PROMESSES ÉLECTORALES

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PROMESSES ÉLECTORALES

On dit généralement que la conquête du pouvoir et l’exercice du pouvoir sont deux réalités diamétralement opposées.

Autrement dit, il y a ce que l’on dit dans l’opposition ou en période de campagne électorale et ce que l’on fait lorsqu’on accède à la magistrature suprême. Ceci a même fini par devenir une règle et les électeurs aussi ont fini par s’y habituer.

Les mêmes formules à l’approche de chaque élection. Le candidat à la conquête du pouvoir d’État ou l’opposant après avoir recensé toutes les erreurs du candidat sortant, promet de mieux faire si les électeurs lui accordent leurs suffrages quand le candidat sortant, lui, promet d’améliorer sa gouvernance.

On sert aux électeurs les mêmes formules suivantes : « c’est pour vous que je me bats », « je viens pour améliorer votre quotidien », « je formerai un gouvernement de technocrates », « il faut diminuer le budget de souveraineté », « il faut rétablir la justice sociale », « donnez moi 5 ans seulement pour changer votre vie et transformer votre société », « je vous promets de respecter et de faire respecter notre constitution », « je mènerai une guerre sans merci contre la corruption »….et patati patatras.

Les électeurs, à tort ou à raison pour ne pas dire naïvement prennent ces formules pour des paroles d’évangile. Une fois au pouvoir, ou une fois reconduit, on sert aux électeurs le contraire de ce que l’on leur avait promis.Retour sur les paradoxes de trois présidents et le revers de leurs promesses.En Guinée: Le président Alpha Condé avait promis la réconciliation nationale.

Il a semé la discorde, la mésentente, la division, la haine entre les guinéens. Ces dix dernières années, son pays n’existe pratiquement plus en tant qu’entité. Il a fallu son projet de nouvelle constitution pour redonner à la Guinée un visage de nation autant celle-ci est: une communauté d’hommes et de femmes ayant choisi de vivre librement au sein d’une entité territoriale et partageant des valeurs communes.

Au Bénin: L’idée d’un mandat unique avait été pour Patrice Talon un argument de campagne, une exigence morale nécessaire à la bonne gouvernance. Depuis son accession à la magistrature suprême mais surtout depuis que le projet de réforme constitutionnelle « censée » instaurer ce quinquennat unique a été retoqué par le parlement sa position a bien évolué sur la question.

Même s’il avoue à cor et à cri qu’il aurait voulu que cette réforme commence par lui-même, il ne cache plus ses intentions pour un second mandat en 2021 qui bien que conforme à la loi fondamentale béninoise peut entacher la sincérité de ses intentions initiales.En Côte d’ivoire: Le « vivre-ensemble » qui est le fondement de sa politique a malheureusement donné naissance à un nouveau concept: le vivre côte- à-côte.

Il suffit de voir où d’observer les réactions des uns et des autres mais surtout des utilisateurs des réseaux sociaux sur certaines questions de notre société pour s’en apercevoir. Quant au combat contre un concept(l’ivoirité)qui dit-on a été l’élément déclencheur de la création du Rdr, il a accouché d’un nouveau concept: le rattrapage ethnique.

La promesse pour une équipe gouvernementale de technocrates n’excédant pas plus de vingt ministres tarde toujours à venir pour ne pas dire qu’elle a enfanté d’un gouvernement pléthorique de cinquante-cinq membres, inédit dans l’histoire de la Côte d’ivoire. Les enquêtes promises sur les différents événements qui ont marqué de notre histoire récente n’ont pas eu lieu. La réconciliation promise entre les ivoiriens après deux décennies de crise politico-militaires reste un chantier inachevé.

La crise de confiance et de la solidarité est à son paroxysme. Même si la croissance économique est au rendez-vous, avec une moyenne de 8% depuis 2012 selon les indicateurs des institutions financières internationales, le panier de la ménagère est toujours vide et la lutte contre la corruption reste un chapitre largement ouvert………..

De Kouassi pour Diaspotv