Les inconvénients du Covid-19 et du couvre feu d’Abidjan : A Bingerville une serveuse de maquis viole le couvre-feu et trouve la mort.

0
138
A Bingerville une serveuse de maquis viole le couvre-feu et trouve la mort

 A Bingerville la consternation est à son comble ce dimanche 12 avril 2020, jour de pâques au quartier Nouvelle gare.

Une serveuse de maquis a trouvé la mort en violant le couvre-feu à Bingerville. Les faits.

Ce samedi 11 avril 2020, elle était loin de s’imaginer qu’elle avait rendez-vous avec la mort. Pélagie (c’est le prénom que nous lui attribuerons pour des raisons évidentes de protection des victimes), serveuse dans un maquis fermé depuis l’annonce des mesures prises par les autorités en raison du Coronavirus semble vraiment s’ennuyer.

Elle qui a l’habitude d’être sur pieds toute la nuit pour servir les clients de l’espace. Ainsi, malgré le couvre-feu en vigueur de 21 heures à 5 heures du matin, la jeune fille, les 21 ans révolus, est tirée dehors par on ne sait quelle force. La mort surement.

Selon les témoignages recueillis, Il est 22 heures, dans ce quartier dortoir et paisible où de nombreux chantiers de construction poussent comme des champignons. Un groupe de jeunes gens, des ‘’manawas’’ (ouvriers journaliers en maçonnerie) semblent défier les forces de l’ordre chargés de l’application du couvre-feu.

Réunis autour d’un gérant de kiosque à café, lui aussi un hors-la-loi, ces jeunes devisent tranquillement sur des sujets sans queue ni tête, sans se soucier du respect des décisions étatiques. Leur présence conforte la jeune fille dans son idée « qu’il n’y a rien à craindre, les forces de l’ordre ne viendront pas jusqu’ici ».

Alors, elle qui n’a pas voulu rentrer en famille malgré les injonctions de ses employeurs, décident de prendre un bol d’air frais en compagnie du groupe de jeunes. Avait-elle son petit ami ou un prétendant parmi eux ? On ne le saura peut-être jamais, elle a emporté son secret.

Profitant du sommeil de sa collègue, elle aussi dormant sur les lieux, dans une baraque de fortune servant de dortoir pour les employés du coin, Pélagie ouvre discrètement la porte et rejoint le groupe.

Les causeries vont bon train. Les rires fusent de partout. « Le couvre-feu, c’est pour les autres », semblent dire ceux-ci pour rassurer les peureux d’entre eux.

D’ailleurs, personne n’a jamais été inquiété dans ce quartier depuis l’instauration du couvre-feu. C’était sans compter avec les policiers en patrouille dans la zone. Attirés par les éclats de voix, les hommes de loi avancent discrètement à bord de leur pic-up vers le lieu, au détour d’un virage qui n’aura permis aux jeunes gens de les voir venir. La surprise est grande. En un vrombissement de moteur, les policiers sont devant eux avec des sommations « ne bougez pas ! »

C’est la débandade et le sauf-qui-peut. Le tenancier du kiosque à café est pris. D’autres jeunes aussi. Parmi ceux qui ont réussi à prendre leurs jambes à leur cou, figure Pélagie. Telle une sprinteuse de 100 mètres plat à la recherche d’une médaille d’or aux jeux olympiques, elle amorce une course pour tenter d’échapper à l’interpellation des policiers.

Dans sa fuite, elle s’engouffre dans une concession en construction mal éclairée. Hélas, c’était sans savoir qu’une fosse septique, au trou béant d’au moins 3 mètres de profondeur non couvert y avait été creusée récemment. La chute est vertigineuse, terrible.

Les policiers partis avec les moins chanceux (!), du moins ceux qui ont été pris, les rescapés accourent à son secours. À l’aide d’une échelle, Pélagie est remontée à la surface. Elle porte une grosse entaille à la tête. De toute évidence, elle s’est cognée le crane contre une brique au fond du trou lors de sa chute.

Mais, au lieu de se rendre dans un centre de santé, par peur de représailles peut-être, elle rejoint son dortoir avec de fortes douleurs à la tête qu’elle signale à sa co-locatrice. Celle-ci la soulage avec un bain d’eau tiède et elles regagnent toutes les deux lits leurs matelas.

Pélagie ne se réveillera pas ce matin du dimanche. Quand sa co-locatrice la touche pour lui dire qu’il fait jour, elle est toute raide, morte. Affolée, elle appelle ses partons qui accourent. Ces derniers préviennent la police qui arrive sur les lieux du drame pour le constat d’usage. Un peu plus tard, vers 11heures, les pompes funèbres enlèvent le corps sans vie de Pélagie sous le regard à la fois triste et médusé des habitants du quartier.

Lire aussi : Côte d’Ivoire/Covid-19 : 292 Abidjanais abandonnant la capitale économique de la Côte d’Ivoire vers les villages sont aux arrêts.

La rédaction