déclarer son patrimoine et en justifier l’origine » est applicable au candidat sortant Alassane Ouatarra. Ouattara peut être candidat ou a le droit d’être candidat? Non répond l’opposition quand les Faucons du Rhdp affirment la main sur le coeur que leur champion peut et a le droit de candidater pour un premier mandat dans la troisième république.

Tant de masturbations intellectuelles et/ou juridiques. Et nous voici plongés dans une crise pré-electorale qui annonce des jours plus que sombres pour notre pays la semaine prochaine et les semaines à venir. Cette guerre des nerfs ou des interprétations a le mérite de mettre en lumière les scénarios des échéances présidentielles de 2025.

On nous dira certainement qu’il est trop tôt pour évoquer les échéances électorales de 2025 alors même que celle du 31 octobre prochain semble être hypothéquée en raison d’un dialogue de sourd entre le parti au pouvoir (Rhdp) et l’opposition. Que sera la Côte d’Ivoire au soir du 31 octobre 2020 semble être la l’unique préoccupation pour l’heure oubliant par ce fait que l’anticipation nous permet de comprendre et d’éviter les crises à venir.

Quoi qu’on fasse, LE MATCH DES HÉRITIERS AURA LIEU. Les choses se précisent pour 2025 en ce qui concernent les échéances électorales notamment les élections présidentielles. Sans la prétention de détenir la vérité ou de détenir les qualités d’un devin ou d’un marabout nous pouvons néanmoins et/ou humblement affirmer sous réserve que le pouvoir vient de Dieu et que c’est lui qui choisit et impose les Hommes quand il veut et comme il veut.

LES POTENTIELS HÉRITIERS.

HAMED BAKAYOKO (HAMBACK). Hamed Bakayoko, né le 8 mars 1965 à Abidjan chef du gouvernement depuis 2020, il est aussi ministre de la Défense depuis 2017 et maire la mythique commune d’Abobo depuis 2018. Fidèle parmi les fidèles d’Alassane Ouattara. Hamback comme l’appelle affectueusement Ouattara lui-même est le fils du père. Il a été de tous les combats. L’homme jouit d’une popularité au sein du Rdr. Depuis le décès de son prédécesseur à la primature, Amadou Gon Coulibaly, c’est lui désormais qui est en première ligne sur tous les dossiers qui engagent la survie du Rdr. Il incarne l’alternance au Rdr et il le sait. Ministre de l’intérieur puis ministre de la défense, Hamback semble connaître mieux que quiconque au Rdr les codes de la république. Sauf cataclysme, l’homme a un boulevard pour revendiquer la plus grosse part de l’héritage politique de l’actuel locataire du palais du plateau et affronter ses adversaires lors des échéances présidentielles de 2025.

CHARLES BLÉ GOUDÉ(GBAPÊ). Charles Blé Goudé est né le 1er janvier 1972 à Niagbrahio dans l’ouest de la Côte d’ivoire. Ancien leader de la fesci, Charles blé Goudé est un fidèle parmi les fidèles de Laurent Gbagbo sans être militant ou membre du front populaire ivoirien(Fpi). A la tête de la galaxie patriotique, il se pose en bouclier pour sauver le pouvoir de Laurent Gbagbo pendant la crise politico-militaire de 2002-2011. Lorsque Laurent Gbagbo tombe aux mains des Ouattara en avril 2011, Charles Blé Goudé arrive à sortir d’Abidjan pour se retrouver au Ghana. Le 16 janvier 2013, il est arrêté par les autorités ghanéennes et remis aux autorités ivoiriennes le lendemain pour être extradé. Après plus d’un an de détention à la direction de la sécurité du territoire (Dst), Charles Blé Goudé est transféré à la CPI le samedi 22 mars 2014. Ce proche de l’ex-président Laurent Gbagbo est accusé de crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale. Il retrouve Laurent Gbagbo qui avait déjà été transféré dans cette prison. Il partage le quotidien de Laurent Gbagbo son mentor pendant ses 5 années de détention. Le 15 janvier 2019 il est acquitté ainsi que son mentor et libéré sous conditions. Dans la conscience collective, c’est lui l’héritier politique de Laurent Gbagbo et il en est conscient qu’il soutient lui-même: « je serai là quand Gbagbo dira qu’il est fatigué ». C’est avec sa propre popularité et celle de son mentor que l’homme ira aux batailles de 2025 au nez et à la barbe des vrais militants du Fpi. Mieux, charles Blé Goudé sera l’héritier de la gauche ivoirienne.

KOUADIO KONAN BERTIN(KKB), Kouadio Konan Bertin, dit « KKB », né le 28 décembre 1968 à Lakota dans l’ouest de la Côte d’ivoire de père baoulé et de mère dida. Ancien président des jeunes du Pdci-RDA. Ancien député et candidat à l’élection présidentielle du 31 octobre prochain. Il continue de se réclamer un des dignes héritiers d’houphouët Boigny. L’homme avait un boulevard pour être l’héritier du sphinx de Daoukro. Bertin comme l’appelle Bedié lui-même est l’enfant de la famille. Mais Bertin vient une fois encore de désobéir à papa Bedié après que ce dernier a dit lui pardonner son indiscipline du passé. KKB oublie que le Pdci est un parti de droite et conservateur qui fait du respect du « Chef » une valeur cardinale. À droite mais surtout sous nos cieux, il y a des valeurs et des principes à ne pas violer et/ou bafouer. La droite n’est pas la gauche où un militant peut se permettre d’appeler Laurent Gbagbo « camarade ». En défiant la candidature de Bedié qui en réalité est la candidature de son dernier combat, Kkb ne peut se permettre de revendiquer une part de l’héritage politique de ce dernier. Il a franchi la ligne rouge et je vois les Jean-Louis billon, Thierry Tanoh et autres peuvent se frotter les mains.

Emmanuel de Kouassi pour Diaspotv