NIGER : ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES ET LÉGISLATIVES 2020

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NIGER : ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES ET LÉGISLATIVES 2020

Les pieds dans le plat.

Le Président Mahamadou Issoufou, président sortant et non candidat à sa propre succession a voté ce jour pour la dernière fois en qualité de Président de la République. Il finit ainsi son 2ème et dernier mandat. Voici ce qu’il déclare à la presse: « Mon souhait est de voir mon pays désormais cité parmi les bons exemples ».

Il disait à une autre occasion que: « je ne peux pas faire cette injure à ces millions de mes compatriotes en pensant que je serais irremplaçable ». Le président Mahamadou Issoufou sort ainsi par la grande porte d’une scène qu’il aura marquée pendant de nombreuses années et rentre de façon positive dans l’histoire de son pays et de l’Afrique.

Des observateurs du marigot politique nigérien disent en silence qu’il n’avait pas le choix en raison d’un double verrou constitutionnel. Moi je dis que cet argument ne saurait tenir pour la simple raison qu’ici et sous nos cieux, nos dirigeants ont en commun un incroyable talent quand il s’agit de violer nos lois fondamentales.

Parler ainsi du président sortant nigérien, ce n’est pas reconnaître et/ou oublier les dérives sous sa gouvernance. Il n’était pas un enfant de chœur. Ses farouches opposants ont souffert. Il n’était pas un saint loin de là. Souvent chef de l’État, souvent chef du soleil, de la lune, de la terre et de la mer. Il n’était pas un démocrate au sens plein du mot. Mais il s’agit ici simplement d’une volonté politique d’un dirigeant politique africain que je voudrais saluer.

L’exercice du pouvoir d’État mais mieux la gestion des hommes sous nos cieux n’est pas chose facile tout simplement parce que nous n’avons pas encore malheureusement des nations mais des tribus pour ne pas dire des peuples plus accrochés à leurs communautés.

Ici, parce que nos institutions ne sont pas encore fortes, ici, parce que la conviction n’est pas une chose évidente, ici, où un chef n’est pas un chiffon, ici, où on milite dans un parti par solidarité au leader qui vient de chez moi, qui prie avec moi dans la même mosquée ou dans la même église quand ce n’est pas dans la même confrérie, ici où « chien mange chien », ici enfin où le patronyme du leader devient la seule raison du militantisme…il est difficile par moment de diriger sans égratigner, en refusant tout ce que prône Machiavel.

Il semble même que ici pour bien diriger, il faille être un Homme, un lion et un renard. Cœur, Force et Ruse. Le désormais ex-homme fort de Niamey a fait montre d’une volonté politique. Il sait que la construction d’une nation c’est la somme des « un peu un peu ». Ce que la conscience collective nigérienne va retenir ce n’est pas la parenthèse sombre de sa gouvernance mais l’image de ce premier dirigeant nigérien qui ouvre la belle page d’une alternance. Erreur à celui qui voudra l’inquiéter après le pouvoir. Il trouvera le peuple en face. Il y a une vie après le pouvoir. Il faut juste savoir partir.

Emmanuel de Kouassi pour Diaspotv